Alphonse Charles Wright avertit: « Je viens pour terminer dans la légalité ce que j’ai commencé »

il y a 3 heures 13
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Nommé le 07 avril 2026, Alphonse Charles Wright a pris fonctions ce jeudi 09 avril 2026 à la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières la CRIEF. Lors de son intervention, le nouveau procureur spécial a affiché sa détermination à poursuivre la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics, déclarant vouloir mener à bien sa mission dans la stricte légalité.

Ci-dessous l’intégralité du discours du nouveau Procureur Spécial de la CRIEF :

« Lorsqu’un magistrat est nommé, vous avez trois intervenants. Vous avez le garde des Sceaux qui a le pouvoir de proposition. Vous avez le Conseil supérieur de la magistrature. Mais le tout couronné par celui qui a le dernier mot, c’est Monsieur le président de la République. Vous savez pourquoi je n’ai pas dit son nom quand j’entamais ma fonction en tant que premier président. Je n’ai pas trop voulu parler de lui parce que je me dis qu’il n’a pas besoin de ça. Mais aujourd’hui, vous allez me permettre, lors de cette passation, puisque je suis procureur spécial entrant, de ne pas observer le même silence que j’avais fait la fois dernière. Ah oui. Ah oui. Cette tradition-là, je la mets derrière moi. J’aborde désormais cette fonction parquetière. Vous savez, le parquet avant était considéré comme étant les hommes du roi. Ils étaient au service du roi, les parquetiers. Ils venaient défendre l’intérêt du royaume. À un moment donné, on a dit : Il faut que vous cessiez d’être les hommes du roi pour devenir les hommes de la société. C’est pourquoi, quand vous êtes parquetiers, vous défendez l’intérêt supérieur de la société. Alors.

