CRIEF-Le verdict dans l’affaire Kassory attendu le 30 avril : « ne vous associez pas à ceux qui veulent éteindre Kassory. Il n’a rien fait » (Me Sampil au juge)

il y a 3 heures 28
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Comme nous l’annoncions dans un précédent article, les avocats de Kassory Fofana, contre qui le procureur spécial et l’Agent judiciaire de l’État ont respectivement requis une condamnation à 5 ans de prison ferme et au paiement d’une amende de 20 milliards de francs guinéens, ont pris la parole pour présenter leurs plaidoiries.

Accusé de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux portant sur un montant de quinze (15) milliards de francs guinéens, la défense du prévenu s’est attelée à démonter ces accusations.

S’agissant de la première infraction, elle a soutenu que leur client n’a jamais détourné le montant en question. Les trois avocats, avec à leur tête Maître Dinah Sampil, ont précisé à la Cour que trois (3) milliards sur les 15 milliards alloués à la Mission d’appui à la mobilisation des ressources internes (MAMRI) ont été orientés vers l’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES), sur décision gouvernementale, dans le cadre du paiement de primes aux agents de cette structure. Comme pour dire que l’argent n’est pas sorti du circuit légal.

« Le parquet confond le détournement de deniers publics et le détournement d’objectif », s’est moqué Me Almamy Samory Traoré, qui affirme que le reste du montant incriminé a été retourné à la Présidence de la République, à la suite du rattachement de cet organe à la Présidence.

Concernant les faits d’enrichissement illicite, l’avocat a indiqué que son client avait effectué une déclaration de biens avant son entrée en fonction en tant que Premier ministre. « Dans le dossier, il y a la déclaration de biens, immeubles bâtis et non bâtis », a fait remarquer Maître Dinah Sampil, citant notamment :

  • la résidence de Lambanyi, acquise en 1991 pour 4 millions de francs guinéens, alors qu’il était directeur général de la coopération internationale au ministère de la Coopération ;
  • une résidence inachevée à Forécariah ;
  • une résidence à Washington, acquise en 2004 pour environ 500 000 dollars.

Il a soutenu qu’il n’existe aucun décalage entre les revenus légaux de Kassory et ses biens. « On ne vous a rien présenté comme preuve. Le procureur n’est pas en mesure de vous fournir un rapport accablant contre Kassory », a-t-il déclaré, évoquant également ses activités de consultant dans l’immobilier aux États-Unis.

« Ont-ils chiffré les montants ? Ont-ils quantifié ses biens pour démontrer qu’ils ne sont pas à la hauteur de ses revenus ? Le budget de souveraineté de Kassory était de 30 milliards par an », a renchéri Me Almamy Samory Traoré.

S’agissant enfin du blanchiment de capitaux, la défense soutient qu’aucun relevé bancaire ni ordre de virement n’ont été versés au dossier pour établir les montants en cause. « Monsieur le président, ne vous associez pas à ceux qui veulent éteindre Kassory. Il n’a rien fait », a conclu Maître Dinah Sampil.

C’est dans ce contexte que l’affaire a été mise en délibéré pour une décision attendue le 30 avril 2026.

Lébêré Baldé

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