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Le Secrétaire général à la Présidence chargé des Services spéciaux et de la lutte contre le crime organisé a présenté, ce lundi 20 avril, deux présumés trafiquants de cocaïne dans ses locaux à Kaloum.

La première quantité de 10 kilogrammes de cocaïne a été saisie sur un expatrié français de 29 ans, qui se serait soustrait à la justice de Dubaï. La seconde saisie, d’un kilogramme, a été opérée à Kamsar.
Bien que les deux affaires soient distinctes, les mis en cause sont poursuivis pour trafic de drogue, entrave à la saisine de la justice et complicité, faits prévus et punis par les dispositions des articles 819, 708 et 20 du Code pénal.
Les circonstances de l’interpellation de Wassim Boultif
Devant la presse, le commissaire principal de police Soropogui Foromo, chef des divisions à la Direction centrale de la lutte contre le crime organisé, s’exprimant au nom de sa hiérarchie avec l’approbation du procureur, est revenu sur les circonstances de l’interpellation.
« Le nommé Wassim Boultif, porteur d’un passeport français mais d’origine algérienne, pris en filature par nos hommes, a été interpellé le 3 avril 2026 à 15 heures à l’aéroport, porteur de cocaïne », a-t-il rappelé.
Selon ce responsable, le téléphone du suspect contenait plusieurs indices concordants.
« Des images vidéo de l’emballage de la drogue ici présente, des photos, des messages écrits et vocaux ainsi que des traces de transactions financières. Tous ces éléments plaident en faveur de la transaction. Nous avons la valise visible dans la vidéo ainsi que les instruments utilisés pour l’emballage. Ces preuves ont conduit le suspect à reconnaître que la drogue a transité par sa chambre à Kipé avant d’être transportée à l’aéroport, tout en affirmant qu’elle ne lui appartient pas », a-t-il expliqué.
Des preuves numériques effacées, mais des éléments matériels maintenus
À en croire le commissaire principal, le refus du suspect de répondre aux appels de son organisation aurait entraîné la suppression des données de son téléphone.
« Le trafiquant oublie qu’il était suivi par nos services durant les 72 heures précédant son interpellation. Son refus catégorique de répondre aux appels émis par son organisation, située entre Dubaï, la France et la Guinée, a alerté ses membres, qui ont fini par réinitialiser son téléphone », a-t-il indiqué.
Malgré cette disparition des preuves numériques, les autorités assurent détenir l’essentiel : « L’élément matériel le plus important reste la saisie de la drogue, qui n’a pas disparu et se trouve devant vous. Par ailleurs, ce suspect s’était déjà soustrait à la justice de Dubaï alors qu’il était sous contrôle judiciaire », a-t-il précisé.
Une seconde interpellation à Kamsar
Dans le cadre de la seconde affaire, une équipe s’est rendue à Kamsar, conduisant à l’interpellation de Younoussa Bangoura.
« Il a été arrêté en flagrant délit, porteur d’un kilogramme de cocaïne dissimulé sous sa jaquette. Interrogé, il a dénoncé le nommé Yoy Keïta comme étant son fournisseur, lequel a été interpellé du côté de Boké. D’autres complices, déjà identifiés, sont en cavale et activement recherchés », a indiqué une source sécuritaire.
Le nommé Younoussa Bangoura a reconnu sans ambages les faits mis à sa charge lors des enquêtes de police et à sa présentation devant la presse.
La ligne de défense de Wassim Boultif
De son côté, Wassim Boultif reconnaît être propriétaire des 9 500 dollars américains, mais nie en bloc toute implication dans le trafic de cocaïne. Il affirme s’être rendu à l’aéroport pour un projet d’exportation de pâte d’arachide.
« Je me suis rendu à l’aéroport pour voir mon contact à la SOGEAC, nommé Mounir, afin d’obtenir une cotation. Une société en France a lancé un appel d’offres pour de la pâte d’arachide en provenance de la Guinée, et j’y ai répondu. J’ai toutes les preuves que j’ai déjà effectué une exportation en février avec Elitergo », a-t-il déclaré.
Il insiste sur son innocence : « J’ai été piégé et j’ai toutes les preuves. On ne m’a pas donné la parole jusqu’à maintenant. L’argent, c’est pour payer l’exportation. La drogue n’a jamais été saisie sur moi ni dans mon appartement. Une autre personne portait le carton à l’aéroport à côté de moi. Les enquêtes n’ont rien prouvé. Il n’y a aucun élément établissant un lien entre moi et cette drogue. Je ne suis pas un narcotrafiquant ».
Vers des poursuites judiciaires
Ces deux présumés trafiquants de cocaïne seront déférés devant les juridictions compétentes pour répondre de leurs actes.
Le nommé Younoussa Bangoura sera traduit devant le tribunal de Boké. Quant à Wassim Boultif, son dossier sera orienté vers le parquet de Kaloum, notamment en raison d’éléments liés à une possible cybercriminalité, en lien avec la réinitialisation de son téléphone.
Mamadou Yaya BARRY
L’article Trafic de cocaïne- Un Guinéen et un Franco-Algérien présentés avec 11 kg et 9 500 $ : « J’ai été piégé », clame Wassim Boultif. est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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