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Dans son allocution prononcée lors de l’examen et de l’adoption de la Loi de Finances Initiale (LFI) 2026 le 31 mars 2026, Dr Dansa Kourouma, président du Conseil National de la Transition (CNT) en Guinée, a souligné l’importance de la responsabilité institutionnelle pour aligner les ressources de l’État sur les ambitions nationales.
Ci-dessous le discours du Président du CNT :
Mesdames et Messieurs,
Au terme d’un processus exigeant, marqué par un engagement constant, une concentration soutenue et des échanges constructifs entre l’Exécutif et le Législatif, le Conseil National de la Transition a achevé l’examen du Projet de Loi de Finances Initiale pour l’exercice 2026. Ce travail, nourri par le sens du devoir et des sacrifices consentis au service de l’intérêt supérieur de la Nation, témoigne de la vitalité de notre démarche institutionnelle.
Ces moments n’ont pas été de simples phases de délibération en commissions ou en inter-commissions. Ils traduisent avec force notre volonté commune d’inscrire notre action dans une dynamique d’efficacité, de responsabilité et de rigueur. Aujourd’hui, alors que nous nous apprêtons à examiner et à adopter la Loi de Finances Initiale, nous le faisons avec la conviction que cet acte fondamental donnera une orientation claire à l’action publique et contribuera de manière tangible à l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens.
Honorables Conseillers Nationaux, Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernements, distingués invités
Il me parait important de souligner, avec gravité et fierté, que ce chantier majeur, qui aurait normalement requis plusieurs jours de délibérations approfondies, a été mené à son terme en un délai remarquablement raisonnable de soixante-douze heures. Cette célérité, loin de traduire une précipitation, consacre au contraire une mobilisation exemplaire, alliant rigueur méthodologique, discipline collective et sens aigu de la responsabilité nationale.
Car la contrainte du temps, aussi exigeante soit-elle, demeure toujours moins lourde de conséquences que l’absence d’un budget d’investissement pour nos populations. Entre l’imperfection du calendrier et le vide de l’action publique, nous avons fait le choix de la responsabilité. Montesquieu le rappelait à juste titre : « les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires ». De ce fait, une exigence de délai, aussi légitime soit-elle, ne saurait prévaloir sur l’impératif supérieur de répondre aux besoins urgents de la nation.
C’est pourquoi exiger soixante jours dans ce contexte, c’est certes invoquer une disposition constitutionnelle précise ; mais refuser d’agir au nom de cette exigence, ce serait rompre le pacte républicain et trahir l’espérance collective. Ce serait tourner le dos à l’élan exprimé par une large majorité de nos concitoyens, qui ont manifesté leur confiance et leur aspiration à un changement profond lors des dernières consultations nationales. Car dans chaque article de notre Constitution, il n’y a pas seulement une règle : il y a une promesse, un engagement, une vision pour l’avenir.
Honorables Conseillers Nationaux
Le travail accompli en 72 heures, souvent au prix de nuits écourtées et de sacrifices personnels, doit être compris à l’aune de la pensée de Victor Hugo qui affirmait que « servir, c’est la loi commune ». Nous avons donc agi par dévouement, nous avons fait preuve de loyauté et de patriotisme. Servir la nation, c’est parfois accepter de dépasser ses propres conforts pour répondre à l’urgence collective.
En ce moment solennel, je tiens à exprimer, au nom de Son Excellence Monsieur le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya et au nom de la Nation toute entière, une reconnaissance appuyée : aux Honorables Conseillers nationaux, pour la hauteur de leur engagement, la qualité de leurs analyses et leur indéfectible attachement au devoir républicain ; aux membres du Gouvernement, pour leur disponibilité constante, leur esprit d’ouverture et la clarté des éclairages apportés à la représentation nationale ;
aux hauts cadres de l’Administration publique, mobilisés pour soutenir ce processus stratégique déterminant pour l’avenir de notre pays ; enfin, à l’ensemble des cadre de l’Administration parlementaire, dont le professionnalisme, la rigueur et le sens de l’organisation ont permis de conduire ces travaux dans des conditions exemplaires.
Cette étape majeure de notre action institutionnelle demeurera, sans l’ombre d’un doute, le témoignage éclatant de notre capacité collective à agir avec célérité, rigueur et responsabilité face aux exigences de la Nation, tout en garantissant la qualité, la transparence et la crédibilité de nos décisions publiques.
