Retards de paiement des agents électoraux à Kindia : les explications de la DGE

il y a 2 heures 14
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À l’issue de la dernière élection présidentielle, de nombreux membres des bureaux de vote ont dénoncé des retards, voire l’absence de paiement de leurs primes de travail. Une situation qui a suscité incompréhension et frustration parmi les agents électoraux. Face à ces préoccupations persistantes, la Directrice générale des élections (DGE), Mme Camara Djénabou Touré, a tenu à faire le point à Kindia, lors d’un point de presse.

Le paiement digitalisé au cœur des difficultés

Selon la responsable de l’organe en charge des élections, ces dysfonctionnements ne relèvent pas directement de la DGE, mais s’inscrivent dans le cadre du processus de modernisation des mécanismes de paiement engagé par l’État guinéen.

« La Guinée est en train de limiter progressivement le paiement en espèces. Pour les deux derniers scrutins, le choix s’est porté sur le paiement digitalisé », a-t-elle expliqué.

Mme Camara Djénabou Touré précise que ce mode de paiement implique le recours à des agences spécialisées disposant de conventions avec la DGE. Toutefois, la principale difficulté rencontrée reste l’identification des bénéficiaires.

« Beaucoup de membres des bureaux de vote ne disposent pas de pièces d’identité valides. Même parmi les enseignants mobilisés, nombreux sont ceux qui n’ont pas de carte nationale d’identité », a-t-elle souligné.

Face à cette réalité, la DGE a dû assouplir les conditions d’identification. Initialement limitée à la carte nationale d’identité, la procédure a ensuite intégré la carte d’électeur, puis, lors de la présidentielle, l’acte de naissance comme document complémentaire.

« L’objectif était de permettre au plus grand nombre d’être payé, tout en respectant les exigences des agences de paiement », a-t-elle indiqué.

Numéros de téléphone : une exigence stricte

La Directrice générale des élections rappelle que le paiement digitalisé est un paiement de masse, reposant sur l’envoi d’un message au bénéficiaire, qui doit ensuite se présenter à un point de retrait.

Or, ce mécanisme exige que le numéro de téléphone soit strictement enregistré au nom du bénéficiaire.

« Si le numéro appartient à une autre personne, l’agence ne peut pas procéder au paiement, même si le téléphone est entre vos mains », a-t-elle insisté.

Une situation aggravée, selon elle, par certaines pratiques courantes observées sur le terrain.

« Plusieurs agents ont communiqué les numéros de leurs proches — épouse, sœur ou parent — pensant pouvoir percevoir leur prime. Mais celui qui est payé doit être celui qui a effectivement travaillé », a-t-elle martelé, pointant un déficit de communication autour des exigences du paiement digital.

Vers plus de sensibilisation et de rigueur

Ces difficultés, reconnues dans le rapport d’évaluation du scrutin, ont conduit la DGE à envisager un renforcement de la sensibilisation des acteurs électoraux.

« Il faut expliquer davantage le fonctionnement du paiement digital pour éviter les échecs », a-t-elle déclaré.

Pièces non conformes, numéros erronés ou substitutions tardives : autant de facteurs qui compliquent le processus.

« Cette fois-ci, ceux qui ne disposent pas de documents conformes ne seront pas retenus », a prévenu la Directrice générale des élections.

Un message clair pour l’avenir

À travers cette mise au point, la DGE entend clarifier les causes des retards de paiement et prévenir leur répétition. En misant sur la sensibilisation, la responsabilisation des agents électoraux et le respect strict des exigences du paiement digitalisé, l’institution espère éviter les frustrations observées lors du dernier scrutin et garantir un processus plus fluide lors des prochaines échéances électorales.

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