RGPH-4 : les autorités évoquent une avancée majeure pour la planification

il y a 2 heures 10
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 À l’occasion d’une cérémonie officielle, ce mercredi 26 février 2026, les autorités guinéennes ont présenté les résultats préliminaires du 4ème Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4).

Cette opération a permis de recenser les Guinéens établis sur le territoire national désormais estimé à 17 521 167 habitants.

Ces données permettront à l’État, qui a financé plus de la moitié du coût de l’opération, ainsi qu’à ses partenaires, d’être mieux outillés pour planifier efficacement les projets de développement social et économique.

Les résultats sont accompagnés d’une cartographie censitaire réalisée entre mars et décembre 2024. Celle-ci a consisté à subdiviser les zones d’habitation du pays en petites unités relativement homogènes, appelées zones de dénombrement (ZD). L’objectif était de permettre de mieux planifier le dénombrement principal, de faciliter l’identification des zones de travail sur le terrain et de délimiter avec précision les périmètres de collecte.

« Le RGPH4 s’inscrit pleinement dans la continuité des grandes étapes statistiques nationales de 1983 à 1996, de 2014, représentant une étape majeure dans le renforcement du système statistique national. Mais au-delà de cette continuité, cette édition marque une véritable rupture qualitative. Pour la première fois, notre pays a mobilisé de manière systématique les technologies numériques à toutes les étapes du processus, garantissant transparence, sécurité, rapidité et qualité des données produites. Pour la première fois également, les experts internationaux ont accompagné l’opération renforçant la crédibilité et la robustesse méthodologiques du processus. Et pour la première fois enfin, une enquête post-censitaire rigoureuse a permis d’évaluer systématiquement la couverture, la fiabilité et la qualité du dénombrement, conformément aux standards internationaux les plus exigeants », a dit d’entrée, le ministre du plan et de la coopération internationale, Ismaël Nabé.

Poursuivant son intervention, il a précisé que la volonté de la Guinée est « d’inscrire durablement sa gouvernance statistique dans les meilleures pratiques internationales et d’assurer le passage d’un État administrateur à un État stratège, guidé par les données, la preuve et la performance ».

C’est pourquoi, a-t-il ajouté, les données présentées ce jour constituent « une première lecture actualisée de notre nation, une photographie vivante de la Guinée ».

« Ces données ne sont pas une finalité, elles sont un point de départ. Un point de départ pour mieux planifier nos infrastructures, pour mieux orienter nos politiques sociales, pour mieux anticiper les besoins en éducation, en santé, en emploi et en aménagement du territoire. Surtout pour garantir que chaque décision publique repose désormais sur les faits établis et non sur les approximations. Car une nation qui connaît sa population est une nation qui maîtrise son destin », a-t-il ajouté.

Pour mener à bien cette opération, l’Institut national de la statistique a mobilisé d’importantes ressources, tant financières qu’humaines. Plus de 22 000 agents de terrain ont été déployés à travers le pays pour assurer la collecte des données.

Les chiffres rendus publics ce mercredi ne prennent toutefois pas en compte la diaspora. C’est pourquoi, selon le Premier ministre, chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, si la diaspora est prise en compte, ce qui sera fait lors de la prochaine étape, « les Guinéens pourraient dépasser les 20, millions ».

Prenant l’exemple de Siguiri, il a souligné que les disparités constatées obligent les autorités à mieux anticiper les besoins d’une population en quête de commodités et d’infrastructures de base, entre autres services essentiels.

« Nous avons le Simandou aujourd’hui qui va être un corridor de peuplement dans quelques année. (…). Mais ça nous indique également qu’un avantage peut cacher un des inconvénients majeurs et des menaces. D’où la nécessité, dans le cadre de notre plan de développement, d’envisager le plus rapidement possible l’émergence d’autres corridors notamment le corridor nord qui permettra de stabiliser le pays. Et si nous avons le corridor central, le pays sera à ce moment-là stabilisé sans oublier la nécessité de prendre en compte les besoins logistiques de la région sud. Quand je parle de corridor, je pense beaucoup plus au chemin de fer parce que c’est le chemin de fer de manière durable qui constitue les bases du développement économique, de la stabilité et aussi de la capacité des populations à vivre, à voyager et à se sentir dans de meilleures dispositions », a-t-il dit.

Il a par ailleurs, souligné que le RGPH-4 dépasse le simple cadre statistique. Selon lui, il constitue un véritable outil d’orientation permettant à un gouvernement responsable « de savoir ce qu’il faut faire et comment le faire pendant qu’il est encore temps ».

Désormais, a-t-il ajouté, le RGPH-4 étant achevé, il est temps de s’atteler à l’identification physique des citoyens, une étape essentielle pour développer d’autres leviers d’amélioration de la vie économique et sociale.

« On a fait le RGPH-4. Il nous reste la réforme des réformes, c’est que chacun d’entre nous, chaque citoyen Guinée ait son numéro d’identification personnel (…). Et ça, c’est une nécessité absolue. Et nous allons le poursuivre comme c’était indiqué dans le chronogramme et la feuille de route de la transition. Si on ne le fait pas, c’est comme si on est allé au milieu de la rivière ou au milieu de la mer et on s’est dit, tiens, je vais plonger pour voir si je peux flotter au risque de me noyer », a-t-il conclu.

Le ministre du Plan et de la Coopération internationale entend poursuivre les efforts afin de doter la Guinée de données fiables dans tous les domaines. Après le RGPH-4, d’autres opérations structurantes sont prévues, notamment le premier recensement général des entreprises et l’actualisation de l’indice des prix, afin de renforcer la surveillance économique, d’éclairer la décision publique et de mieux protéger le pouvoir d’achat des populations.

« Aujourd’hui, la Guinée ne se contente plus de regarder son avenir. La Guinée planifie avec méthode, la Guinée construit avec rigueur, la Guinée l’assume avec ambition. Révéler qui nous sommes, combien nous sommes, où nous vivons. Le RGPH4 donne à notre nation un outil fondamental, la capacité d’agir avec justesse et équité », a conclu le ministre Nabé.

La réalisation du RGPH-4 a été rendue possible grâce notamment, au soutien financier et technique de la Banque mondiale et du Fonds des Nations unies pour la population. Les représentants de ces deux institutions, présents à la cérémonie ce mercredi, ont réitéré leur volonté de continuer à accompagner la Guinée dans son processus de développement.

MohamedNana BANGOURA

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