Sékou Savané au Président Doumbouya: « Nous ne demandons ni courant ni eau ni goudron, seulement qu’on laisse notre terre vivre »

il y a 3 heures 18
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Le tribunal correctionnel de Siguiri exceptionnellement délocalisé à la Cour d’appel de Kankan a rendu son verdict vendredi dernier dans l’affaire des 17 jeunes interpellés le 17 février en marge d’une manifestation contre l’exploitation jugée illégale de machines Poclains à Siguiri. Le juge a renvoyé la majorité des prévenus des fins de la poursuite pour délits non constitués.

Par contre, Mamadi Sylla alias Top Sie a été condamné à six mois de prison, dont cinq avec sursis et à une amende de deux millions de francs guinéens. Il a été déclaré coupable de provocation à un attroupement non autorisé. Un second Mamadi Sylla a écopé de trois ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis et d’une amende de cinq millions de francs guinéens. Lui a été déclaré coupable de vol aggravé.

Initialement, tous étaient poursuivis pour participation à une manifestation non autorisée, attroupement illicite, destruction de biens, soustraction frauduleuse et troubles à l’ordre public. Seul Mamadi Sylla, alias Top Sie, a reconnu avoir appelé à une manifestation pacifique contre ce qu’il qualifie d’« exploitation sauvage ». Les autres prévenus ont nié les faits.

Cette décision judiciaire a suscité la colère de l’ancien parlementaire Sékou Savané. Intervenant chez des confrères basés dans la préfecture, le doyen de Kènè Mandén Niagassola a déclaré qu’il serait allé en prison aux côtés des jeunes s’il était plus jeune, estimant qu’ils ont été arrêtés pour une cause noble. Celle de la défense de leur préfecture.

Il assume le soutien qu’il leur apporte dans cette lutte, affirmant que 83 % des rivières et marigots de la préfecture seraient détruits et près de 50 % des terres dégradées par l’exploitation illégale de l’or.

L’ancien parlementaire a également dénoncé ce qu’il qualifie d’inaction des autorités face aux « criminels de l’environnement ». Il interpelle directement le président Mamadi Doumbouya : « Nous ne demandons ni courant, ni eau, ni goudron, seulement qu’on laisse notre terre vivre, à cause de Dieu », a-t-il lancé.

Sekou Diateya

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