« Tant que le gouvernement est disposé à discuter, il n’est pas question de déclencher une grève » : le SLECG se désolidarise du SNE

il y a 3 heures 24
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Les syndicats de l’éducation se sont réunis ce jeudi 9 avril 2026, au siège du SLECG à Conakry. Objectif : informer les enseignants sur le protocole d’accord signé avec le gouvernement et faire le point sur les négociations. Cette rencontre intervient alors que le Syndicat national de l’éducation (SNE), dirigé par Pépé Balamou, menace d’aller en grève.

Le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), accompagné du SNEFAC, de la FSPE et de plusieurs coordinations communales, a mobilisé ses membres pour cette assemblée générale. Dès l’ouverture, le président du SLECG, Aboubacar Soumah, a expliqué la démarche.

« Nous avons convié les adhérents à cette assemblée pour leur donner les vraies informations, afin que tous les enseignants soient au même niveau que nous sur le protocole d’accord et l’évolution des négociations suspendues depuis décembre. Il s’agit aussi de faire le compte rendu de l’application du protocole signé le 3 décembre et de prendre des mesures pour une éventuelle reprise des négociations. Les discussions devaient reprendre en février autour du statut particulier de l’éducation, point central de l’intersyndicat. Mais le CNDS a demandé d’accorder 100 jours au nouveau gouvernement pour s’installer après l’élection du 28 décembre. Nous avons respecté cet engagement, et ce délai arrive à expiration le 10 avril. Nous avons donc jugé utile de rencontrer nos camarades pour leur donner des explications et éviter toute manipulation, surtout face à certaines accusations. Nous sommes respectueux des règles, de la loi et des textes qui régissent nos relations avec le gouvernement », a-t-il déclaré.

Malgré l’impatience perceptible à la base, le SLECG privilégie pour l’heure la voie du dialogue, excluant toute grève immédiate.

« Ce n’est pas le moment de lancer la grève. Il faut faire comprendre au gouvernement que le délai est arrivé à expiration et qu’il faut relancer les négociations. Si cela ne se fait pas dans les jours ou semaines à venir, nous convoquerons une autre assemblée générale pour décider des dispositions à prendre. Pour le moment, ce n’est pas le cas », a-t-il lancé.

Face aux critiques et accusations de corruption venant de certains camps syndicaux, Aboubacar Soumah se veut ferme, tout en appelant à la responsabilité.

« On ne peut pas nous parler de corruption. Nous sommes en négociation et on ne quitte pas une table de dialogue tant que les voies de recours ne sont pas épuisées. Tant que le gouvernement est disposé à discuter, il n’est pas question de déclencher une grève », a martelé le président du SLECG.

Dans la même dynamique, la secrétaire générale du SLECG, Dame Kadiatou Bah, a tenu à préciser le sens de cette assemblée générale.

« Cette assemblée générale ne signifie pas faire une déclaration. C’est une assemblée générale de compte rendu, d’informations élargies et de perspectives par rapport au suivi du protocole d’accord signé avec le gouvernement le 3 janvier 2026. Il était question de mettre en place des commissions pour travailler sur les points obtenus lors des négociations. Nous sommes des syndicalistes responsables. Le moment venu, nous passerons par les procédures pour faire entendre notre voix. Mais pour l’instant, nous attendons des avancées à travers le Conseil national du dialogue social. Sinon, nous utiliserons notre arme ultime : la grève », a-t-elle fait savoir.

Prenant la parole, Ibrahima Sorel Camara, coordinateur à la base et secrétaire général communal de Matoto, a clarifié la position de la FSPE.

Ibrahima Sorel Camara, coordinateur à la base et secrétaire général communal de Matoto

« Nous sommes là à l’invitation de l’intersyndicat pour suivre les explications, car nous suivons de près les négociations. Mais au regard de la situation actuelle et de ce que notre secrétaire général Salif Camara a subi, la FSPE, à la base, ne suit pas ce mot d’ordre de grève. Nous n’allons pas répondre à l’invitation d’une structure que nous jugeons non élue et non légale. Dans un syndicat, les responsables sont issus d’un congrès, pas d’une nomination. Après concertation avec les responsables à la base, nous avons décidé de ne pas répondre à l’invitation à la Bourse du travail, car cela ne reflète pas un consensus des enseignants. À la base, nous reconnaissons Salif Camara comme secrétaire général. Il reste le responsable légal et légitime de la FSPE », a-t-il déclaré.

Mariama Barry pour Guineematin.com

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