Xi’an, la ville de l’armée de terre cuite, est un modèle de tourisme historique et si la Guinée s’en inspirait pour valoriser son propre patrimoine ?

il y a 3 heures 19
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Et si Niani, Timbo, Dabola et Labé devenaient les nouveaux Xi’an de l’Afrique de l’Ouest ? Le pari du tourisme historique ».

Située au centre de la Chine, Xi’an compte plus de 3 100 ans d’histoire. Capitale sous les dynasties Qin (221–210 av. J.-C.) et Han (202 av. J.-C.–220), elle abrite aujourd’hui 13 millions d’habitants et reste la capitale de la province du Shaanxi. Son originalité ? Une forte présence musulmane, héritée de son rôle de terminus de la route de la soie. Entourée d’un rempart préservé, la vieille ville de Xi’an conserve les traces de son passé impérial.

Le quartier musulman, avec ses sept mosquées dont la célèbre Grande Mosquée, illustre ce mélange unique d’influences. Construite sous la dynastie Tang, cette mosquée, rénovée au fil des siècles, allie styles islamique et chinois. À proximité, un dédale de ruelles regorge de restaurants halal et de boutiques, témoignages vivants de cette histoire pluriséculaire.

Mais l’attraction phare de Xi’an reste le mausolée de l’empereur Qin, célèbre pour son armée de terre cuite : 6 000 guerriers et chevaux grandeur nature, vieilles de 2 000 ans. Découvertes en 1974 par des paysans creusant un puits, ces sculptures sont aujourd’hui un site historique majeur, attirant des millions de visiteurs et générant des milliards de dollars de revenus touristiques. La gestion de ce site repose sur une entité administrative autonome, chargée de sa préservation, de son développement et de son exploitation, un modèle qui a fait ses preuves.

Xi’an vue du monastère. Crédit photo Boubacar Caba

 

 

Xi’an vue du monastère. Crédit photo Boubacar Caba

 

Comme toutes les grandes villes chinoises, Xi’an s’est modernisée : un métro de 16 lignes (422 km), un aéroport international parmi les plus grands du nord-ouest de la Chine (50 millions de passagers par an), et des gares reliées au réseau ferroviaire à grande vitesse. Ces infrastructures soutiennent une économie dynamique, alliant haute technologie, aviation, recherche scientifique et tourisme.

La leçon pour la Guinée ? L’histoire peut devenir une ressource touristique majeure.

Parmi les nombreux sites historiques guinéens – ruines de Niani, case de couronnement des Almamy de Foungoumba à Dabola, la Case des hôtes, les tombes sacrées d’Almamy Ibrahima Sory Sambégou à Timbo, le port de Boké (ancien comptoir négrier), la case de Samory à Kérouané, les forêts sacrées de N’Zérékoré, la source bénite de Thierno Aliou « Bhoubha Diyan » à Labé –, le Camp Boiro de Conakry actuel Camp Camayenne,  etc … plusieurs se distinguent par leur signification historique exceptionnelle.

Ruines de Niani – Crédit Władysław Filipowiak

 

Les ruines de Niani, considérées comme l’une des capitales de l’Empire du Mali, fondé par Soundiata Keïta au XIIIe siècle, offrent un patrimoine archéologique comparable à celui de Xi’an. Une mission archéologique dirigée par le polonais Władysław Filipowiak et la professeure feu Hadja Aminatou Bah – Diallo avait procédé à l’excavation et à l’étiquettage des ruines de Niani. Ces travaux peuvent devenir un point de départ pour une éventuelle reprise d’un projet touristique historique en Guinée.

La case de Foungoumba à Dabola et la source « Bhoubha Diyan » à Labé sont également des sites emblématiques, porteurs d’une forte charge symbolique et spirituelle.

La première étape pour valoriser ces sites serait de créer une entité administrative autonome, inspirée du modèle du mausolée de l’empereur Qin à Xi’an. Cette structure aurait pour mission de préserver, développer et exploiter les sites, en garantissant une gestion professionnelle et pérenne, à l’abri des interférences politiques. Pour y parvenir, la diaspora régionale et internationale, l’UNESCO, les autorités locales et les services de tourisme pourraient accompagner sa création.

Le chantier prioritaire consisterait en le recrutement de spécialistes internationaux disposant d’une expérience prouvée en conservation et gestion de musées et sites historiques naturels, ainsi que la mise en place d’un budget adéquat de démarrage. Pour mobiliser efficacement la diaspora et les partenaires nationaux (industrie touristique) et internationaux, il faudra réaliser une étude de faisabilité s’inspirant des grands parcs historiques, promouvoir le projet auprès des entités concernées et obtenir un soutien prioritaire du gouvernement guinéen.

À Timbo, ancienne capitale du Fouta Djallon, les vestiges de la Grande Mosquée et les sépultures des almamys attirent les visiteurs en quête d’inspiration culturelle et spirituelle. Ce site, symbole de la résistance peule, pourrait devenir un pôle touristique régional.

L’aménagement de ces sites nécessite une planification rigoureuse, des compétences locales et une gestion autonome. Des modèles existent, il suffit de s’en inspirer.

Alors, pourquoi ne pas imaginer « Simandou 2040 : quand les Guinéens redécouvrent leur histoire à travers les nouveaux parcs historiques » dès 2030 ?

 

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