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Dans sa vision d’une justice guinéenne plus humaine, crédible et respectueuse des droits de l’Homme, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a réaffirmé, dès sa prise de fonction, sa ferme détermination à engager des réformes structurelles majeures. C’est dans cette dynamique, visant le renforcement de l’État de droit et la consolidation des acquis de la Cinquième République, qu’il a entamé une série de rencontres avec la famille judiciaire, et plus particulièrement les ordres professionnels.
Ce vendredi 20 février 2026, la première prise de contact a concerné les avocats du Barreau de Guinée. La rencontre s’est tenue dans la salle de réunion du tribunal ad hoc en présence du Garde des Sceaux, M. Ibrahima Sory 2 Tounkara, et de son cabinet. Durant plus de deux heures d’échanges qualifiés de francs, constructifs et fraternels, les parties ont abordé les questions relatives au fonctionnement de l’appareil judiciaire.
Le bâtonnier, Me Mamadou Souaré Diop, a saisi cette opportunité pour exposer les préoccupations majeures de la profession : manque de siège, besoin de formation continue, absence de subventions, et non-exécution de certaines décisions de justice par des magistrats. Il a également insisté sur le respect des droits de l’homme, déplorant les cas m de disparitions et d’arrestations arbitraires.

« Le barreau est le gardien des libertés fondamentales. C’est une question à laquelle nous tenons fermement. Nous avons discuté de manière transparente des pratiques actuelles dans la cité, notamment les cas de disparitions. Nous espérons que le Garde des Sceaux jouera sa partition pour que le droit soit respecté, car sans droit, il n’y a pas de développement », a martelé le bâtonnier.
Un autre point noir soulevé concerne la gestion des procédures : disparition de dossiers dans les greffes et décisions rendues mais non rédigées. Plus loin, Me Mamadou Souaré Diop a rappelé que depuis sa création en juillet 1986, le Barreau de Guinée fait figure de parent pauvre de la justice, sevré de soutien étatique malgré son rôle central.
« Nous sommes bientôt à 40 ans d’existence et nous sommes l’un des rares barreaux au monde à n’avoir ni maison de l’avocat, ni subvention de l’État. Ce sont pourtant des obligations qui incombent à la puissance publique », a-t-il rappelé.
En réponse, le Garde des Sceaux, Ibrahima Sory 2 Tounkara, a dit se sentir chez lui parmi les avocats. Il a souligné l’interdépendance des acteurs de la justice pour la réussite de sa mission.
« Si moi je réussis, l’ensemble des composantes de la justice aura réussi. Aujourd’hui, si j’échoue, tout le monde aura échoué, parce qu’on n’aura rien », a prévenu le ministre.
Il a ainsi invité les professionnels à le percevoir non pas comme un administrateur rigide, mais plutôt comme un allié de la profession : « Je ne sais rien faire d’autre que le droit. J’ai toujours aimé l’avocature. Je me battrai pour que le Président de la République garde confiance en notre capacité à gérer cette institution, afin que la justice, avec tous ses démembrements, puisse progresser », a-t-il indiqué.

Les préoccupations soulevées lors de cette rencontre seront consignées dans un mémorandum qui sera officiellement remis au ministre dans les prochains jours.
Alhassane Fofana
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il y a 2 heures
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