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En marge d’une conférence de presse tenue lundi 6 avril 2026 à Conakry, la commissaire générale du Salon de la Lecture (SALEC) a levé le voile sur les enjeux de la sixième édition de ce grand rendez-vous culturel, prévue du 7 au 10 avril. Le thème retenu cette année est : «Lire la terre, semer le savoir: quand la lecture fait germer l’agriculture». Selon un constat dressé par les initiateurs lors des précédentes éditions, près de 8 écoles sur 10 ne disposent pas de bibliothèques, un déficit majeur qui entrave l’ancrage de la culture de la lecture dès le plus jeune âge.
À Conakry, de grandes figures du monde littéraire venues de Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Rwanda et du Maroc, ainsi que des acteurs culturels guinéens, des entrepreneurs agricoles et des ambassadeurs du SALEC, ont pris part à cette rencontre. Tous ont exprimé leur engagement en faveur de la promotion de la lecture et du développement agricole.
La Présidente de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire, Hélène Lobé a saisi cette rencontre livresque pour inviter le public, bien au-delà de la salle de conférence, à s’approprier le SALEC afin de faire rayonner la lecture et nourrir la passion des amoureux des lettres. «Nous sommes heureux, nous, membres de la délégation ivoirienne, de soutenir cette belle initiative qu’est le Salon de la lecture. Avec cette sixième édition, le Salec prend de plus en plus ses marques de noblesse, car encourager la lecture, c’est éveiller les consciences et préparer l’avenir. Tout se trouve dans les livres, et dans les livres, on peut tout trouver. Félicitations à Kadiatou Kaba, cette brave et dynamique jeune dame, initiatrice majeure et à son équipe», a-t-elle déclaré.

Saluant les écrivains de l’ancienne comme de la nouvelle génération, l’écrivain franco-camerounais Eugène Ebodé, administrateur de la chaire des littératures et arts africains à Rabat, a exhorté à inscrire la lecture dans les habitudes quotidiennes. «Roland Barthes disait que dans un texte il y a la voix du lecteur. C’est donc le lecteur qui est au centre aussi de nos préoccupations et ce qu’il lit est une manière de relier, est une manière de continuer l’exploration non seulement des textes, des sentiments, des réflexions mais aussi des partages. Le lecteur partage avec celui qui a écrit et au-delà de celui qui a écrit il essaye de faire en sorte que resplendissent les mots qu’un environnement qui était inconnu apparaisse et que d’autres relations qu’on espère plus favorables aux vivants prennent place», a-t-il souligné.

Pour sa part, Anzata Ouattara est revenue sur son expérience à travers les villes ivoiriennes, estimant que la formation de la jeunesse passe en grande partie par le livre. «À travers mon expérience de ma caravane littéraire que j’ai dénommée les coups de la vie tour, qui fait la promotion de la lecture et de l’excellence à travers les villes de la Côte d’Ivoire, de l’intérieur du pays, j’ai eu l’opportunité d’aller à la rencontre des lecteurs jeunes, parfois dans les zones très reculées de mon pays, et j’ai vu à quel point la lecture peut éveiller les consciences, susciter les vocations et redonner de l’espoir. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons faire du livre un outil stratégique pour former la jeunesse. Une jeunesse consciente et engagée, et capable de relever les défis de notre continent, notamment celui de l’autosuffisance alimentaire comme indiqué dans le thème», a-t-elle témoigné.

Le directeur général du CELPAC, Bernard Pévé Béavogui, chargé de la politique du livre et de la lecture publique en Guinée, a, au nom du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, salué et encouragé l’initiative. «La Guinée est fière d’avoir un salon de lecture qui est déjà lancé, qui est à sa 6ᵉ édition. L’important, ce n’est pas de faire naître un bébé, c’est de le faire grandir. Aujourd’hui, nous sommes à la 6ᵉ édition du Salec. Je pense que c’est une joie, c’est une fierté. Et les organisateurs du salon de la lecture ont une magnifique et ingénieuse idée de relier aujourd’hui la culture à l’agriculture. Si vous voyez, l’agriculture se termine par la culture. Agriculture, c’est-à-dire en culture aussi, là-bas», a-t-il indiqué.

La commissaire générale du SALEC, Kadiatou Kaba, est revenue sur les motivations ayant conduit à la création de ce salon. «Le SALEC est né du constat selon lequel le Guinéen n’aime pas la lecture, l’Africain n’aime pas la lecture. On a dit, mais pourquoi tout le temps reprendre la même chose ? Pourquoi tout le temps dire la même chose ? Est-ce que vous avez essayé de savoir pourquoi l’Africain ne lit pas, pourquoi le Guinéen ne lit pas ? Est-ce parce que l’Africain n’aime pas la lecture, ou bien parce que tout simplement, des conditions ne sont pas créées pour pousser l’Africain à la lecture, pour pousser le Guinéen à la lecture. Je me rappelle très bien, quand le problème s’est posé, quand on a décidé de faire le tour des différents établissements connectés et périphériques, on s’est rendu compte, en fait, que 8 écoles sur 10 ne disposent pas de bibliothèques. Alors, comment voulez-vous qu’un enfant qui étudie dans une même école, de la maternelle au lycée, qui n’a pas accès à la bibliothèque, que cet enfant-là soit accro à la lecture?», a-t-elle expliqué.

Évoquant la particularité du thème de cette année, la commissaire générale a précisé : «ce qu’il faut savoir avec le SALEC, c’est que l’important, chaque année, nous essayons justement de débattre dans le thème d’une certaine actualité. En fait, on a travaillé sur la question de la migration, sur la question environnementale, on a travaillé sur les VBG, les violences basées sur le genre, et cette année, on a décidé de faire le lien entre culture et agriculture, parce que moi, je pense que la culture et l’agriculture ont deux choses en commun, inspiration et transpiration».
Abordant les ambitions du Salon de la Lecture, l’initiatrice a insisté sur la nécessité de créer des passerelles entre culture et pratiques productives. «Chaque Guinéen a quelque part une portion de la terre qui n’est pas forcément exploitée. Nous savons très bien que nos sols sont assez fertiles. Donc, aujourd’hui, on ne va pas se retrouver dans une situation où il faut attendre terminer les études pour se mettre à travailler, dire que l’agriculture peut être un véritable levier de développement, un véritable moteur de croissance, et que finalement, le taux de suffisance alimentaire que notre pays rêve tant en se mettant à l’agriculture, vu que le sol guinéen répond très bien et parfaitement. On pourra tous contribuer à bâtir cette nation, parce que j’ai toujours cru au fait que l’État seul ne peut pas tout faire».
Mamadou Yaya Dounet Barry
L’article VIᵉ édition du SALEC : «le SALEC est né du constat selon lequel le Guinéen n’aime pas la lecture…» (Kadiatou Kaba, commissaire générale) est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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