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Dans une déclaration intitulée « La Loi et le Droit, indissociables du Retour à l’Ordre Constitutionnel », rendue publique ce jeudi 28 août 2025, le Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG) tire la sonnette d’alarme sur la violation systématique des droits et libertés en Guinée.
L’organisation dénonce ce qu’elle qualifie de volonté manifeste de la junte d’exclure et de réduire au silence les voix contradictoires dans le cadre du processus de retour à l’ordre constitutionnel.
Le FFSG fait part de ses inquiétudes face à “une succession persistante de faits à visée politique”, qu’il juge symptomatique d’une volonté d’exclusion et d’anéantissement des aspirations divergentes, alors même que le retour à l’ordre constitutionnel est censé constituer une priorité nationale.
“Malgré les efforts que nous n’avons cessé de fournir à travers des alertes, des interpellations et des propositions adressées aux autorités, ces regrettables atteintes aux droits et libertés se sont aggravées avec le temps”, peut-on lire dans la déclaration.
L’organisation appuie son constat par une série de faits qu’elle considère comme illustratifs de cette dérive : arrestations et détentions jugées arbitraires, bâillonnement de la presse, disparitions forcées et enlèvements. Le cas le plus récent, souligne-t-elle, concerne “l’enlèvement honteux” de l’ancien bâtonnier Me Mohamed Traoré.
Selon le FFSG, le pays traverse aujourd’hui une situation préoccupante : “un contexte de pauvreté accrue, d’insécurité galopante, de peur généralisée, une crise de liquidité jamais enregistrée dans le pays, et l’absence totale de chronogramme clair pour la gestion de la transition, conformément à la Charte, quatre ans après le coup d’État”.
Malgré les importants moyens mobilisés, issus des fonds publics, le Forum déplore également l’absence d’un fichier électoral fiable et certifié. Il dénonce notamment l’enregistrement illégal de mineurs âgés de 10 à 17 ans, en contradiction flagrante avec la loi qui fixe l’âge électoral minimum à 18 ans. Le recours au RAVEC (Recensement Administratif à Vocation d’État Civil), qui n’exclut pas les enfants de moins de 10 ans, est également jugé inapproprié.
Par ailleurs, plusieurs zones d’ombre demeurent selon le FFSG, notamment le refus de recenser certains leaders politiques, dont d’anciens Premiers ministres, un déploiement inéquitable des kits d’enrôlement, notamment en défaveur de certaines régions et de la diaspora, l’absorption totale de l’organe de gestion des élections par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), en contradiction avec les recommandations issues du dialogue de fin 2023 entre une partie des acteurs sociopolitiques et les organes de la transition, rapport qui avait été remis au président de la transition avec le soutien moral des leaders religieux et des partenaires.
Le Forum s’inquiète également des décisions de dissolution ou de suspension de partis politiques par le MATD, notamment ceux perçus dans l’opinion comme disposant d’un large soutien populaire.
“Un retour apaisé et constructif à l’ordre constitutionnel ne saurait se traduire par des manœuvres dilatoires visant à conserver le pouvoir, dissimulées derrière de simples formalités administratives et politiques, en dehors des principes et valeurs démocratiques”, prévient l’organisation.
Face à la précarité croissante des conditions de vie des Guinéens et au recul des libertés, le FFSG appelle solennellement les autorités de la transition, ainsi que les partenaires nationaux et internationaux, “à suspendre ce processus dit de retour à l’ordre constitutionnel, mal préparé, clivant, répressif et très préjudiciable à l’avenir du pays”.
L’article Retour à l’ordre constitutionnel : le FFSG dénonce un processus “mal préparé” et invite la junte à le suspendre est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.