Élections du 24 mai : Doumbouya appelle à un scrutin apaisé, le Bloc Libéral dénonce « l’exclusion de certains acteurs politiques »

il y a 3 heures 25
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À l’approche des élections législatives couplées aux communales prévues le 24 mai 2026, la question de la transparence du processus électoral demeure au cœur des préoccupations en Guinée. Lors de la session ordinaire du Conseil des ministres tenue le 2 avril au palais Mohammed V, le président de la République, Mamadi Doumbouya, a appelé les acteurs impliqués à garantir un scrutin apaisé et transparent.

Une déclaration qui suscite déjà des interrogations au sein de la classe politique. Dans un entretien accordé à Guinee360, le président du Bloc Libéral, Oumar Sanoh, questionne la cohérence entre les discours officiels et la réalité observée sur le terrain.
Selon lui, « Il est essentiel que le discours soit en cohérence avec les actes. Le Président de la République ne peut pas tenir de tels propos en Conseil des ministres pendant que, sur le terrain, les différents départements impliqués dans le processus électoral n’agissent pas de manière cohérente.»

Le leader politique évoque plusieurs manquements qu’il juge préoccupants, pointant notamment le rôle du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD), à travers la Direction générale des élections (DGE), qu’il accuse de ne pas respecter certaines dispositions du Code électoral.
« Prenons le cas du ministère de l’Administration du territoire, à travers la direction générale chargée des élections. Depuis le début du processus jusqu’à aujourd’hui, de nombreux manquements ont été constatés, notamment des violations du code électoral.
À ce sujet, le Bloc libéral a saisi la Cour suprême pour demander l’annulation de la décision de la direction générale relative au montant de la caution pour les élections législatives et communales prévues le 24 mai 2026, ainsi que du délai de dépôt des candidatures fixé dans son communiqué», a-t-il rappelé.

Parmi les points de divergence soulevés figure notamment la question du calendrier de dépôt des candidatures.
« En effet, l’article 227 du code électoral stipule que les candidatures pour les élections communales peuvent être déposées jusqu’à 45 jours avant le scrutin. Cela signifie que la date limite est le 9 avril. Or, une autre date a été avancée, en contradiction avec cette disposition, ce qui constitue une violation du code électoral.»

Autre sujet de préoccupation : la mise en place d’une commission financière, censée inclure des représentants des partis politiques et des candidats indépendants.
« Par ailleurs, une commission financière devait être mise en place conformément aux textes, en incluant des représentants des candidats indépendants et des partis politiques. Cela n’a pas été respecté : la commission a été constituée sans aucun représentant de ces acteurs, ce qui constitue un autre manquement.»

Le président du Bloc Libéral s’est également exprimé sur le rôle de l’Observatoire national autonome de supervision du référendum (ONASUR), organe chargé de veiller à la transparence du processus électoral.
« S’agissant de l’observatoire national autonome de supervision du référendum ONASUR, qui est l’organe de transparence, il est aujourd’hui décrédibilisé. Son responsable Sékou Koureissy Condé, a publiquement déclaré que son parti soutenait le référendum en votant « oui ». On ne peut pas être à la fois juge et partie. Une telle position remet en cause la crédibilité de cette institution.»

Dans ce contexte, Oumar Sanoh dénonce un environnement qu’il considère peu propice à une compétition équitable.
« Dans ces conditions, on ne peut pas parler de transparence lorsque l’administration prend position, lorsque les forces de sécurité s’ingèrent dans le processus, lorsque les conditions financières excluent de facto certains acteurs ou encore lorsque les moyens de l’État sont utilisés à des fins partisanes.»

Souhaitant contribuer à l’amélioration du processus, il indique avoir saisi la Direction générale des élections à travers un courrier, avec copie au représentant des Nations Unies.
« C’est dans ce contexte que j’ai adressé, en tant que président du Bloc libéral, un courrier à la direction générale des élections, avec copie au représentant des Nations Unies. L’objectif est de tirer les leçons des irrégularités constatées lors de la présidentielle de 2025, afin d’améliorer le processus et d’aboutir à des élections libres, transparentes et acceptées de tous. C’est une condition essentielle pour la stabilité et la crédibilité des institutions.»

Sans rejeter l’appel du chef de l’État, le leader politique espère qu’il sera suivi d’effets concrets.
« Concernant l’appel du Président à la transparence, je ne dirais pas qu’il s’agit simplement d’un effet d’annonce. Je souhaite plutôt que ce message soit entendu par les institutions concernées et qu’il se traduise concrètement dans les actes. C’est ainsi que nous pourrons garantir un processus électoral crédible.», a-t-il conclu.

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