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Dans le Fouta Djallon, de nombreux villages se vident progressivement de leurs habitants, en particulier des jeunes, laissant derrière eux une population majoritairement vieillissante. Ce phénomène de dépeuplement rural, de plus en plus perceptible, traduit une profonde mutation sociale et économique dans une région autrefois très dynamique.
Aujourd’hui, plusieurs jeunes originaires du Fouta préfèrent s’installer dans les grandes villes comme Conakry ou rejoindre les zones minières du pays. D’autres prennent le chemin de l’émigration vers l’extérieur, notamment au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, en Gambie, au Mali, en Sierra Leone ou encore au Libéria, où les communautés issues du Foutah sont fortement représentées. Sur place, ils s’investissent principalement dans le commerce et le transport afin de subvenir à leurs besoins.
Les causes d’un départ massif
Les raisons de cet exode sont multiples.
D’abord, l’exode rural lui-même : de nombreux jeunes désertent les travaux champêtres, jugés pénibles et peu rentables, surtout dans un contexte marqué par la baisse progressive des rendements agricoles.
Ensuite, le manque d’activités génératrices de revenus dans les villages pousse les jeunes à chercher ailleurs de meilleures opportunités. Les échecs scolaires constituent également un facteur déterminant dans les décisions de départ.
Les études représentent une autre cause majeure. De nombreux élèves sont transférés vers les villes pour poursuivre le cycle secondaire ou accéder à l’université, et beaucoup ne reviennent plus dans leurs villages d’origine.
À cela s’ajoute le mariage, notamment chez les jeunes filles, qui choisissent souvent de s’installer en milieu urbain après l’union.
Des conséquences visibles et inquiétantes
Les effets de ce dépeuplement sont déjà perceptibles. Dans plusieurs localités, des maisons et des villas sont laissées à l’abandon, livrées à la nature, aux petits ruminants et aux chauves-souris.
« Il est aujourd’hui difficile de trouver un occupant, même gratuitement. Certains dissuadent même ceux qui souhaitent venir occuper les bâtiments. Il faut refuser d’habiter chez autrui et abandonner sa propre case », confie un ancien du village, visiblement inquiet.
Le secteur éducatif n’est pas épargné. Le collège de Dalawoulén, dans la sous-préfecture de Kégnéko, ne compte cette année que 30 élèves au total : 8 en 7ᵉ année, 7 en 8ᵉ année et 15 en 9ᵉ année. Un chiffre qui illustre la baisse drastique des effectifs scolaires dans certaines zones rurales.
Des exceptions porteuses d’espoir
Cependant, toutes les localités ne sont pas touchées de la même manière. À Timbi Madina, dans la préfecture de Pita, et à Soumbalako, dans celle de Mamou, le développement de l’agriculture permet de maintenir les populations, y compris les jeunes. Ces exemples démontrent que des initiatives locales axées sur l’agriculture et l’emploi peuvent freiner l’exode et redonner vie aux villages.
Par ailleurs, depuis quelques années, de nombreux ressortissants profitent de la fête de Tabaski pour retourner dans leurs localités d’origine et passer quelques jours auprès de leurs proches, renforçant ainsi les liens communautaires.
Le dépeuplement des villages du Fouta constitue un véritable défi pour les autorités, les collectivités locales et les partenaires au développement. Sans actions concrètes en faveur de l’emploi rural, de l’éducation et de la modernisation de l’agriculture, c’est tout un pan du patrimoine humain, social et culturel du Fouta qui risque de disparaître progressivement.
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il y a 2 heures
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