Sous la 5ème République, il ne suffit plus que le budget soit perçu comme un simple instrument de gestion, limité à des chiffres et à des lignes de crédit. Il doit être, par essence, un levier de transformation structurelle, un outil de promotion de la justice sociale et un vecteur concret de souveraineté, conformément aux principes énoncés dans la loi Plan et dans la Loi-Programme « SIMANDOU 2040 » récemment adoptée par notre Institution.
Honorables Conseillers Nationaux,
La responsabilité qui est la nôtre est immense. Chaque ligne budgétaire que nous examinons doit répondre à une triple exigence : celle de l’efficacité, de la transparence et de l’impact réel sur le quotidien de nos populations. Il nous appartient de veiller à ce que les ressources publiques mobilisées, d’ailleurs souvent limitées, soient orientées vers les secteurs prioritaires : l’éducation de notre jeunesse, la protection de notre environnement, la santé de nos populations, le développement des infrastructures, le soutien à l’agriculture et la promotion de l’emploi. Au cours de ces quatre dernières années, la Guinée a connu des avancées notables dans la gestion des finances publiques. Grâce à l’engagement de nos institutions et à la collaboration entre les différentes parties prenantes, nous avons pu renforcer la transparence, améliorer la traçabilité des recettes et rationaliser les dépenses publiques. Ces progrès sont essentiels, car ils garantissent que chaque franc mobilisé par l’État contribue effectivement au bien-être des populations et à la réalisation de nos projets structurants.
La Loi de Finance Initiale 2026 que nous avons devant nous reflète cette dynamique. Elle marque une inflection décisive dans notre trajectoire économique, inscrivant notre Nation dans une nouvelle ère de développement, guidée par le programme de développement « SIMANDOU 2040 ». Il conjugue avec rigueur deux objectifs essentiels : accompagner une dynamique de transformation économique accélérée, génératrice d’emplois et d’opportunités pour nos citoyens et préserver les équilibres macroéconomiques fondamentaux, garants de la stabilité et de la confiance dans nos institutions financières.
Les principaux agrégats budgétaires témoignent de cette ambition et de cette maîtrise : une progression remarquable de 27,06 % des recettes, une hausse de 18,3 % des dépenses orientée vers des priorités et un déficit budgétaire de -2,07 % du PIB.
Cependant, au-delà des agrégats budgétaires, des équilibres macroéconomiques et des projections, il y a une réalité que nul ne peut ignorer : celle des populations qui attendent, qui espèrent, et qui interpellent l’action publique.
Dans nos grandes villes tout comme dans les périphéries, dans nos villages et nos quartiers, l’attente est immense. Ce sont encore des localités entières qui manquent d’accès à l’eau potable ; des écoles sans enseignants, des salles de classe dans un état de dégradation avancée ou des programmes d’enseignement moins performants.
Ce sont des structures sanitaires dépourvues d’équipements adéquats, où l’accès aux soins demeure encore un défi quotidien. Ce sont aussi des institutions régaliennes de la République : la gendarmerie, la police, les cours et tribunaux etc. qui continuent d’exercer leurs missions dans des bâtiments ne relevant pas du patrimoine de l’État, compromettant ainsi l’autorité et la dignité de l’action publique.
Ce sont des zones rurales encore enclavées, où les producteurs peinent à acheminer leurs produits vers les marchés, faute d’infrastructures adaptées. Et ce sont, surtout, des milliers de jeunes qui, chaque année, arrivent sur le marché de l’emploi sans perspectives concrètes, confrontés à la difficulté d’accéder à leur premier emploi.
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, face à ces nombreux défis, notre responsabilité est déterminante, il s’agit de faire en sorte que le budget de l’État soit à la hauteur de nos ambitions.
Honorable Conseillers Nationaux
L’adoption de cette Loi de Finance Initiale exige de nous un examen rigoureux. Chaque article, chaque chiffre et chaque programme budgétaire mérite notre attention et notre réflexion approfondie. Nous devons nous assurer que les ressources sont affectées de manière équitable et efficace, que les priorités nationales sont respectées et que les citoyens ressentent concrètement les effets de nos décisions.
Il ne s’agit pas seulement de chiffres sur le papier : il s’agit de projets qui touchent la vie des citoyens, de politiques qui influencent la santé, l’éducation, le travail et le bien-être quotidien. Nous devons donc faire preuve de discernement, de lucidité et d’un esprit de consensus, afin que cette loi soit non seulement techniquement solide mais également socialement juste et politiquement responsable.
