Koloma 2 : un conflit autour d’une mosquée vire à l’affrontement

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Des obus de balles, des traces de jets de pierres, des briques brisées et une fenêtre en vitre endommagée. C’est le constat fait ce jeudi 7 mai 2026 dans une mosquée située à Koloma 2, théâtre d’un conflit foncier opposant des fidèles à des particuliers autour d’un espace présenté comme une extension du lieu de culte.

Sur place, la tension reste vive après les incidents survenus la veille. Des habitants dénoncent une intervention musclée et disent craindre une aggravation de la situation.

Rencontrée sur les lieux, Mamaïssata Bangoura, citoyenne du quartier, est revenue longuement sur l’origine du différend:«Hier, 10 corps habillés sont venus ici, tous encagoulés et armés. On a été menacés et ils ont fait des jets de gaz lacrymogènes et des tirs », affirme-t-elle.

Selon elle, le conflit est né il ya une année, après le lancement de travaux destinés à agrandir la mosquée afin d’accueillir davantage de fidèles, notamment les femmes.«La mosquée principale ne disposant pas suffisamment de place pour accueillir les fidèles musulmanes, après la construction de la mosquée à étage, nous avons entamé la deuxième partie », explique-t-elle.

Elle poursuit : « Nous avons commencé la suite de la mosquée, qui est aujourd’hui le lieu conflictuel, à l’aide des aumônes et du reste du matériel de la mosquée principale. C’est ainsi qu’il (Bah Sidy) est arrivé un jour après la prière en disant qu’il voulait nous aider et avoir la baraka en retour, donc qu’il allait achever la mosquée. Nous étions ravis, mais c’était un piège. »

Toujours selon Mamaïssata Bangoura, la situation se serait détériorée lorsque des compartiments auraient été construits sur le site.«Un jour, nous avons vu qu’il est venu diviser l’espace en compartiments et nous avons demandé pourquoi. C’est là qu’il a dit que le terrain lui appartenait. C’est de là qu’a débuté notre conflit », soutient-elle.

La citoyenne affirme également que plusieurs responsables religieux auraient été inquiétés dans cette affaire : «Depuis lors, on a commencé à emprisonner nos imams qui s’y opposaient. Au même moment, ses travailleurs continuaient les travaux. À partir de là, on a interdit les travaux », déclare-t-elle.

Elle indique par ailleurs qu’un certain « Lao » aurait ensuite été présenté comme acquéreur du domaine litigieux.

«C’est ainsi qu’il nous a dit qu’il avait vendu le lieu à Lao. Nous avons interdit à ce dernier aussi de rentrer vu que c’est la mosquée et nous lui avons dit qu’il avait été berné. Lao non plus n’a pas obtempéré», raconte-t-elle.

Selon ses explications, plusieurs démarches auraient été entreprises auprès des autorités locales:« Nous sommes allés à la commune. La commune nous a donné raison, en plus de trois commissariats et de l’Habitat. L’Habitat a demandé les papiers, mais il a dit qu’il avait oublié les dossiers. Le colonel Mansaré est intervenu à la faveur de notre imam », affirme-t-elle.

Mamaïssata Bangoura soutient également que le terrain concerné aurait autrefois servi à des services étatiques avant d’être restitué à la mosquée.

«Ce domaine était prêté à l’Habitat pour entreposer les ravitaillements, ensuite au commissariat. Aujourd’hui, l’État l’a rendu à la mosquée», dit-elle.

Au-delà du litige foncier, les habitants dénoncent désormais les conséquences sociales et religieuses du conflit:«Il y a eu des arrestations hier. Que l’État nous aide. Ce qui se passe est du jamais vu : on n’a plus de douche, plus de forage, plus de funérarium…Actuellement, on n’a plus où faire le bain funèbre. Si tu as un corps, tu ne le vois que pour la prière funèbre.Que l’Etat nous aide »

Notre tentative pour recouper les propos du mis en cause et ceuxde la présidente du conseil de quartier n’a pas abouti. Jointe par téléphone, Madame Souaré s’est abstenue de tout commentaire.

Mayi Cissé 

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