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Déçus et exaspérés, les conseils de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana multiplient les sorties médiatiques pour dénoncer ce qu’ils qualifient de mépris et de refus manifeste du parquet spécial près la CRIEF de se présenter à l’audience en appel de ce jeudi. Ce défaut de comparution du ministère public a entraîné la non tenue de l’audience, suscitant l’indignation des proches du prévenu et des avocats qui y voient un dysfonctionnement majeur de la procédure pénale.
Me Sidiki Bérété est monté au créneau pour exprimer sa déception et celle de ses confrères. L’avocat a profité de l’occasion pour attirer l’attention de l’opinion sur l’état de santé fragile et préoccupant de son client.
Pour lui, cette situation est regrettable, voire inédite dans l’histoire judiciaire du pays.
« Avec ma petite expérience, c’est la première fois que le parquet fait défaut à l’audience », a-t-il déploré.
Pourtant, les conseils de l’ancien chef du gouvernement avaient alerté les autorités sur la dégradation de l’état de santé de leur client, en détention depuis près de quatre ans.
« Kassory a fait une rechute il y a deux semaines. Nous avons écrit au ministre de la Justice, au procureur spécial et au président de la CRIEF. La réponse fut qu’on ne pouvait rien faire sans audience. Et alors que nous nous présentons, le parquet invoque des excuses ou ne vient pas du tout, obligeant la Cour au renvoi », explique Me Bérété.
Mettant la justice face à ses responsabilités, Me Sidiki Bérété affirme que les autorités seront tenues pour responsables de tout incident tragique.
« Nous attirons l’attention de l’opinion nationale et internationale : ils ont désormais la vie de Kassory entre leurs mains. C’est à leurs risques et périls. Le laisser dans cet état, c’est le laisser mourir », a-t-il prévenu.
Dans un contexte que la défense espérait plus apaisé, l’avocat regrette l’éloignement d’un climat judiciaire serein.
« Nous pensions qu’après les élections, nous pourrions jouer l’apaisement. Nos clients sont des détenus politiques contre lesquels il n’y a aucune charge sérieuse. Mais la CRIEF se livre à des manœuvres impossibles en matière de procédure pénale », a-t-il fustigé.
Pour Me Bérété, l’absence du ministère public dénature le procès.
« Le parquet est la partie fondamentale. Son absence devrait pousser la Cour à libérer tout le monde, car cela s’apparente désormais à de la séquestration et de l’humiliation », dira-t-il.
Dans la même dynamique, Me Dinah Sampil a vivement critiqué le fonctionnement de la juridiction spéciale, rappelant les promesses initiales du CNRD.
« On nous avait promis que la justice serait la boussole. Mais dans le cas de ces détenus, où est la justice ? Les acteurs chargés de l’assumer se débinent à chaque fois », a-t-il dénoncé.
Plus loin, il remet en cause l’utilité même de la Cour.
« Si mon avis était demandé, je ferais en sorte que la CRIEF disparaisse. Elle n’a rien apporté à la Guinée. Les juridictions ordinaires auraient pu traiter ces dossiers bien plus rapidement », a-t-il signalé.
Revenant sur le fond du dossier, Me Sampil conteste fermement les accusations de détournement.
« On accuse Kassory d’avoir détourné 15 milliards, alors que cette somme se trouve dans les caisses du Trésor public. Nous en avons apporté les preuves. Est-il logique qu’il s’amuse à détourner 15 milliards alors qu’il disposait de 30 milliards de fonds de souveraineté auxquels il n’a pas touché d’un seul franc ? Cela sort de l’entendement », a-t-il souligné.
L’avocat s’étonne enfin du paradoxe organisationnel du parquet.
« C’est le parquet spécial qui prépare le rôle d’audience. Comment ce même procureur peut-il briller par son absence le jour J ? C’est outrageant et cela traduit un mépris total des droits humains », a-t-il déploré.
Les avocats estiment donc que ce blocage dans cette procédure judiciaire constituerait un moyen pour le parquet spécial d’attendre que Kassory soit mort pour enterrer ce dossier.
« Il faut arrêter cette injustice pendant qu’il est encore temps. Ce monsieur n’a fait que rendre des services loyaux à l’État guinéen », a-t-il conclu.
Alhassane Fofana
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