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Dans la préfecture de Forécariah, la plateforme multifonctionnelle des femmes de Moriah est aujourd’hui à l’arrêt. Depuis près de 11 mois, ces femmes font face à une crise majeure liée au manque d’électricité et à des factures trop élevées. Autrefois productive, ce centre permettait la transformation du fonio, la production de jus, de confiture, etc. Au-delà de la plateforme, les difficultés s’étendent aux activités agricoles : manque d’équipements, terres non aménagées, pertes liées aux marées et insuffisance de matériel.

Interrogés par un reporter de Guineematin.com hier, jeudi 26 mars 2026, les responsables de la plateforme dressent un constat alarmant et lancent un appel pressant aux autorités et aux partenaires au développement pour sauver cet outil essentiel à la vie économique locale.
Mamadou Abdoul Diallo, président de l’Union des producteurs de Moriah« Le problème qu’on a ici, c’est un problème d’électricité. Parce que lorsque la plateforme a été mise à la disposition des femmes, il y avait le courant. Mais la facture est trop élevée. On a fait un peu de démarches auprès des autorités pour qu’elles puissent atténuer la situation. Parce que quand la facture est trop élevée, la rentabilité devient très faible. Finalement, il y a eu une rupture de courant. On a fait des démarches un peu partout pour avoir un système de panneaux solaires comme chez les autres. Parce que c’est pendant l’investigation qu’on a fait une erreur. On s’est considérés citadins, qu’il y a le courant à Forécariah, et on a occulté le problème de panneaux solaires. Sinon, il y a 8 plateformes : 6 à Forécariah, 2 à Coyah. Donc aujourd’hui, nous, on est en train de payer les frais avec l’affaire du courant, parce que les factures sont énormes. Et il y a toujours des pannes répétées avec le courant. On est vraiment coincés. Nous voulons un appui pour sortir de ce carcan-là. Théoriquement, la plateforme a 25 groupements. Mais pratiquement, ceux qui sont impliqués, ce sont 5 groupements. On a eu des formations, on a eu des machines, mais l’évolution financière fait défaut. On a fait des demandes, mais ça a coïncidé avec le mouvement des élections et autres. Même Rio Tinto était passé ici. On a souligné ce défi. Toute personne qui veut aider ces femmes-là, pour un appui, aidez-nous à avoir le système solaire, parce qu’on a un forage, on a les machines. Donc notre souhait le plus ardent, c’est que quiconque doit appuyer ces femmes-là, c’est premièrement résoudre ce problème de courant et clôturer la plateforme… Ce que je sollicite auprès des autorités et des bailleurs, parce que personnellement, moi je suis un homme, mais si vous voyez l’effectif de ce groupement-là, 90 % ce sont des femmes. Donc je demande un sacrifice auprès des autorités, auprès des bailleurs, pour nous aider à relever ce défi. Tous les 25 groupements dont je vous parle produisent le riz, le maïs, le maraîchage et l’ananas. Par exemple, aujourd’hui, on était dans une situation où un groupement a produit de l’ananas et les bœufs sont partis saccager. On est partis jusqu’au niveau préfectoral, mais Dieu merci, avec différentes tentatives, on a trouvé un terrain d’entente. La parcelle va être clôturée et on a cherché à apaiser la situation en demandant pardon au groupement, parce que c’est uniquement le groupement des femmes. Donc chaque groupement produit. Moi qui vous parle, en tant que président de l’Union, je fais partie d’un groupement et on a produit cette année du riz », a expliqué Mamadou Abdoul Diallo, président de l’Union des producteurs de Moriah.
De son côté, Mme Soumah Kadiatou Diallo, présidente de la plateforme, évoque une crise financière profonde et lance un appel.
Mme Soumah Kadiatou Diallo, présidente de la plateforme des femmes de Moriah« Nous sommes en crise totale. Parce qu’elles (les femmes) savent que la création de cette plateforme, de 2019 jusqu’en 2024, ça allait très bien. Mais maintenant, vraiment, ça ne va pas à cause du manque de courant. Parce que nous sommes en déficit. La facture que nous recevons ici, nous ne pouvons pas la payer. Par mois, c’est 2 millions et quelques, avec les trois machines : la broyeuse, le moulin et la pileuse. Les arriérés, à l’heure actuelle, sont de 8 460 000 francs. Ça fait au moins 11 mois que la plateforme est fermée… Sincèrement, nous demandons au gouvernement et aux bailleurs de fonds d’aider les femmes de Forécariah pour cette plateforme. Parce qu’ici, vous avez vu, il n’y a pas de courant, il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de clôture. Nous demandons au gouvernement, aux ONG, au ministère de l’Agriculture, à l’Action sociale, d’aider les femmes de Forécariah à sortir de cette misère. Dans les 25 groupements, les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Et nous venons de faire l’alphabétisation. Les femmes sont certifiées. Mais jusqu’à présent, on n’a pas eu d’aide. Les femmes peuvent écrire et lire en langue nationale. Il y a des transformatrices ici en jus, en confiture. Nous faisons tout. Mais par manque de moyens, nous ne pouvons pas. Nous remercions le PNUD et la BAD qui ont construit cette plateforme. Les autres plateformes ont des panneaux solaires et le travail continue. Mais nous, avec le courant, le travail est bloqué », a-t-elle souligné.
Même constat du côté d’Aïssata Conté, secrétaire de la plateforme, qui décrit une paralysie totale des activités.
Aïssata Conté, secrétaire de la plateforme des femmes de Moriah« Avant, lorsque c’était nouvellement construit, ça roulait beaucoup, même la nuit on travaillait. En ce temps, le courant était stable. Mais depuis que le courant s’est perturbé ici, on ne travaille plus. On ne fait plus de jus ni de confiture. Même nos machines ne peuvent pas démarrer. Le groupe électrogène qu’on nous a envoyé est tombé en panne. Le mécanicien était venu le démarrer avec toutes les machines. Depuis qu’il est reparti à Kindia, tout s’est arrêté. Le forage est là. S’il est gâté, vous allez payer entre 1 000 000 et 1 400 000, et le rendement n’est pas là. Le courant à Forécariah nous fatigue beaucoup. Ici, depuis 2 à 3 mois, tout est arrêté. La facture du courant peut aller jusqu’à 5 millions. Le déplacement d’un réparateur peut aller jusqu’à 1 million ou plus, sans parler du logement et de la nourriture. Donc nous appelons à l’aide pour aider les femmes de la plateforme. Dans mon groupement, il y a 17 personnes, dont 4 garçons. Les difficultés que nous avons : la grande marée vient tout ravager. Nos domaines ne sont pas aménagés. Tu peux travailler jusqu’à 40 ou 50 hectares, mais sans précautions, tu perds tout. Il n’y a qu’une seule batteuse à Forécariah, et c’est à tour de rôle. Si ça tarde, ton riz peut se gâter. On a vécu cela plusieurs fois. Nous demandons aussi des machines. Si on ne gagne pas de tracteurs, au moins un charroi ou un motoculteur pour l’Union des producteurs de Moriah, parce que les 25 groupements travaillent manuellement », a-t-elle dit.
Ismaël Diallo pour Guineematin.com
Tél : 624693333
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