Monsieur le procureur spécial sortant. J’ai été de toute la réforme de la justice. Je vous ai vu à l’œuvre. Aucune œuvre humaine n’est parfaite. La perfection appartient à Dieu. Mais quand on refuse d’admettre et de reconnaître ses erreurs, on est appelé à les perpétrer. Si vous ne croyez pas à vos convictions, rien ne changera autour de vous, disait quelqu’un. Voltaire va rajouter qu’il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va. Quand le vent veut nous envoyer au nord, vous dites : Non, je vais aller au sud, vous perdez le temps. Je vais dire deux mots, pas plus, parce que je ne vous retiendrai pas longtemps. Il y a un numéro vert désormais qui est disponible à partir de l’instant T, que vous devriez noter. Il y a le six cent vingt-sept quatre-vingt-dix-sept dix-sept qui est le numéro du Parquet spécial mis à votre disposition. Pourquoi ? Pourquoi ce numéro ? Le six cent vingt-sept quatre-vingt-dix-sept dix-sept. Notez ça très bien parce que il est important que ce que je vais dire par la suite peut surprendre. Mais peu importe, les jours à venir, nous donnerons raison ou dirons le contraire. La corruption, c’est un poison qui a beaucoup d’adeptes. Une pratique qui peut venir d’une seule personne qu’on appelle corrupteur ou d’une autre personne qu’on appelle corrompue ou des deux. Monsieur l’inspecteur. C’est dans toutes les maisons. La justice, l’administration publique, l’administration privée. Vu sa dangerosité et ses effets néfastes sur le développement des États, la loi sur la détection, la prévention et la répression des infractions a mis le curseur pour dire ceci : Que la loi sur la détection, la prévention, la répression de la corruption et les infractions assimilées en République de Guinée s’applique à tout agent public. Article 7 : À quelque degré que ce soit, que cet agent public ait bénéficié d’un mandat électif. Un bénéficiaire d’une délégation de pouvoir que cette loi sur la détection doit s’appliquer dans toute sa rigueur. Vous êtes inspecteur. Ne soyez pas surpris. Très surpris. Parfois, comme les gens ont dit, on dit l’imprévisible. Or qu’il n’y a pas d’improvisation dans ce que je fais, moi. Je sais où je veux aller, où je vais piloter, orienter les choses et que ça soit clair dans la tête de tout le monde. À un moment donné, en deux mille vingt-et-un, le Président de la République a pris sa responsabilité en mettant en place une juridiction d’exception : la CRIEF. Dans tous les pays du monde, vous prenez le cas du continent africain, je prends le Bénin, je prends ici le Sénégal. Ils n’ont rien qui soit plus que nous, les Guinéens. Ils n’ont rien. Nous avons nos ressources ici, nous avons notre ciment nous, nous avons tout. Mais le mal est où ? D’abord, dans ma propre maison de justice. Pour obtenir une décision de justice parfois, vous êtes obligé de payer. Ne soyez pas surpris que des ministres passent à la CRIEF. [rires] [applaudissements] Oui. Il ne faut pas qu’on soit étonné. Ne soyez pas étonné demain qu’un ministre actuel dans le gouvernement puisse passer devant la CRIEF. [applaudissements] Ne pensez pas, s’il vous plaît, s’il vous plaît, je vous prie s’il vous plaît, je vous prie de vous réserver à acclamer, s’il vous plaît. Pour l’amour du ciel, s’il vous plaît. Ne soyez pas surpris demain, quelle que soit la personne, qu’on vient vous dire : Oui, il est revenu encore, il a commencé. Au fait, je n’ai pas commencé. Je viens pour terminer dans la légalité ce que j’ai commencé. Vous n’êtes pas surpris, puisque parfois dans la cité, on parle de la chasse aux sorcières. Si le sorcier mange quelqu’un, il faut aller lui prendre pour lui dire ce qu’il a mangé. Le doute n’a pas sa place. Quel que soit ce que nous voulons pour notre pays. On est sorti de la transition, on est dans la phase de développement. Est-ce qu’on peut développer un pays alors que ci et là-bas, il y a la corruption ? À partir de là, je lance un appel à tous les collègues magistrats. Celui qui est là, il est ministre, il est magistrat. Nous sommes magistrats. Qu’on ne pense pas que la loi, c’est de l’autre côté. J’ai promis et je le réaliserai, que à partir du lundi, je déposerai ma déclaration de biens au niveau du greffe que j’occupe. Parce que la loi sur la détection dit que les présidents de juridiction doivent faire la déclaration de leurs biens au niveau du greffe de leur juridiction. Je me soumettrai à ça demain. Personne ne sera épargné. Qu’on ne me dise pas : Non, ça se doit pas, non. J’ai commencé, pardon. Vous m’avez vu, j’ai comparu devant les juridictions ici en tant que ministre. Par respect pour la loi. La loi, elle est plus forte que nous tous. Nul n’est au-dessus. Quand nous donnons des exemples, le reste va suivre. Chacun doit se prêter à ça. Oui, nous, nous dirigeons les dossiers, il faut qu’on le fasse. Il faut au-delà de nous, des magistrats. Le premier responsable de ce pays, le président de la République, il est parti, il s’est déplacé, il a fait la déclaration de ses biens. Ça va épargner quel ministre de la République ? Au niveau des officiers de police judiciaire, j’ai été très clair et je vais être clair ici. Au niveau de la gendarmerie, on a un, on a une direction centrale des investigations. Il n’y a pas deux commandants dans un même bateau, il n’y a pas plusieurs centres d’intérêt et de commandement. Vous n’avez d’ordre à recevoir que de la justice. Ah non, mon commandant, il ne veut pas déférer. Vous n’êtes pas sous l’autorité de votre commandant. Vous ramenez les dossiers qui ont une tendance de criminalité rentrant dans la compétence de la CRIEF. Les dossiers qui ont été classés sans suite. Ces dossiers-là seront revus. Ne dites pas que non. Oui, il est venu. L’affaire a été jugée pour ceci ou cela. Toutes les personnes qui ont été poursuivies par la clameur publique en République de Guinée pour des faits de corruption en République de Guinée ont été blanchies. Moi, je respecte l’indépendance du juge. Mais dans l’intérêt de la loi, nous réexaminerons tous ces éléments. S’il y a des faits nouveaux de nature à engager l’action publique dans l’intérêt de la société guinéenne, je n’hésiterai pas. Qu’on ne vient pas dire : Oui, nous, on a été blanchis, nous marchons avec ça. La loi dit Si une décision de justice est rendue et qu’il y ait des faits nouveaux de nature à engager la responsabilité des personnes, ces faits nouveaux sont constitutifs d’éléments déclencheurs de l’action publique. Ce n’est pas traduisible de la loi. Mais je vous le dis ici parce qu’à partir d’aujourd’hui, vous ne m’entendrez plus. J’avais promis ici quand je venais que mon dernier discours officiel, je n’ai jamais parlé. Quand j’ai fini de parler aujourd’hui, vous ne m’entendrez plus. C’est pourquoi je profite de même des personnes. Qu’on ne vient pas me dire non, c’est les mêmes dossiers qui sont en train d’être rejetés, non. Mais on va examiner cas par cas. Et je vais demander à tous les services qui ont des dossiers concernant la criminalité financière dans la République de Guinée, de les déposer sans délai, tout. Toute activité cessante. Même si vous dites que vous êtes là-dedans, il n’a pas comparu. Je vais inviter l’ORDEF, je vais inviter la direction centrale de déposer tout cela le lundi à mon bureau. Nous jouons avec l’avenir de nos propres enfants. Un franc détourné, c’est une femme enceinte qui décède à Kouroussa là-bas. Les marchés publics sont obtenus comment en Guinée ? Ces marchés publics-là, nous y reviendrons sous des injonctions qu’on a données. Heureusement, vous donnez l’injonction là-bas, on vous dit d’aller dans l’action. Ces marchés publics-là, on va y revoir tout. Oui. On va y revoir tout. Les marchés passés en Guinée depuis 2010. Ah, heureusement, en 2010, j’ai fait quand même deux ans, trois ans de pause. Je vais rajouter maintenant 2010, 2026. Je ne peux pas comprendre que dans la gouvernance et développement que nous voulons pour notre pays, que les gens essaient de manquer de respect à l’intelligence de monsieur le président de la République. On dit : Non, il n’a qu’à dire la justice est là, nous sommes. Nous, on couvrira le corrupteur, on va lui fatiguer dans ce pays-là. Au bout du compte, c’est lui qui va payer le prix. Le prix à payer, ce sont des délits financiers, pas le président de la République. On ne peut pas vouloir d’une chose et son contraire. Si nous voulons lutter contre la corruption, nous-mêmes, nous devrons éviter d’être corrompus. Un corrompu ne peut pas poursuivre un corrompu. Ce n’est pas possible. Vous êtes tous poursuivables »

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