Des pilotes américains retenus à Conakry interpellent Donald Trump, une affaire aux multiples zones d’ombre

il y a 11 heures 47
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L’affaire des pilotes américains détenus en Guinée depuis fin 2025 connaît un nouveau développement, marqué par un appel direct adressé au président des États-Unis, Donald Trump. Depuis Conakry, Fabio Espinal Nunez et Scott Bradley Schlenker lancent un cri de détresse relayé par leurs proches : « Monsieur Trump, s’il vous plaît, venez et sortez-nous d’ici ! »a265825e-7267-46a2-a354-06a35043c5ad

Arrêtés le 30 décembre 2025 à l’aéroport international de Conakry, les deux membres d’équipage d’un avion privé de type Gulfstream, immatriculé N520GP et enregistré aux États-Unis, avaient effectué une escale technique pour ravitaillement. Selon des informations concordantes, leur interpellation a été menée par des éléments lourdement armés, dans un contexte de fortes préoccupations sécuritaires.

Les passagers de l’appareil, présentés comme une famille brésilienne, ont été conduits dans un hôtel de la capitale, tandis que les pilotes étaient placés en détention à la prison centrale de Coronthie.

Des accusations graves, une procédure contestée

Les deux ressortissants américains sont poursuivis pour violation présumée de l’espace aérien guinéen, atterrissage non autorisé et atteinte à la sécurité nationale. Des chefs d’accusation lourds, dans un contexte où les questions de sûreté aérienne et de défense sont particulièrement sensibles.

Pourtant, selon plusieurs sources judiciaires, aucune arme ni substance illicite n’aurait été retrouvée à l’issue des fouilles effectuées sur l’appareil.

Sur le plan judiciaire, le dossier a connu plusieurs rebondissements. Saisie par la défense, la Cour d’appel de Conakry avait ordonné la mise en liberté des pilotes, assortie de conditions strictes : interdiction de quitter la capitale, paiement d’une caution de 50 millions de francs guinéens et obligation de pointage régulier auprès du greffe.

Mais cette décision n’a pas été exécutée. Le parquet a interjeté appel, renvoyant l’affaire devant la Cour suprême, prolongeant de facto le maintien en détention des deux hommes.

Une détention prolongée et des interrogations croissantes

Au fil des mois, cette situation alimente les interrogations, d’autant que, selon certaines sources, plusieurs décisions judiciaires favorables à leur libération n’auraient pas été suivies d’effet.

Les deux pilotes rejoignent ainsi de nombreux détenus confrontés à la lenteur des procédures, voire à des détentions prolongées sans jugement définitif.

Dans ce contexte, des zones d’ombre persistent autour du fonctionnement de la procédure. Le pilote Brad Schlenker évoque notamment des doutes sur l’indépendance de sa défense, après avoir constaté des éléments troublants lors de l’utilisation du téléphone de son ancien avocat.

Rôle d’intermédiaires et allégations non vérifiées

Le rôle de certains acteurs impliqués dans le dossier suscite également des interrogations. Des sources évoquent l’existence de pressions exercées sur les détenus étrangers, notamment en ce qui concerne leur accès à leurs représentations diplomatiques ou à des conseils juridiques indépendants.

Par ailleurs, des allégations de demandes de paiements informels circulent dans certains milieux diplomatiques et judiciaires. À ce stade, aucune preuve formelle n’est venue confirmer ces accusations, qui restent donc à considérer avec prudence.

Une situation humaine préoccupante

Sur le plan humanitaire, les proches de Brad Schlenker évoquent une dégradation de son état de santé, nécessitant une prise en charge médicale spécialisée. Malgré des options de transfert évoquées, aucune évacuation n’a été concrétisée à ce jour.

Du côté des autorités américaines, le dossier est suivi officiellement, avec une approche axée sur le dialogue diplomatique.

Une affaire aux implications plus larges

Au-delà du cas individuel des deux pilotes, cette affaire met en lumière des questionnements plus larges sur l’exécution des décisions de justice, la transparence des procédures et les garanties offertes aux ressortissants étrangers.

En l’absence de communication officielle détaillée et d’évolution concrète du dossier, cette situation continue d’alimenter les préoccupations et d’attirer l’attention bien au-delà des frontières guinéennes.

Pour l’heure, les deux pilotes sont à Conakry, dans l’attente d’une décision de la Cour suprême, tandis que leurs familles multiplient les démarches pour obtenir leur libération.

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