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Devant la chambre des appels de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), le ministère public a requis la confirmation de la condamnation en première instance de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana pour détournement, enrichissement illicite et blanchiment. En face, la défense rejette toute qualification pénale, évoquant au plus une irrégularité de gestion et plaidant la relaxe.
Après les observations de la partie civile, le ministère public a présenté ses réquisitions à l’audience.
Prenant la parole, le substitut du procureur spécial, Amiata Kaba, a d’emblée soutenu que le jugement rendu en première instance est conforme à la loi. Elle a défendu l’existence d’un détournement de deniers publics, évoquant la réaffectation de 3 milliards de francs guinéens, prélevés sur une enveloppe de 15 milliards initialement destinée à la MAMRI, au profit de l’ANIES.
Selon le parquet, la notion de détournement ne se limite pas à un enrichissement personnel, mais englobe également l’utilisation de fonds publics à des fins autres que celles prévues.
Le ministère public a également retenu à l’encontre de l’ancien chef du gouvernement des faits d’enrichissement illicite. Selon lui, avec un salaire mensuel estimé à 15 millions de francs guinéens, le prévenu n’aurait pas été en mesure de justifier l’acquisition de plusieurs biens identifiés à Conakry, à Forécariah ainsi qu’aux États-Unis.
Des flux financiers jugés importants ont par ailleurs été relevés sur ses comptes au sein de la société VISTAGUI SA, notamment plus d’un milliard de francs guinéens, 902 000 dollars américains et 906 000 euros. Le parquet a en outre évoqué des faits de blanchiment de capitaux, pointant des dépôts fractionnés qui auraient été effectués dans le but de contourner les mécanismes de contrôle.
Au regard de l’ensemble de ces éléments, le ministère public a requis la confirmation intégrale du jugement de première instance. Celui-ci avait condamné Ibrahima Kassory Fofana à cinq ans d’emprisonnement, au paiement d’une amende de 2 milliards de francs guinéens, au versement de 15 milliards de francs guinéens au profit de l’État, ainsi qu’à 3 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts, assortis de la confiscation de ses biens.
Du côté de la défense, Me Samory a vigoureusement contesté les accusations de détournement. L’avocat a mis au défi le ministère public et la partie civile de produire un document attestant que les 15 milliards de francs guinéens auraient effectivement été décaissés des comptes de la MAMRI.
S’agissant du transfert de 3 milliards vers l’ANIES, il a soutenu que son client n’était pas ordonnateur du budget de la MAMRI et ne pouvait, en conséquence, procéder à une telle opération. Il a également insisté sur le fait qu’une réaffectation de fonds ne saurait, en soi, être assimilée à un détournement de deniers publics.
Selon la défense, les fonds concernés n’ayant pas échappé au contrôle de l’État, il s’agirait au plus d’un détournement d’objectif, relevant de la compétence de la Cour des comptes et non du juge pénal.
Ainsi, la défense s’inscrit dans la logique de plaider la relaxe pure et simple de Ibrahima Kassory Fofana.
Le procès suit son cours avec la plaidoirie de la défense.
L’article Procès en appel de Kassory : le parquet réclame la confirmation, la défense plaide la relaxe est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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