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La commune urbaine de Kankan est toujours secouée par le décès tragique de deux femmes, survenu il y a quelques semaines, à la suite d’interventions chirurgicales pratiquées dans deux cliniques clandestines distinctes. Ces drames rappellent brutalement les dangers liés à l’exercice illégal de la médecine et suscitent une vive émotion au sein de la population. Les autorités judiciaires refusent de laisser tomber ces affaires. C’est dans ce cadre qu’elles ont activé les leviers juridiques afin que justice soit rendue.
Interrogé ce mardi, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kankan, M. Fodé Bintou Keïta, a assuré que des poursuites judiciaires sont engagées, même si les principaux auteurs ont pris la fuite, compliquant la procédure.
« Cela vient encore confirmer la justesse du combat que nous avions commencé à mener avec les officiers de police judiciaire depuis quelques semaines », a déclaré le magistrat, soulignant la pertinence des actions menées pour assainir le secteur médical.
Des faits portés à la connaissance du parquet
M. Fodé Bintou Keïta précise avoir été saisi par le procureur général près la Cour d’appel de Kankan, qui lui a signalé la commission de ces infractions d’une extrême gravité, consécutives à des interventions chirurgicales mal maîtrisées, réalisées dans des structures non autorisées.
Le procureur écarte toute qualification d’homicide involontaire : « Les auteurs ne peuvent en aucun cas se prévaloir de l’homicide involontaire, dès lors qu’ils ne disposaient d’aucune habilitation légale ou médicale pour poser de tels actes. Il n’y a donc aucune excuse légale », a-t-il affirmé avec fermeté.
Des poursuites pour meurtre et usurpation de fonction
Selon le parquet, les faits reprochés sont constitutifs du crime de meurtre, en plus de l’usurpation de fonction. Les interventions ont été réalisées par des personnes sans diplôme, sans autorisation administrative et sans compétence médicale reconnue par la loi.
Le magistrat précise que si les auteurs avaient été légalement habilités et qu’un décès était survenu malgré un acte médical régulier, la qualification d’homicide involontaire aurait pu être envisagée. Tel n’est toutefois pas le cas ici.
Des suspects en fuite, une procédure confrontée à des difficultés
Conscients de la gravité de leurs actes et du caractère illégal des opérations pratiquées, les présumés auteurs ont pris la fuite immédiatement après les faits.
« Ils savaient qu’ils menaient des opérations illégales, malsaines et contraires à toutes les lois de la République. C’est pour cette raison qu’ils ont pris la poudre d’escampette », a expliqué le procureur.
Malgré cette fuite, M. Keïta se veut catégorique : l’enquête se poursuit. Des instructions fermes ont été données aux officiers de police judiciaire, qui ont déjà entamé les investigations pour retrouver les auteurs présumés et leurs éventuels complices.
Une mise en garde contre l’exercice illégal de la médecine
Le procureur rappelle que certaines catégories de personnels paramédicaux, notamment les maïeuticiens, ne sont pas habilitées à pratiquer des interventions chirurgicales ou des actes médicaux complexes.
« Ces pratiques mettent gravement en danger la vie de la population », avertit-il.
Une action inscrite dans la continuité de l’État et de la loi
Pour Fodé Bintou Keïta, ces drames renforcent la nécessité de poursuivre l’assainissement du secteur médical, un combat engagé bien avant son arrivée à la tête du parquet de Kankan.
« Nos prédécesseurs ont mené les mêmes actions. Notre parquet n’a fait que réactualiser ces procédures, conformément aux lois de la République », rappelle-t-il.
Les officiers de police judiciaire restent pleinement mobilisés afin d’interpeller tous les présumés suspects et leurs complices, pour qu’ils soient traduits devant les juridictions compétentes.
À travers ces affaires tragiques survenues dans plusieurs cliniques clandestines, le parquet de Kankan réaffirme sa détermination à protéger la santé publique, à lutter sans relâche contre l’exercice illégal de la médecine et à mettre fin à des pratiques criminelles qui continuent de coûter la vie à des citoyens innocents.
Karifa Kansan Doumbouya, correspondant à Kankan
622 47 09 60
L’article Kankan : deux femmes décèdent dans des cliniques clandestines, le parquet lance des poursuites malgré la fuite des responsables est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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