Conakry : deux présumés trafiquants de cocaïne, dont un franco-algérien et un guinéen, présentés à la presse avec 11 kg de drogue et 9 500 $ 

il y a 2 heures 17
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Le Secrétaire Général à la Présidence, chargé des Services spéciaux et de la Lutte contre le crime organisé, a présenté ce lundi 20 avril deux présumés trafiquants de cocaïne dans ses locaux à Kaloum.

La première quantité de 10 kilogrammes de cocaïne a été saisie sur un expatrié français de 29 ans, qui se serait soustrait à la justice de Dubaï. La seconde saisie d’un kilogramme a été opérée à Kamsar.

Bien que les deux affaires soient distinctes, les suspects sont tous poursuivis pour trafic de drogue, entrave à l’action de la justice et complicité, faits prévus et punis par les dispositions des articles 819, 708 et 20 du Code pénal.
Devant la presse, le commissaire principal de police Soropogui Foromo, chef des divisions à la Direction centrale de la lutte contre le crime organisé, qui s’est exprimé au nom de sa hiérarchie avec l’approbation du procureur, est revenu sur les circonstances de l’interpellation :

« Le nommé Wassim Boultif, porteur d’un passeport français mais d’origine algérienne, pris en filature par nos hommes, a été interpellé le 3 avril 2026 à 15h à l’aéroport, porteur de cocaïne », a-t-il rappelé.

Selon ce responsable de la lutte contre la drogue et le crime organisé, le téléphone du présumé trafiquant contenait plusieurs indices concordants, à savoir :

« Les images vidéo de l’emballage de la drogue ici présente, les photos, les messages écrits et vocaux et la transaction financière. Tous ces éléments étaient en faveur de la transaction de cette drogue. Nous avons la valise visible dans la vidéo, ainsi que les instruments utilisés pour emballer la drogue. La découverte de ces preuves complémentaires a poussé le suspect à reconnaître que la drogue a transité par sa chambre à Kipé avant d’être transportée à l’aéroport, mais qu’elle ne lui appartient pas », a-t-il expliqué.

À en croire ce commissaire principal de police, à la suite de son refus de décrocher les appels de son organisation, celle-ci serait parvenue à faire disparaître toutes les données de son téléphone :

« Le trafiquant oublie qu’il était suivi par nos services durant les 72 heures précédant son interpellation. Le fait remarquable est que son refus catégorique de répondre aux appels émis par son organisation située à Dubaï, en France et même en Guinée a alerté ces derniers, qui ont fini par réinitialiser son téléphone. Nous avons ainsi assisté à la disparition spectaculaire de ces images, mais ce qui est le plus important demeure », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, le commissaire principal de police a rassuré que, malgré la disparition des preuves dans le téléphone, l’essentiel demeure entre leurs mains :

« L’élément matériel le plus important ici, c’est la saisie de la drogue, et cette drogue est bien présente devant vous. Par ailleurs, il convient de noter que, dans ses antécédents judiciaires, ce monsieur vient de se soustraire à la justice de Dubaï alors qu’il était placé sous contrôle judiciaire. »

Poursuivant, la porte-parole de circonstance de cette unité en charge de la lutte contre le crime organisé a indiqué qu’à travers une source sûre et bien introduite, une équipe s’est rendue à Kamsar, conduisant à l’interpellation de Younoussa Bangura.

« Sous la conduite de la source, l’équipe a procédé à l’interpellation du nommé Younoussa Bangura en flagrant délit, porteur d’un kilogramme de cocaïne dissimulé sous sa jaquette. Interrogé, il a dénoncé le nommé Yoy Keïta comme étant son fournisseur. Ce dernier a été interpellé aussitôt du côté de Boké. D’autres complices en cavale déjà identifiés font l’objet de recherches par nos services. »

Si Younoussa Bangura a reconnu sans ambages les faits qui lui sont reprochés lors des enquêtes de police et devant la presse, de son côté, Wassim Boultif, de nationalité française, a reconnu l’appartenance des 9 500 dollars américains et nié en bloc être impliqué dans la cocaïne. Il déclare s’être rendu à l’aéroport dans le but d’exporter de la pâte d’arachide, une opération qu’il aurait déjà effectuée au mois de février :

« Je me suis rendu à l’aéroport pour voir mon contact à la SOGEAC, pour le cargo, qui s’appelle Mounir. Je suis allé là-bas pour faire une cotation, c’est-à-dire qu’une société en France a lancé un appel d’offres pour de la pâte d’arachide en provenance de la Guinée. J’ai répondu à cet appel. J’ai toutes les preuves que j’ai déjà effectué une exportation en février avec Elitergo. Je suis allé à l’aéroport pour une exportation de pâte d’arachide. »

À en croire ce présumé narcotrafiquant : « J’ai été piégé et j’ai toutes les preuves. On ne m’a pas donné la parole jusqu’à maintenant, c’est pour ça qu’aujourd’hui je me permets de parler. L’argent est destiné à payer l’exportation. La drogue n’a jamais été saisie sur moi. Il y a une personne qui a été interpellée, qui portait le carton à l’aéroport à côté de moi. On n’a saisi ni drogue sur moi, ni dans mon appartement. Les enquêtes n’ont rien prouvé. Aucune autre personne n’a été arrêtée après moi. Il n’y a eu aucune autre saisie. […] Quand on est narco, il y a un profil. Je n’ai pas ce profil. J’ai un bac+3. On ne m’a jamais donné la parole jusqu’à maintenant. On verra sur les caméras de l’aéroport que je n’ai rien à voir avec ce colis. Rien ne prouve mon lien avec une quelconque drogue. Je ne suis pas narco », a-t-il clamé.

Enfin, les deux présumés trafiquants de cocaïne seront déférés devant les parquets compétents pour répondre de leurs actes. Younoussa Bangura sera traduit devant le tribunal de Boké, tandis que Wassim Boultif, au regard de la particularité de certains indices, notamment la réinitialisation suspecte de son téléphone assimilée à de la cybercriminalité, verra son dossier orienté vers le parquet de Kaloum.

Mamadou Yaya Barry

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