Procès en appel de Dr Diané: après les premières questions du parquet, le dossier renvoyé au 7 mai

il y a 2 heures 10
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Après la réouverture des débats dans son procès, Dr Mohamed Diané répond désormais aux questions des parties. Le ministère public a été le premier à intervenir, notamment sur la question de savoir depuis quand il est agent public.
Le prévenu a indiqué avoir été enseignant à l’Université de Conakry de 1982 à 1984, avant de bénéficier d’une bourse d’études pour la Bulgarie, où il a passé six années.

À son retour au pays, au terme de ses études en Bulgarie, il a continué d’enseigner à l’Université de Conakry jusqu’en 1995. De 1995 à 2002, il a été élu député à l’Assemblée nationale, où il a occupé le poste de président de la commission des ressources naturelles et de l’environnement.

En 2005, il a été coopté par une ONG américaine pour une mission au Congo. Parallèlement, a-t-il indiqué, il continuait d’enseigner à l’université. En 2010, à l’avènement du Pr Alpha Condé au pouvoir, il a été nommé directeur de cabinet à la présidence.

Ce n’est qu’en 2016 qu’il fut nommé ministre de la Défense nationale. Revenant sur ses sources de revenus avant ses fonctions de député et de ministre, il a affirmé qu’il percevait, en 1982, en moyenne 2 500 000 francs guinéens.

En tant que boursier, il percevait 600 dollars de l’État guinéen et 100 dollars de l’État bulgare durant ses six années d’études. Au-delà de sa qualité d’agent public à l’époque, il dit avoir exercé des activités connexes.

Il a expliqué que, lorsqu’il était en Bulgarie, il partait pendant les vacances travailler dans des pays occidentaux comme l’Allemagne afin de gagner de l’argent. C’est dans ces conditions, dit-il, qu’il a ouvert un compte en Belgique ainsi qu’un autre en devises en Guinée, notamment à la Société Générale, en 1987, pour les besoins de transfert d’argent.

Selon lui, grâce à ses activités, il est rentré de la Bulgarie avec en moyenne 50 000 dollars. Le prévenu a précisé que ces deux comptes sont actuellement fermés.

Concernant l’acquisition de biens entre 1982 et 2002, Dr Diané a déclaré être rentré de Bulgarie avec deux voitures en 1990, toutes de marque Renault : la première d’une valeur de 4 000 dollars et la seconde de 5 000 dollars.

En 1986, il a acquis une parcelle à Kankan, au quartier Missiran, pour environ 250 000 francs guinéens. Avec l’aide d’un de ses frères, il y a construit deux maisons en 1990.

Toujours en 1990, il a acquis une autre parcelle au quartier Bordeaux, à Kankan, pour environ 500 000 francs guinéens. Aucun aménagement n’y a été réalisé, et elle a été revendue par la suite, a indiqué l’ancien commis de l’État.

De 1990 à 1995, il affirme n’avoir acquis aucun bien à Conakry, Kankan, Dubréka ou Kindia. En 1995, il entre au Parlement et continue de percevoir son salaire de l’université pendant encore un an.

Bien que le ministère public lui ait reproché d’avoir perçu des salaires indus, étant déjà député à l’Assemblée nationale, Dr Diané a répondu que la fonction d’enseignant n’est pas incompatible avec celle de député.

Dans le cadre de son mandat de député, il a acquis un véhicule. Entre 1995 et 2002, il a également acheté une parcelle à Gomboya, dans la préfecture de Coyah, précisément en 1997.
Il affirme y avoir construit un bâtiment R+2. Interrogé sur le coût de cette construction, le prévenu n’a avancé aucun chiffre, expliquant l’avoir réalisée progressivement.

Les ressources ayant servi à la construction de ce bâtiment proviendraient des primes perçues à l’Assemblée nationale ainsi que d’activités parallèles menées avec son frère, Mory Diané, dans l’exportation de pierres semi-précieuses vers l’Asie.

Dr Mohamed Diané a indiqué avoir démarré cette activité avec un investissement initial de 20 millions de francs guinéens, montant progressivement porté à 200 millions. Le ministère public n’a pas épuisé son questionnaire. L’affaire est renvoyée au jeudi 7 mai pour la suite des débats.

Sékou Diatéya

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