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L’affaire opposant l’État guinéen à l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, a été plaidée ce jeudi 2 avril 2026 devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
C’est l’avocat de l’Agent judiciaire de l’État qui a ouvert les débats. Infraction par infraction, Maîtres Pépé Antoine Lamah, Amadou Babaen Camara et Ibrahima Kalil Camara ont tenté de démontrer la culpabilité du prévenu.
Sur le détournement de deniers publics, les avocats ont évoqué l’utilisation d’un montant de 15 milliards de francs guinéens issus de la MAMRI, qui n’aurait jamais été justifié.
Concernant l’enrichissement illicite, ils ont relevé un décalage entre les 15 millions de francs guinéens perçus mensuellement par l’ancien Premier ministre comme salaire et les montants, en francs guinéens et en devises, retrouvés dans ses comptes bancaires. « Il a été incapable de justifier les montants saisis dans ses différents comptes », ont soutenu les avocats de l’État.
S’agissant du blanchiment de capitaux, l’Agent judiciaire de l’État a attiré l’attention de la Cour sur l’usage présumé de la technique de fractionnement pour alimenter les comptes bancaires du prévenu.
Au regard de ces éléments, l’État a sollicité la confirmation, en toutes ses dispositions, du jugement rendu le 27 février 2025 par la chambre de jugement de la CRIEF. Une décision dans laquelle Ibrahima Kassory Fofana a été condamné à 5 ans d’emprisonnement, au paiement d’une amende de 2 milliards de francs guinéens et à la saisie de ses comptes ouverts à la banque VistaGui.
Sur l’action civile, le juge Lansana Soumah avait également ordonné le remboursement des 15 milliards de francs guinéens de la MAMRI ainsi que des 3 milliards de l’ANIES.
Pour conclure sa plaidoirie, l’Agent judiciaire de l’État a demandé à la Cour, présidée par Daye Mara, de déclarer le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) régulier et contradictoire. Il a par ailleurs dénoncé le caractère abusif de l’appel interjeté par le prévenu, soulignant que celui-ci aurait refusé de se faire extraire pour comparaître devant la justice. À ce titre, Me Pépé Antoine Lamah a sollicité une sanction, en demandant la condamnation du prévenu au paiement de 20 milliards de francs guinéens pour appel abusif.
À la suite de la partie civile, le parquet spécial, représenté par Amiata Kaba et Ousmane Sanoh, a pris la parole pour présenter ses réquisitions. À l’instar de leurs prédécesseurs, les magistrats sont revenus en détail sur le caractère constitutif des infractions reprochées à l’ancien Premier ministre. Selon eux, « le détournement de deniers publics, l’enrichissement illicite et le blanchiment de capitaux sont patents et méritent d’être sanctionnés ».
En conséquence, le parquet spécial a requis la confirmation, en toutes ses dispositions, de la décision rendue en première instance, notamment la peine de 5 ans d’emprisonnement ferme à l’encontre d’Ibrahima Kassory Fofana.
Au moment où nous mettions cet article en ligne, les avocats de la défense étaient en train de présenter leurs plaidoiries.
Nous y reviendrons.
Lébêré Baldé
L’article CRIEF : le parquet spécial requiert la confirmation des 5 ans de prison contre Kassory, l’État guinéen lui réclame 20 milliards GNF au titre de dommages et intérêts est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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