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À trois semaines des élections législatives et communales du 31 mai 2026, des magistrats, greffiers et acteurs judiciaires des régions de Kankan, de Faranah et de Conakry se sont réunis ce lundi à la bibliothèque William de Kankan pour un atelier de trois jours consacré au renforcement des capacités dans la gestion du contentieux électoral.

Une initiative présentée comme essentielle pour garantir des scrutins transparents, crédibles et apaisés.
Avant que les urnes ne parlent, c’est la justice qui se prépare.
Ce lundi, la salle de réunion de la bibliothèque William de Kankan a accueilli le lancement d’un atelier de formation de trois jours réunissant des magistrats, greffiers et autres acteurs du système judiciaire venus des régions de Kankan et de Faranah, ainsi qu’une forte délégation en provenance de Conakry.
L’objectif : renforcer les compétences des participants pour assurer une meilleure prise en charge des litiges électoraux dans la perspective des prochaines échéances communales et législatives.
« Un contentieux de souveraineté »
C’est le procureur général près la Cour d’appel de Conakry, Fallou Doumbouya, qui a planté le décor dès l’ouverture des travaux. Formateur et porte-parole du ⁹groupe des formateurs de la Haute-Guinée, il a rappelé avec force ce que représente le contentieux électoral pour un État de droit.

« Le contentieux électoral est, par essence, un contentieux de souveraineté. Il ne s’agit pas seulement de trancher des différends entre candidats ou électeurs, mais de garantir l’expression authentique de la volonté populaire, socle de la légitimité des institutions républicaines », a-t-il déclaré devant les participants.
Pour le procureur général, le juge électoral, assisté du ministère public et des greffiers, doit veiller à la régularité et à la sincérité des scrutins en s’appuyant sur les textes nationaux et internationaux ratifiés par la Guinée, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
Canaliser les frustrations, prévenir les troubles
Au-delà de la stricte dimension juridique, Fallou Doumbouya a insisté sur le rôle régulateur que joue la justice électorale dans un contexte politique souvent tendu. Une justice bien préparée permet d’éviter la judiciarisation anarchique des contestations, de canaliser les frustrations dans un cadre légal et de prévenir les troubles à l’ordre public.
« La mission du ministère public est de veiller à l’application de la loi pénale et de défendre les intérêts de la société, tout en garantissant l’ordre public électoral, la sincérité du scrutin et la crédibilité des résultats », a-t-il rappelé.
Maîtriser les règles, les délais et les procédures
Sur le plan technique, l’atelier vise à parcourir l’ensemble des dimensions du contentieux électoral communal, qui repose sur plusieurs textes fondamentaux : la Constitution, le Code électoral, le Code de procédure civile et les principes généraux du droit. Les participants sont appelés à maîtriser les règles de compétence, les délais de recours, souvent très courts en matière électorale, ainsi que les procédures applicables aux différents types de litiges.
Le directeur régional des élections, Kaba Sidibé, a souligné les spécificités qui rendent cette formation stratégique. « Les élections constituent un moment crucial de la vie démocratique. La crédibilité des scrutins dépend aussi de la capacité des juridictions à trancher avec rigueur et impartialité les litiges », a-t-il affirmé, mettant en avant la diversité des irrégularités possibles et la sensibilité politique particulière de ce type d’affaires.
Selon lui, cet atelier permettra d’harmoniser les pratiques juridictionnelles et de renforcer la stabilité institutionnelle dans les semaines décisives qui s’ouvrent.
Un soutien de l’administration locale
L’initiative a également reçu le soutien de l’administration régionale. Le directeur de cabinet du gouvernorat de Kankan, Almamy Camara, a salué une démarche qui, selon lui, contribue à l’apaisement du climat électoral. Il a estimé que la formation des magistrats est essentielle pour garantir une justice capable de réguler les contestations et de rassurer l’ensemble des acteurs du processus électoral.
À trois semaines du double scrutin du 31 mai, cet atelier de Kankan envoie un signal clair : la Guinée entend aborder ces élections avec une justice préparée, outillée et capable de répondre à chaque recours dans les délais et avec l’impartialité qu’exige la démocratie.
Karifa Doumbouya, correspondant à Kankan
L’article Kankan : des magistrats en formation pour une meilleure gestion des contentieux électoraux avant les législatives et communales est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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