Remise de fonds aux sinistrés de Manéah : les victimes réclament leur retour, l’État s’y oppose et promet des titres fonciers

il y a 2 heures 18
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Huit mois après l’éboulement survenu dans la nuit du 20 au 21 août 2025 à Manéah, les familles sinistrées ont reçu, ce mercredi, une assistance financière du gouvernement, lors d’une cérémonie organisée par l’ANGUCH, à l’école militaire qui les héberge depuis le drame.

L’événement s’est déroulé en présence du ministre de l’Administration du Territoire, de la ministre de la Femme, de la Famille et de la Solidarité, des préfets de Coyah, Kindia et Dubréka, ainsi que de plusieurs responsables administratifs.

Prenant la parole au nom des sinistrés, Aboubacar Demba Douno a exprimé la reconnaissance des victimes tout en soulevant leurs préoccupations liées à l’avenir.

« Nous, sinistrés de l’éboulement de Manéah, remercions sincèrement Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, ainsi que tous les membres du gouvernement pour les efforts déployés depuis les premières heures de l’éboulement jusqu’à ce jour.
Monsieur le Ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire, nous avons une inquiétude, et cette inquiétude n’est autre que celle-ci : nous avons constaté, depuis cet éboulement, que nous sommes au camp de Manéah. Nous voulons d’abord remercier l’ANGUCH pour tous les efforts qu’elle a fournis pour les sinistrés ici. Elle a toujours été là quand nous avions besoin d’elle et elle a su subvenir à nos besoins. Nos inquiétudes, c’est quoi ? En cette cérémonie que nous considérons comme une libération du camp de Manéah, nous nous inquiétons pour la suite concernant nos terrains, nos habitations et notre recasement. Cependant, nous sollicitons humblement notre retour chez nous, car après le passage de la route, la zone n’est plus en danger. »

Le directeur général de l’ANGUCH, Lancei Touré, a rappelé l’ampleur du drame et les modalités de l’appui financier accordé aux familles.

« C’est avec un profond sens de responsabilité et d’humanité que nous nous réunissons aujourd’hui pour la cérémonie de remise de fonds aux sinistrés de l’éboulement de Manéah, survenu dans la nuit du 20 au 21 août 2025. Ce drame a profondément marqué des familles entières, mais il a également révélé la force de notre solidarité nationale. Monsieur le Ministre, je voudrais avant tout rendre grâce à Dieu pour la vie et la résilience dont font preuve les victimes. J’exprime toute ma compassion et mon soutien aux familles touchées, qui ont traversé des moments particulièrement difficiles. Au total, il y a eu 19 morts et 9 personnes portées disparues, ainsi que de nombreux blessés qui se sont rétablis. Le geste que nous posons aujourd’hui est à la fois symbolique et concret. Financé par le gouvernement guinéen, à travers la diligence du ministre de l’Administration du Territoire et sous la clairvoyance du Premier ministre, cet appui vise à accompagner les ménages sinistrés dans la prise en charge de leurs frais de relocalisation afin de permettre la libération du camp militaire de Manéah qui les accueille depuis le mois d’août.
Il est prévu la remise de 30 millions de francs guinéens aux familles, et 40 millions de francs guinéens à celles ayant perdu un ou plusieurs membres, de façon échelonnée. Grâce à notre partenariat avec le Crédit Rural de Guinée, chaque famille recevra 50 % du montant alloué, tandis que les 50 % restants seront versés le 15 avril, dans la perspective d’une sortie organisée et digne du site d’hébergement.
Je voudrais saluer la qualité exemplaire de la collaboration civilo-militaire, déterminante tout au long de cette réponse humanitaire. Nos remerciements vont également à l’encadrement militaire de l’école de Manéah, aux autorités communales, ainsi qu’à l’ensemble des équipes de l’ANGUCH pour leur engagement.
Je tiens aussi à remercier nos partenaires, notamment la Croix-Rouge guinéenne, l’OIM, l’UNICEF, CRS et bien d’autres. Enfin, je salue la patience, la dignité et le courage des sinistrés. Leur résilience force le respect. Cette cérémonie marque une étape importante, mais elle n’est pas une fin. Elle s’inscrit dans un processus global de relèvement et de reconstruction. »

La ministre de la Femme, Pauline Patricia Adeline Lamah, a pour sa part insisté sur la portée symbolique de la libération du site d’hébergement.

« Nous sommes réunis aujourd’hui pour une étape importante : la libération des sinistrés du glissement de terrain de Manéah, ainsi que la restitution de l’école militaire qui a accueilli pendant plusieurs mois des familles durement éprouvées par ce drame. Dans la nuit du 20 au 21 août 2025, un glissement de terrain a frappé Manéah. Des vies ont été perdues, des familles ont été bouleversées et toute une communauté a été marquée à jamais. Je voudrais, au nom du gouvernement, m’incliner devant la mémoire des personnes disparues et adresser toute notre compassion aux familles endeuillées.
Mais aujourd’hui est aussi un moment d’espoir. La libération de ce site marque la fin d’une période difficile et ouvre une nouvelle étape, celle du retour progressif à une vie plus stable et digne.
Je tiens à saluer le rôle déterminant du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, ainsi que l’engagement de l’ANGUCH. Sous le leadership du Président de la République, Mamadi Doumbouya, et avec l’action du gouvernement, des efforts importants ont été déployés.
Je remercie également les forces de défense et de sécurité, les équipes médicales, les autorités locales et les partenaires. En tant que ministre, je pense particulièrement aux femmes, aux enfants et aux familles touchées. Votre courage et votre dignité forcent l’admiration. »

Réagissant à la demande de retour formulée par les sinistrés, le ministre de l’Administration du Territoire, Ibrahima Kalil Condé, a opposé une fin de non-recevoir, appelant plutôt à la patience.

« Avant de commencer mon allocution, je vous invite à observer avec moi, au nom du gouvernement, une minute de silence à la mémoire de nos compatriotes qui ont perdu la vie lors de ce douloureux événement. »

Puis il a insisté sur l’option de relocalisation prévue par l’État :

« Je viens d’entendre, dans la déclaration du porte-parole des sinistrés, que la population d’Iganda souhaite rejoindre le site de l’éboulement. J’ai déjà dit dans mon discours qu’un site est déjà réservé et en cours d’aménagement par le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat.
Chacune des familles bénéficiera d’un titre foncier. Ne retournez plus sur ce site. Il est sous surveillance sécuritaire. Je vous demande d’observer de la patience. Cela fait huit mois, observez de la patience. L’État ne vous abandonne pas. »

Christine Finda Kamano
622716906

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