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À Addis-Abeba, les chefs d’État africains ont affiché un front commun contre les changements anticonstitutionnels de gouvernement. Réunis pour la 39e session ordinaire de l’Union africaine (UA), ils ont multiplié les mises en garde contre la banalisation des coups d’État, dans un contexte continental marqué par des crises sécuritaires persistantes.
Le sommet, ouvert au siège de l’organisation panafricaine dans la capitale éthiopienne, a rassemblé de nombreux dirigeants, dont le président de la République de Guinée Mamadi Doumbouya, qui a également pris part aux travaux aux côtés de ses homologues africains.
Une inquiétude persistante face aux putschs
Devant l’Assemblée, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a évoqué un continent confronté à des « turbulences géopolitiques croissantes », citant la fragilité institutionnelle et la résurgence des changements anticonstitutionnels de gouvernement dans certaines régions. Dans un environnement international marqué par la polarisation et l’affaiblissement du multilatéralisme, il a exhorté les États membres à renforcer l’intégration politique et économique.
Le président sortant de l’UA, João Lourenço, a été plus explicite. À l’ouverture officielle du sommet, le chef de l’État angolais a réaffirmé le rejet ferme des coups d’État par l’organisation, mettant en garde contre toute tentative de légitimation de régimes issus de putschs à travers des processus électoraux ultérieurs. Selon lui, le développement du continent demeure indissociable du « silence des armes », notamment au Soudan, en République démocratique du Congo et dans la région du Sahel.
Cette ligne de fermeté intervient alors que plusieurs pays africains ont récemment connu des transitions militaires, mettant à l’épreuve les mécanismes de prévention et de sanction de l’UA.
Élection d’un nouveau président pour 2026
Le sommet a également été marqué par l’élection du président en exercice de l’UA pour l’année 2026. Le chef de l’État burundais, Évariste Ndayishimiye, a été désigné pour assurer la présidence tournante, succédant à João Lourenço.
Le nouveau bureau de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement comprendra notamment le Ghana comme premier vice-président, la Tanzanie comme deuxième vice-président et l’Angola comme rapporteur.
Eau, souveraineté et réforme institutionnelle
Au-delà des questions sécuritaires, les dirigeants ont insisté sur la nécessité d’accélérer les réformes institutionnelles et de renforcer l’autonomie financière de l’organisation, dans un contexte de baisse des financements extérieurs.
Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a appelé l’Afrique à passer d’une posture réactive à une capacité d’influence active sur l’agenda mondial, notamment à l’approche du 25e anniversaire de l’UA. Il a souligné l’importance de la souveraineté technologique et de la maîtrise du récit africain.
De son côté, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a plaidé pour un renforcement du partenariat stratégique entre l’ONU et l’UA, réaffirmant la nécessité d’une réforme du Conseil de sécurité afin d’accroître la représentation africaine.
Alors que l’Agenda 2063 entre dans une phase jugée déterminante, les attentes des populations notamment des jeunes et des femmes pèsent sur les décisions des dirigeants. Entre priorité à la sécurité de l’eau et impératif de stabilité politique, l’UA se retrouve face à un défi majeur : restaurer la confiance institutionnelle et enrayer durablement la spirale des coups d’État qui fragilise l’architecture démocratique du continent.
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il y a 2 heures
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