Transport public en Guinée : le pari du privé pour sauver les bus de l’État

il y a 2 heures 12
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La relance du transport public en Guinée entre dans une phase décisive. Face aux critiques et aux attentes pressantes des citoyens, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a apporté des clarifications sur les retards enregistrés et les solutions envisagées pour assurer la viabilité du système.

Aux dires du ministre, des bus ont été acquis et sont déjà sur place. Un second lot est attendu dans les prochains jours, tout comme les 300 taxis annoncés, dont l’arrivée est prévue avant la fin du mois de février. Mais leur mise en circulation se heurte à une réalité structurelle : l’état dégradé du réseau routier et l’absence d’infrastructures adaptées.

« Lorsqu’on met des bus en circulation, il faut que le citoyen sache où ils s’arrêtent », a insisté le ministre. Ainsi, la reconstruction des abris et arrêts de bus est en cours. Une centaine d’installations devrait être opérationnelle d’ici fin mars, notamment dans des zones comme Madina. Il a fallu les concevoir, les commander et lancer leur fabrication, ce qui explique les délais observés, selon le porte-parole du gouvernement.

Parallèlement, la réhabilitation du dépôt de Matoto doit démarrer ce mois-ci, avec un objectif d’achèvement sous trois mois. Un autre site est également en étude afin de renforcer la logistique du dispositif.

Au-delà des infrastructures, le véritable défi est celui de la gestion. Le gouvernement exclut catégoriquement une administration directe par l’État.

« Nous ne voulons plus d’une gestion étatique des bus », a affirmé le porte-parole, non sans rappeler les expériences passées marquées par des exonérations généralisées et un effondrement financier des sociétés publiques.

Selon lui, lorsque l’on décrète que les élèves, les étudiants, les fonctionnaires ou les militaires ne paient pas, la structure finit par s’écrouler sous les charges. « Si l’État décide qu’un étudiant ne doit payer que 50 %, alors il doit lui verser les 50 % restants. Mais tout le monde doit payer son ticket », a-t-il indiqué.

Pour garantir la pérennité du système, un appel d’offres public sera lancé fin février afin de recruter une société privée de gestion. L’État se positionnera en soutien et en régulateur, mais laissera l’exploitation au secteur privé.

À défaut de candidat satisfaisant, une solution transitoire est envisagée : la création d’une nouvelle société de transport sous tutelle ministérielle, qui confierait la gestion opérationnelle à un partenaire subventionné.

Pour Ousmane Gaoual Diallo, le programme ne concerne pas uniquement le transport urbain. Une trentaine de bus interurbains figure également dans le lot attendu. Là encore, la gestion pourrait être confiée à la même entreprise ou à d’autres opérateurs spécialisés.

Cette orientation vers des partenariats public-privé s’étend au secteur aérien. Le gouvernement annonce des avancées significatives pour la relance d’une compagnie nationale, avec l’arrivée prochaine des premiers avions. Là aussi, l’État sera actionnaire, mais la gestion sera assurée par des privés.

L’objectif est d’éviter la mauvaise gouvernance qui a marqué certaines expériences passées et instaurer un modèle durable, fondé sur la rigueur financière et la performance.

À travers cette réforme, l’exécutif veut rompre avec les pratiques antérieures et poser les bases d’un système de transport moderne et viable. Entre réhabilitation des infrastructures, mécanismes de subvention ciblés et appel au secteur privé, le gouvernement parie sur un modèle hybride pour redonner confiance aux usagers.

Les prochains mois seront déterminants. Mars-avril pourrait marquer le véritable démarrage d’un nouveau chapitre pour le transport public en Guinée.

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