Au MATD, les régimes passent, les Condé restent (Edito)

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En Guinée, on annonce souvent des ruptures. On promet des refondations. On jure que l’ancien monde est derrière nous. Mais au ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation, un détail s’impose avec une constance presque ironique : depuis 2011, le nom ne change pas, même quand les régimes changent.

Alhassane Condé (2011-2015). Bouréma Condé (2015-2021. Mory Condé (octobre 2021-fevrier 2024). Ibrahima Kalil Condé (depuis 2024). Quatre ministres, un même patronyme. Ce n’est peut-être pas une dynastie. Ce n’est sans doute pas un complot. Mais c’est, à tout le moins, un symbole puissant de la manière dont le pouvoir guinéen recycle ses élites.

Dans l’opinion, cette répétition n’est pas neutre. Elle alimente l’idée que l’État fonctionne en vase clos, que les mêmes cercles produisent les mêmes profils, et que les ruptures proclamées peinent à se traduire dans les faits. Le citoyen entend des discours nouveaux, mais reconnaît des schémas anciens.

Le MATD n’est pas un ministère comme les autres. Il est le cœur administratif du territoire. Il est la courroie de transmission entre Conakry et les collectivités. Il est, surtout, un acteur central dans l’architecture électorale. À ce niveau de responsabilité, la perception de neutralité et de renouvellement est presque aussi importante que la neutralité elle-même.

Or, quand les noms se répètent, c’est le doute qui s’installe. Non pas sur les compétences individuelles — que nul ne peut nier sans preuves — mais sur la capacité du système à s’ouvrir, à diversifier, à faire émerger de nouveaux profils, de nouvelles pratiques, de nouvelles cultures administratives.

Le vrai sujet n’est donc pas le patronyme. Le vrai sujet, c’est l’entre-soi. C’est la difficulté chronique de l’État guinéen à casser ses cercles de reproduction. C’est cette impression persistante que le pouvoir change de visage, mais rarement de logiciel.

En définitive, le problème n’est pas qu’ils s’appellent Condé. Le problème, c’est que, depuis plus de quinze ans, le pays cherche des signes clairs de rupture — et se heurte trop souvent à des symboles de continuité.

Et en politique, les symboles parlent parfois plus fort que les décrets.

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