Guinée : la flambée des prix de la viande et du poisson étouffe les ménages

il y a 2 heures 13
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En cette période de pénitence marquée par le Ramadan et le Carême — moments de recueillement, de partage et de solidarité — de nombreux consommateurs dénoncent une hausse significative des prix des produits d’origine animale. Dans plusieurs marchés de la capitale, le constat est unanime : les prix augmentent tandis que les quantités vendues semblent diminuer.

Une hausse jugée incompréhensible

« On nous parle de mois de bénédiction et de solidarité, mais au marché, c’est tout le contraire. Le kilo de viande est vendu à 70 000 francs. Et encore, quand on achète, la quantité laisse à désirer. On dirait le demi-kilo d’avant », déplore Aïssatou Diallo, rencontrée devant un étal presque vide.

Même constat pour Mamadou Camara : « Avant, avec 35 000 ou 40 000 francs, on pouvait obtenir une quantité raisonnable. Aujourd’hui, on paie le double pour moins. Comment voulez-vous que les familles tiennent tout le mois ? »

Au-delà de la viande, le poisson se fait également rare sur les étals. Certains commerçants évoquent des difficultés d’approvisionnement, tandis que les consommateurs dénoncent plutôt des pratiques spéculatives.

« Il n’y a presque pas de poisson. Et quand il y en a, les prix sont inaccessibles. On a l’impression que certains profitent de la forte demande pour augmenter les tarifs », estime Fatou Bangoura, mère de famille.

Des portions qui diminuent

Plusieurs clients dénoncent également une réduction discrète des quantités servies.

« Même quand on demande un kilo, ce qu’on met sur la balance ne correspond plus à ce qu’on achetait auparavant. C’est comme si le kilo d’aujourd’hui était devenu le demi-kilo d’hier », affirme un père de famille rencontré sur place.

Cette situation fragilise davantage de nombreux ménages déjà confrontés à la hausse généralisée du coût de la vie. En cette période où la consommation de viande et de poisson demeure importante — notamment pour la rupture du jeûne ou les repas communautaires — la pression sur les budgets familiaux devient de plus en plus lourde.

Un appel à l’intervention des autorités

Face à cette situation, les consommateurs lancent un appel pressant aux autorités.

« Nous demandons une régulation des prix. Ce mois devrait être un moment d’allègement, pas d’aggravation des charges. Il faut renforcer les contrôles sur les marchés », plaide un collectif de clients.

Certains réclament même la mise en place de mécanismes de surveillance renforcés, voire un plafonnement temporaire des prix des protéines animales durant les périodes religieuses.

En attendant d’éventuelles mesures, de nombreuses familles affirment être contraintes de réduire les portions, voire de se passer de viande et de poisson certains jours.

Ramadan et Carême sont censés être des moments de foi, de sacrifice et de solidarité. Mais pour beaucoup de ménages, ils riment désormais avec inquiétude et arbitrages douloureux au marché.

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