INTERVIEW- Aboubacar Soumah : « aller en grève est un droit, mais nous ne devons pas cautionner une grève sauvage »

il y a 2 heures 25
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À la suite de l’expiration du moratoire de 100 jours accordé par l’intersyndicale de l’éducation guinéenne pour relancer les négociations avec l’État, des divergences profondes émergent entre les différentes factions syndicales. Tandis que certains appellent à une grève imminente, d’autres privilégient encore la voie du dialogue, estimant que toutes les possibilités de négociation ne sont pas encore épuisées.

À la suite de l’expiration du moratoire de 100 jours accordé par l’intersyndicale de l’éducation guinéenne pour reprendre les négociations avec l’État guinéen, une mésentente semble prendre le dessus entre les fractions syndicales. Si, d’un côté, certains affichent la volonté d’aller en grève, les autres n’entendent pas de la même oreille. Pour ce deuxième groupe, pas question d’aller en grève tant que toutes les voies du dialogue ne sont pas totalement bloquées.

Ce vendredi 10 avril 2026, à l’occasion d’une interview accordée à Mediaguinée au siège de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), à Kaloum, le président de la commission de négociation de l’intersyndicale, le camarade Aboubacar Soumah, président du Syndicat libre des enseignants-chercheurs de Guinée (SLECG) et secrétaire général adjoint de l’USTG, a livré la position du SLECG, qui corrobore avec celle du FSPE. Le meneur de la grève de 2017-2018 a toutefois indiqué qu’il n’exclut pas d’aller en grève si les revendications ne sont pas satisfaites et si le couloir du dialogue est fermé. En l’absence d’avancées sur les points de revendication, ils prendront, confie-t-il, toutes les dispositions nécessaires, même si cela coïncide avec la tenue des examens nationaux. Pour eux, il n’y a pas de date spécifique pour déclencher une grève. Interview (2e partie et fin)

« Certains nous qualifient aujourd’hui de syndicalistes corrompus, mais loin s’en faut. Nous agissons en tant que syndicalistes responsables et avisés. Nous ne faisons pas grève pour le simple fait de faire grève. Nous respectons les règles du jeu, la loi et les procédures qui encadrent le recours à la grève. Tant que toutes les voies de recours ne sont pas épuisées, nous n’irons pas en grève. »

 

Mediaguinée : Nous savons déjà que les 100 jours sont arrivés à expiration. Quelle est la position affichée du SLECG par rapport à cette nouvelle situation ?

La position affichée par rapport à cette nouvelle situation, c’est qu’hier (jeudi, ndlr), Madame Kadiatou Bah, qui est notre représentante au sein du comité de suivi, et également secrétaire générale du SLECG, a pris part aux réunions de la commission de suivi.

Ces rencontres ont porté sur la mise en place et l’opérationnalisation des commissions déjà constituées. L’objectif est de permettre le démarrage des négociations dans les jours à venir. Ainsi, dans les prochaines semaines, nous devrions reprendre les discussions, d’autant plus que la date du moratoire est arrivée à terme aujourd’hui, le 10.

Mediaguinée : Alors, nous savons qu’il y a toujours de l’agitation. Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit des enseignants, chercheurs et chercheuses du SLECG ?

L’appel que j’ai à lancer à l’endroit des enseignants est clair. Certains nous qualifient aujourd’hui de syndicalistes corrompus, mais loin s’en faut. Nous agissons en tant que syndicalistes responsables et avisés.

Nous ne faisons pas grève pour le simple fait de faire grève. Nous respectons les règles du jeu, la loi et les procédures qui encadrent le recours à la grève. Tant que toutes les voies de recours ne sont pas épuisées, nous n’irons pas en grève.

Je lance donc un appel à tous les enseignants et chercheurs de Guinée : revendiquer ses droits est légitime, aller en grève est un droit, mais nous ne devons pas cautionner une grève sauvage.

C’est pourquoi nous invitons chacun à respecter la légalité et les procédures. Tant que le gouvernement respecte le cadre de négociation et ne ferme pas la porte au dialogue, nous devons continuer à assurer les cours.

En revanche, dès que ces principes sont violés, nous serons les premiers à convoquer une Assemblée générale pour informer la base et décider des actions à entreprendre, comme cela a toujours été le cas. Si le gouvernement reste catégorique et ferme, nous déclencherons la grève sans hésitation.

« Si, dans les jours à venir, les revendications sont satisfaites, les examens se dérouleront dans de bonnes conditions. En revanche, si rien n’avance et que les négociations sont bloquées, nous prendrons toutes nos responsabilités. »

Mediaguinée : Bientôt, nous nous acheminons vers la fermeture des classes. Ne craignez-vous pas que la situation perdure jusqu’à cette échéance ?

Cela dépendra du gouvernement. Comme nous l’avons toujours affirmé, il n’y a pas pour nous de période intouchable.

Si, dans les jours à venir, les revendications sont satisfaites, les examens se dérouleront dans de bonnes conditions. En revanche, si rien n’avance et que les négociations sont bloquées, nous prendrons toutes nos responsabilités.

Dans ce cas, il n’y aura pas d’examens. Cette décision sera prise en Assemblée générale, que nous convoquerons le moment venu.

« Actuellement, le point nodal reste la signature du statut particulier des enseignants. »

Mediaguinée : Quels sont les points de revendication déposés sur la table ?

Actuellement, le point nodal reste la signature du statut particulier des enseignants.

Ce dossier connaît un blocage, notamment en raison du retrait de la composante de l’enseignement supérieur, alors même que ce statut concerne l’ensemble du système éducatif : de l’enseignement secondaire à l’enseignement supérieur, en passant par l’enseignement technique.

« Concernant l’intégration des anciens contractuels de Conakry ainsi que ceux de l’intérieur du pays non admis, des avancées ont déjà été enregistrées. Le gouvernement a donné son accord. »

Aucune composante ne peut être exclue. Suite à ce retrait, le gouvernement a demandé que les préoccupations de l’enseignement supérieur soient intégrées afin de permettre la poursuite des discussions et la signature du statut. C’est ce que nous attendons.

Ce statut constitue le point central. Sa signature ouvrirait la voie à la satisfaction des autres revendications.

Concernant l’intégration des anciens contractuels de Conakry ainsi que ceux de l’intérieur du pays non admis, des avancées ont déjà été enregistrées. Le gouvernement a donné son accord. Il reste désormais leur mise en situation de classe pour faciliter leur intégration à la fonction publique.

Il s’agit là des points essentiels.

Mamadou Yaya Dounet Barry

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