Dr Morissanda Kouyaté défend la diaspora et assume le bras de fer avec l’Union européenne

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Le ton était ferme ce jeudi 26 février 2026 lors de sa conférence de presse. Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Morissanda Kouyaté, a vigoureusement défendu la position des autorités guinéennes sur les expulsions de ressortissants guinéens depuis l’Europe.

« Je l’ai dit à Paris : vous expulsez un Guinéen qui n’a rien fait, j’expulse un des vôtres », a-t-il indiqué, dénonçant ce qu’il considère comme des pratiques injustes à l’encontre de certains compatriotes. Le chef de la diplomatie guinéenne précise toutefois que ses propos ont été sortis de leur contexte : selon lui, il s’agissait de dénoncer les cas de Guinéens expulsés sans faute avérée.

Le conférencier est également revenu sur une rencontre récente avec une délégation de l’Union européenne à Conakry. Il affirme avoir rejeté un mécanisme consistant à identifier des migrants par reconnaissance faciale ou par présentation vidéo aux autorités diplomatiques guinéennes.

« La Guinée n’acceptera pas qu’on force la reconnaissance d’un citoyen pour le mettre dans un avion », a-t-il insisté, indiquant que les autorités européennes auraient menacé de bloquer les visas en cas de refus de coopération.

« Bloquez les visas », aurait-il répondu, estimant que « 99 % des Guinéens ne veulent pas aller à l’extérieur ». Pour lui, la position du gouvernement vise avant tout à préserver la dignité des citoyens.

Dr Morissanda Kouyaté affirme agir en cohérence avec la vision du président Mamadi Doumbouya, qu’il présente comme un défenseur résolu de la diaspora. « Le général n’a fait que défendre les Guinéens de l’extérieur », a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé son propre parcours, évoquant ses vingt années passées hors du pays. Il a confié avoir dû mettre sa famille à l’abri aux États-Unis il y a plusieurs décennies, au moment où il subissait, dit-il, des menaces pour son combat contre l’excision et en faveur des droits des femmes.

« Nous avons fui une menace », a-t-il expliqué, tout en soulignant sa compréhension des réalités vécues par les Guinéens de l’étranger.

Au-delà des tensions diplomatiques, Morissanda Kouyaté affirme que les autorités restent attentives aux préoccupations des Guinéens, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. Il a évoqué des interventions discrètes pour venir en aide à des compatriotes en difficulté, assurant que le gouvernement répond présent, même lorsque cela se fait loin des projecteurs.

« Même si certains critiquent, nous ferons notre travail. Nous serons à leur service », a-t-il conclu.

Ces déclarations interviennent dans un contexte sensible marqué par la question migratoire et les discussions sur les accords de réadmission entre pays africains et partenaires européens.

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