Pénurie de carburant à Forécariah : « Nous partons jusqu’à Coyah pour chercher de l’essence »

il y a 2 heures 14
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Depuis trois jours, la préfecture de Forécariah fait face à une pénurie d’essence qui perturbe sérieusement le quotidien des populations et ralentit plusieurs activités économiques. Dans la commune urbaine, où un reporter de Guineematin.com a fait le tour ce vendredi 10 avril 2026, le carburant se fait rare, obligeant vendeurs et conducteurs à parcourir des dizaines de kilomètres, notamment jusqu’à Coyah, pour s’en approvisionner. Sur le marché noir local, le litre se négocie désormais entre 14 000 et 15 000 francs. Une hausse qui impacte directement les usagers, en particulier les conducteurs de taxis-motos et leurs clients.

Alkhaly Bangoura, du syndicat des moto-taxis de Forécariah, invite les autorités à prendre des mesures pour éviter que la crise ne s’installe dans la durée.

Alkhaly Bangoura, du syndicat des taxis-motos de Forécariah

« C’est depuis avant-hier que nous avons commencé à ressentir cette crise. Mais heureusement, les vendeurs d’essence se déplacent jusqu’à Coyah pour s’approvisionner afin que la population ne souffre pas, puis ils reviennent servir la population. Donc, quand ils reviennent, ils vendent le litre entre 13 000 et 14 000 GNF… Aux autorités de prendre des dispositions pour éviter que cette crise ne devienne permanente et qu’elle nous affecte davantage », a-t-il déclaré.

Cette pénurie d’essence a contraint les conducteurs de taximoto à revoir leurs tarifs à la hausse, au risque de perdre une partie de leur clientèle.

« Cette crise d’essence affecte beaucoup les taximotos. Parce que si on achète à la station à 12 000 GNF, on peut transporter les clients à 3 000 GNF par tronçon. Mais depuis avant-hier, on achète l’essence à 14 000 ou 15 000 GNF. Donc, à ce prix, on ne peut pas transporter quelqu’un à 3 000 GNF. S’il n’y a pas d’essence, ce sont les passagers qui vont souffrir, parce que s’il y a crise, forcément le prix va augmenter. Les passagers nous comprennent, parce que ce n’est pas de notre faute ; cela vient des autorités », a-t-il indiqué.

Du côté des revendeurs, les difficultés d’approvisionnement sont également dénoncées. À Maférinyah, Amadou Barry, à la fois syndicaliste et vendeur d’essence, décrit un véritable parcours du combattant pour se ravitailler.

Amadou Barry, syndicat à Maférinyah et vendeur d’essence

« Ces trois derniers jours, même moi j’ai souffert pour avoir de l’essence. Je suis aussi vendeur d’essence. Depuis avant-hier, on circule d’ici à Coyah pour en trouver. Ce n’est que la nuit dernière que j’ai pu en avoir. À mon avis, il y a de l’essence dans les stations, mais on refuse de nous la vendre. Je ne connais pas la cause de cette crise. S’il n’y a pas d’essence, notre activité ne peut pas fonctionner. Il faut qu’on nous aide, parce que c’est grâce à cela que nous gagnons notre vie », a-t-il indiqué.

Au-delà des témoignages, cette pénurie met en lumière la vulnérabilité de l’approvisionnement en carburant dans certaines zones du pays, ainsi que la dépendance des populations à des circuits souvent informels. Elle pose également la question de la régulation du secteur et de la capacité des autorités à anticiper et gérer ce type de crise.

Ismaël Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 624 69 33 33

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