Faya Millimouno sur la création du parti GMD: « les signaux laissent craindre l’émergence d’un parti-État »

il y a 2 heures 16
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A l’approche des élections législatives et communales, le président de la Coalition Politique pour la Rupture (CPR) tire la sonnette d’alarme. A travers une conférence de presse tenue ce mercredi à Conakry, Faya Millimouno a fustigé l’éventuelle création du parti Génération pour la Modernité et le Développement (GMD Bâtir Ensemble) soutenu par le pouvoir en place, en faveur du Chef de l’Etat Mamadi Doumbouya.

Selon le président d’honneur du Bloc Libéral (BL), les signaux laissent craindre l’émergence d’un « parti-État », où l’administration publique serait mise au service d’un agenda politique. « Aujourd’hui, nous nous trouvons devant des signaux très préoccupants et qui ne devaient laisser aucun Guinéen indifférent.
L’Etat semble vouloir créer son propre parti au risque de confondre administration et
organisation politique. Chacun de vous suit le premier ministre qui reçoit le mandat du
président de créer un parti qui s’apparente à un parti-État. L’administration publique perd sa neutralité. L’espace civique se rétrécit dangereusement. Les partis sont suspendus, les médias sont fermés, les manifestations sont interdites, etc. L’élection est en train de devenir un simple rituel de confirmation. Nous ne pouvons pas ignorer ces signaux », a alerté Faya Millimouno.

Dans son allocution, Faya Millimouno a insisté sur la nécessité de séparer strictement l’État du parti.

« L’unité nationale est sacrée, mais l’uniformité politique est dangereuse », a-t-il rappelé avant d’ajouter : « Il faut qu’on sépare clairement l’État du parti. La Guinée est passée par là (…). C’est extrêmement important. Il faut donc séparer l’État du parti. La démocratie meurt quand l’administration devient une extension d’un camp politique. Il faut que nous imposions une
interdiction stricte de l’usage des moyens de l’État à des fins politiques. Parce que, si le seul agenda du gouvernement de Bah Oury est aujourd’hui la construction d’un parti-État, il faut bien se poser la question de ces fonds qu’il est en train d’utiliser proviennent d’où ? ».

Par ailleurs, le président de la CPR a invité les acteurs politiques guinéens y compris ceux qui sont en exil ou sous pression, à défendre le pluralisme et à la responsabilité collective.

Confirmant la participation de la CPR composée de dix (10) partis politiques et mouvements, Faya Millimouno a exhorté les autorités à privilégier « la neutralité plus que la confusion », la « compétition plus que la confirmation, le pluralisme plutôt que le monopole, la justice plutôt que la peur ».

Sadjo Bah

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