Procès de Badra Koné et Cie: la procédure renvoyée au ministère public afin d’ouvrir une information judiciaire eu égard à la complexité de l’affaire

il y a 2 heures 19
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Dans le procès de Badra Koné et Cie, l’audience s’est poursuivie cet après-midi devant la chambre de jugement de la CRIEF. Le juge Alpha Camara, assisté de ses conseillers Kanda Doumbouya et Mamadou Dian Diallo, a poursuivi l’identification des prévenus. Après la société SOCOBA, c’est Mohamed Lamine Doumbouya qui a comparu. Il est né le 17 février 1995 à Conakry.

C’est un entrepreneur. Sa personne physique est poursuivie au même titre que la société B&B BTP SARL, dont il est le gérant principal. Interrogé sur les faits présumés de détournement de deniers publics portant sur un montant de 240 milliards de francs guinéens, entre autres, il les a rejetés en bloc.

Une autre société poursuivie, la société FANKOU Construction, a été appelée à la barre. Son représentant légal, Fodé Fatoumata Camara, né en 1988, a comparu, mais n’a pas reconnu les faits qui lui sont reprochés.

Après avoir identifié les prévenus, la Cour a décidé d’entendre le principal prévenu au fond. C’est ainsi que Badra Koné est revenu sur son parcours à la tête de la mairie de Matam. Il a expliqué avoir été élu conseiller communal en 2018 à la mairie de Matam. Par la suite, il est devenu deuxième, puis premier vice-maire au sein de la municipalité.

Le 15 avril 2024, a-t-il rappelé, le MATD l’a choisi comme président de la délégation spéciale de Matam. Le 26 mars 2026, il a quitté ses fonctions pour se porter candidat au compte de la GMD, afin de se faire élire au sein de la même municipalité.

Durant les 23 mois qu’il a passés à la tête de la délégation spéciale de Matam, il percevait 11 millions de francs guinéens par mois. Parallèlement à ses fonctions, il affirme avoir poursuivi ses activités de vente de véhicules. Selon lui, ce commerce lui rapporte en moyenne 300 millions de francs guinéens par an.

Concernant les subventions, le prévenu s’est montré très clair : la mairie de Matam n’en a reçu aucune, à l’exception du financement de quatre microprojets. Il est également revenu sur les taxes de marchés et la rétrocession des impôts, précisant qu’il ne s’agit pas de montants extraordinaires. Ainsi, pour une prévision de 2 milliards, le conseil pouvait ne percevoir qu’environ 700 millions.

Badra Koné a affirmé que tous les marchés ont été passés dans les règles de l’art. Il a notamment évoqué l’acquisition d’un camion benne d’un coût de 70 000 euros. Selon lui, il s’agissait d’une décision du conseil communal, avec l’appui des services techniques. Ledit camion a été acquis à crédit auprès d’un fournisseur allemand, avec un accord de paiement échelonné. La commune de Matam reste redevable envers le propriétaire du camion, qui n’est toujours pas mis en circulation.

Le prévenu a reconnu avoir eu des liens avec la société B&B BTP SARL à un moment donné, détenant une part sociale de 50 %.

Toutefois, lorsqu’il est devenu membre du conseil d’administration de l’ANAFIC, il a cédé ses parts. Après avoir évoqué le bail d’une partie du siège de la mairie de Matam, il a déclaré ne pas posséder de maison, mais être propriétaire de neuf parcelles à Maférinya, acquises en 2011 pour trois millions de francs guinéens chacune. Il possède également deux véhicules.

S’agissant de ses comptes bancaires, le prévenu a indiqué en détenir deux : un à la BSIC et un autre à UBA, sur lequel il affirme disposer de 120 millions de francs guinéens. Au terme de ce premier interrogatoire, la Cour a rejeté toutes les exceptions soulevées par les avocats de la défense.

En revanche, elle a renvoyé la procédure au ministère public afin d’ouvrir une information judiciaire, eu égard à la complexité de l’affaire.

Sékou Diatéya Camara

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