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À l’occasion d’une conférence de presse tenue à Conakry, l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) a mis en lumière les difficultés persistantes d’accès à la justice pour les couches les plus vulnérables de la population.
La rencontre était placée sous le thème : « Le renforcement de l’accès à la justice des personnes les plus vulnérables en République de Guinée ».
Prenant la parole, Me Alpha Amadou DS Bah, président de l’OGDH et avocat au barreau de Guinée, a insisté sur la nécessité de garantir un accès équitable à la justice pour tous.

« Il est important que toute personne ayant besoin de justice puisse y accéder de manière libre et efficace. Malheureusement, les personnes vulnérables, faute de moyens économiques, ne peuvent pas s’offrir les services d’un avocat », a-t-il déploré.
Selon lui, cette problématique a conduit l’organisation à développer avec l’appui de plusieurs partenaires internationaux des initiatives en faveur de l’assistance juridique.

« Nous avons accumulé une solide expérience en collaboration avec l’Union européenne et la FIDH. Aujourd’hui, avec le soutien du Royaume-Uni, nous poursuivons cette dynamique à travers un projet qui répond à un enjeu essentiel », a-t-il expliqué.
Pour Me Bah, malgré les garanties inscrites dans la Constitution et les textes régionaux, l’État peine à mettre en place des mécanismes efficaces pour assurer l’accès à la justice.

« Les dysfonctionnements systémiques empêchent de nombreux citoyens de faire valoir leurs droits », a-t-il souligné.
Parmi les insuffisances relevées, le président de l’OGDH cite le recours excessif à la détention préventive.
« Des personnes qui devraient être libres en attendant leur procès se retrouvent systématiquement détenues, souvent pour des durées prolongées », a-t-il regretté.

Il évoque également la lenteur des procédures judiciaires, s’appuyant sur une étude réalisée en 2016 à la demande du gouvernement, qui révélait que certains détenus pouvaient passer entre huit et treize ans en détention préventive.
Une situation qu’il qualifie de « grave », rappelant que le Code de procédure pénale garantit à tout justiciable un procès équitable dans un délai raisonnable.

« Lorsqu’une personne passe huit ans en détention préventive, cela traduit clairement un dysfonctionnement du système », a-t-il affirmé.
Face à ces nombreux défis, l’organisation dit avoir mis en place des cliniques juridiques pour accompagner les populations vulnérables. Toutefois, l’organisation pointe également l’insuffisance de l’aide juridictionnelle. Bien qu’une loi adoptée en 2022 prévoie l’assistance d’avocats pour les personnes indigentes. Cependant, sa mise en œuvre reste selon Me Bah, confrontée à de nombreuses difficultés.
Enfin, l’OGDH appelle les autorités guinéennes à renforcer les mécanismes d’accès à la justice afin de garantir une véritable égalité devant la loi.
Sam Bantignel
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il y a 2 heures
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