PLACEZ VOS PRODUITS ICI
CONTACTEZ [email protected]

Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 25 février 2026, l’ancien président du Bloc Libéral (BL), Faya Millimouno, candidat malheureux à la présidentielle du 28 décembre 2025, a exprimé de vives préoccupations concernant le processus de transformation du mouvement la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) — qui a soutenu la candidature de Mamadi Doumbouya — en parti politique, en prélude aux élections communales et législatives.
Selon Faya Millimouno, cette initiative révèle des pratiques héritées d’anciennes époques ayant freiné le développement démocratique du pays. Il met en garde contre la création d’un parti État et dénonce ce qu’il considère comme une gestion incontrôlée des ressources par l’administration centrale.
« Chaque fois que le pouvoir se concentre sans contre-pouvoir, la démocratie recule. Et c’est ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui. Chaque fois que l’État se confond avec un parti, la République s’affaiblit. Aujourd’hui, nous nous trouvons devant des signaux très préoccupants et qui ne devaient laisser aucun Guinéen indifférent », a-t-il déclaré.
L’ancien président du BL estime que la mission confiée au Premier ministre Bah Oury, consistant à élargir la GMD, contribue à cette dérive. « L’État semble vouloir créer son propre parti au risque de confondre l’administration et l’organisation politique. Chacun de nous suit le Premier ministre qui reçoit le mandat du président de créer un parti qui s’apparente à un parti-État », a-t-il affirmé.
Faya Millimouno dénonce également la perte de neutralité de l’administration publique et le rétrécissement de l’espace civique. « Dangereusement, les partis sont suspendus, les médias sont fermés, les manifestations sont interdites, etc. L’élection est en train de devenir un simple rituel de confirmation », a-t-il ajouté.
Pour lui, la consolidation démocratique est une « exigence nationale » et non un slogan. « Ne pas confondre dans notre pays, comme ce fut le cas par le passé, l’unité nationale et l’uniformité politique. Ce sont deux choses complètement différentes et diamétralement opposées. L’unité nationale est sacrée, mais l’uniformité politique est dangereuse », a-t-il insisté.
Il souligne également l’importance d’institutions neutres pour garantir l’unité nationale. « Lorsque l’opposition est présentée comme une menace, la liberté recule. Lorsque la critique est assimilée à la trahison, la République s’érosionne. L’unité doit être garantie par des institutions de la République neutres. Par exemple, par une justice équitable et indépendante, une administration impartiale des forces de défense et de sécurité républicaines. Pas par un parti politique, comme on veut nous le faire croire. Il faut séparer clairement l’État du parti. La Guinée est passée par là. Nous n’étions plus enfants. Lorsqu’on est allé du parti unique au parti État, cela a conduit à des dérives qui ont fait fuir l’élite de ce pays. »
Selon Faya Millimouno, cette confusion entre État et parti menace la démocratie. « Il y a beaucoup qui sont là aujourd’hui, qui prennent des actions sans se rappeler les raisons profondes pour lesquelles tant de Guinéens sont nés, pas sur le territoire national d’ailleurs. C’est extrêmement important. Il faut donc séparer l’État du parti. La démocratie meurt quand l’administration devient une extension d’un camp politique. »
Il appelle à une stricte interdiction de l’utilisation des moyens de l’État à des fins politiques et à une neutralité obligatoire des agents publics. « Parce que c’est le seul agenda du gouvernement de M. Bah Oury, la construction d’un parti État. Il faut bien se poser la question. Ces fonds qu’il est en train d’utiliser proviennent d’où ? Il nous faut une neutralité obligatoire des gouverneurs, des préfets, des ministres et des autres administrateurs. Il faut la traçabilité du financement des activités politiques dans notre pays. Et il faut une protection statutaire renforcée des agents publics. Parce que les agents publics ne sont pas suffisamment protégés, ils sont menacés à aller obligatoirement vers un parti État », a-t-il averti.
« Ceux qui sont dans l’administration publique ont un devoir de neutralité dans le jeu politique. Un État impartial protège tous les citoyens. En revanche, un État partisan fragilise tout le monde. Aujourd’hui, les Guinéens sont en train, de façon vertigineuse, de se fragiliser. Il nous faut faire de l’élection une vraie compétition », a-t-il conclu.
L’article Transformation de la GMD en parti politique : Faya Millimouno alerte sur le risque d’un parti État est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
.png)
il y a 2 heures
12

















English (US) ·