Procès en appel de Kassory contre la CRIEF: la partie civile réclame 20 milliards à l’ex PM

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Le feuilleton judiciaire impliquant l’ancien Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, a connu un nouveau rebondissement ce jeudi 2 avril devant la chambre des appels de la CRIEF.

La partie civile est montée au créneau en réclamant la condamnation de l’ancien dignitaire au paiement de 20 milliards de francs guinéens, estimant son appel abusif. Cette requête, portée par Me Pépé Antoine Lamah, vient s’ajouter aux lourdes sanctions déjà prononcées en première instance.

Dès l’ouverture de l’audience, le président Daye Mara a indiqué que le compte rendu de l’audition du prévenu, réalisée le 30 mars alors qu’il était hospitalisé, avait été transmis à la Cour. À la suite de cette réception, la juridiction a décidé de clore les débats, ouvrant ainsi la voie aux réquisitions et plaidoiries.

Dans son réquisitoire, l’avocat de l’État a exhorté la Cour à confirmer purement et simplement le jugement rendu le 27 février 2025. Cette décision avait condamné l’ancien chef du gouvernement à cinq ans d’emprisonnement, assortis d’une amende de 2 milliards de francs guinéens, au remboursement de 15 milliards au profit de l’État, ainsi qu’au paiement de 3 milliards à titre de dommages et intérêts, avec confiscation de ses biens.

Pour justifier ces réquisitions, Me Pépé Antoine Lamah a développé une argumentation axée sur la gravité des faits reprochés. Il a notamment évoqué un détournement présumé de 15 milliards de francs guinéens, tout en soulignant l’existence d’un patrimoine qu’il juge disproportionné au regard des revenus officiels du prévenu. Selon lui, les éléments du dossier révèlent également des pratiques de dissimulation financière, notamment à travers des dépôts bancaires fractionnés.

L’avocat s’est appuyé sur le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) de mars 2021, qui fait état d’un prélèvement de 95 % du budget de la MAMRI sur la période 2019-2021. Il a également insisté sur le fait que le prévenu a reconnu être intervenu dans la réaffectation de ces fonds au profit de l’ANIES, soulevant ainsi la question de la base légale d’un tel transfert.

Me Lamah a par ailleurs dénoncé l’implication d’acteurs non habilités dans la gestion des ressources publiques, citant notamment le conseiller Ansoumane Camara. Il estime que ces éléments renforcent la crédibilité du rapport de l’IGE, d’autant que le prévenu a accepté de s’exprimer sur ces faits lors de son audition, respectant ainsi le principe du contradictoire.

Sur le volet de l’enrichissement illicite, la partie civile a mis en avant un écart significatif entre les revenus mensuels déclarés du prévenu — environ 15 millions de francs guinéens — et les montants identifiés sur ses comptes bancaires. Les avoirs recensés dépasseraient un milliard de francs guinéens, auxquels s’ajoutent d’importantes sommes en devises étrangères, sans justification liée à des activités privées.

Enfin, concernant le blanchiment de capitaux, l’avocat a décrit des opérations financières fragmentées qu’il considère comme des techniques destinées à contourner les mécanismes de contrôle et à dissimuler l’origine des fonds, évoquant également le recours à des prête-noms.

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