Chaque dépense, chaque investissement et chaque mesure adoptée aujourd’hui contribue à bâtir une Guinée forte, capable de relever les défis du 21e siècle et d’assurer un avenir digne à ses générations futures. Mesdames et Messieurs, nos responsabilités vont au-delà des murs de cette enceinte. Chaque décision que nous prenons ici se répercute dans les foyers, les écoles, les infrastructures, les hôpitaux et les entreprises de notre pays. La qualité de notre travail parlementaire doit donc se traduire par des impacts positifs et tangibles sur le quotidien des citoyens. C’est là la véritable mesure de notre engagement et de notre devoir envers la Nation.
Je vous encourage donc, à examiner cette Loi de Finances Initiale avec toute l’attention qu’elle mérite. Engageons-nous à travailler ensemble, dans un esprit de collaboration et de responsabilité, pour garantir que cette loi soit un instrument efficace de développement et de prospérité pour notre pays.
Dans les relations entre l’exécutif et le législatif, chaque irrecevabilité ne saurait être un simple acte technique : elle peut être perçue comme un désaveu. Chaque désaccord procédural, chaque divergence dans la délibération peut fragiliser la confiance. Chaque vote défavorable, enfin, peut être interprété comme un défi adressé à l’action gouvernementale dans son ensemble. Il nous revient donc, en tant que représentants de la nation, de faire prévaloir l’esprit de coopération sur la tentation de l’affrontement, dans l’intérêt supérieur du peuple.
Ce travail marque, à bien des égards, une étape importante. Il témoigne d’une capacité d’adaptation institutionnelle et d’un sens des responsabilités qui honorent notre expérience parlementaire. Il s’inscrit comme une contribution singulière dans le paysage africain, illustrant qu’en période de transition, il est possible de concilier exigence démocratique et efficacité dans l’action publique.
En examinant et adoptant cette Loi de Finance Initiale, nous avons fait le choix de l’espoir contre l’immobilisme, de l’engagement contre l’attentisme, et de la responsabilité contre la facilité. Et c’est en cela que notre action trouve tout son sens et toute sa légitimité.
Je déclare ouverte la séance consacrée à l’examen et à l’adoption de la Loi de Finances Initiale. Que nos travaux soient guidés par la sagesse, la lucidité et la volonté inébranlable de servir notre peuple avec intégrité et discernement.
Honorables Conseillers Nationaux, Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernements, distingués invités
Je ne saurais terminer ce discours sans formuler ces prières :
« Dis : Ô Allah, Souverain absolu de la royauté, Tu accordes l’autorité à qui Tu veux et Tu la retires à qui Tu veux ; Tu élèves qui Tu veux en dignité et Tu abaisses qui Tu veux. Le bien émane de Toi, et Tu es, certes, Omnipotent. »
(Sourate 3, verset 26 du Coran)
Je prie Allah, le Très-Haut, de vous accorder la plus noble et la plus abondante des rétributions.
Qu’Il nous gratifie, vous comme moi, ainsi que chacun d’entre nous, d’une fin honorable et empreinte de Sa miséricorde.
Certes, des doutes et des incertitudes peuvent assombrir notre perception du lendemain.
Des craintes peuvent également nous habiter, notamment celle de voir nos efforts, accomplis au prix de la douleur, de la fatigue et de la pression, sombrer dans l’oubli alors même qu’ils constituent parmi les œuvres les plus nobles de notre existence : servir l’État et la Nation avec un tel degré de sacrifice et de sens du devoir.
J’implore le Très-Haut de vous réconforter, de vous consoler et de vous combler de Ses bienfaits, en vous accordant ce que vous désirez de meilleur pour vous-mêmes ainsi que pour vos familles.
Qu’Allah, Seigneur de miséricorde et de paix, nous enveloppe de Sa sérénité et apaise nos cœurs.
À Son Excellence, Chef de l’État, Président de la République et Chef suprême des armées, celui que Dieu, dans Sa sagesse, a élevé en pouvoir et en dignité afin de servir son peuple, le Général Mamadi Doumbouya, nous adressons nos prières sincères :
Qu’Allah lui accorde protection, santé et stabilité dans l’exercice de sa haute mission.
Ô Allah, nous Te supplions de lui accorder Ta guidance éclairée, afin que chacune de ses décisions soit inspirée par Ta sagesse, placée sous Ta vigilance et guidée par Ta volonté.
Puisse le peuple de Guinée lui témoigner obéissance, confiance et accompagnement, dans l’accomplissement de cette mission noble et exaltante.
Amine
Je vous remercie de votre attention et de votre engagement. Vive la République de Guinée !
Vive le Conseil National de la Transition ! Vive le Peuple souverain de Guinée !
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il y a 2 heures
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