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Ce dimanche 19 avril 2026, le Palais du Peuple a vibré au rythme de témoignages poignants lors du symposium organisé en hommage à l’homme d’affaires et acteur politique Elhadj Mamadou Sylla, décédé le 16 avril dernier.
Plusieurs personnalités de haut rang, dont les anciens ministres Kiridi Bangoura et Makalé Traoré, ainsi que l’ancien Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré, se sont succédé à la tribune pour saluer la mémoire d’un homme qui aura marqué l’histoire contemporaine de la Guinée par son audace économique et son engagement public.
L’un des moments forts de la cérémonie a été le rappel du rôle stratégique joué par le PDG de Futurelec Holding lors des agressions rebelles de 2000. L’ancien ministre Kiridi Bangoura a tenu à relater avec précision cet épisode crucial.
« J’ai connu l’honorable Mamadou Sylla en 2000, lorsque notre pays était attaqué à ses frontières sud. L’État était dans une situation paradoxale, après l’intervention en Guinée-Bissau en 1999, nous manquions d’armes et les délais d’aide extérieure étaient trop longs. C’est le commissaire Amadou Camara qui nous a présenté Mamadou Sylla. Il disposait d’un stock de fusils de chasse et de munitions en cours de dédouanement. L’État a réquisitionné ce matériel pour les comités villageois de défense. Mamadou Sylla a simplement voulu s’assurer que l’ordre venait bien du président Lansana Conté, avant de dire : « Prenez tout ce que vous voulez, vous paierez quand vous pourrez ». Cette audace a frappé l’esprit du Président », a indiqué Kiridi Bangoura.
Par la suite, c’est sous l’égide de la structure de Mamadou Sylla que l’État a pu acquérir du matériel roulant et des hélicoptères en Ukraine pour défendre le territoire.
« Ce monsieur a pris le risque d’être endetté auprès des banques avec une simple garantie de l’État. En cas d’échec militaire, c’est lui qui aurait tout perdu », a rappelé l’ancien ministre.
L’ancien Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré a, quant à lui, célébré un homme ayant prouvé que l’école de la vie délivre aussi des doctorats. Décrivant un monsieur tout-terrain, il a salué sa soif d’apprendre au quotidien.
« Tu n’avais pas le diplôme qu’on encadre dans les salons, mais tu avais mieux, notamment le refus de subir et la passion d’entreprendre. Peu versé en langue française, disaient certains, mais réussite, disaient tes actes. Tu as bâti des entreprises quand d’autres tâtonnaient. Des mines aux transports, en passant par l’agriculture et l’immobilier, tu as tout réussi avec la rage de prouver que l’intelligence n’a pas besoin de parchemins pour devenir grandeur », a-t-il magnifié.
L’ancienne ministre Makalé Traoré a livré un témoignage empreint d’émotion, rappelant comment Mamadou Sylla l’avait propulsée sur la scène nationale en 2006 en la présentant au feu président Lansana Conté à l’époque.
« Il ne m’ouvrait pas seulement une porte, il me faisait une place. Ce qui faisait sa grandeur, c’était cette alliance entre l’autorité et l’humanité. Il savait être important sans être inaccessible. Face aux calomnies et aux disgrâces, il est demeuré inébranlable à mes côtés. Il était une mémoire vivante, capable de relier le passé au présent pour mieux servir l’avenir », a rappelé la présidente du parti PACT.
Le gouvernement, représenté par le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, a transmis les condoléances du Chef de l’État, qualifiant le défunt de Papa de la nation ayant servi avec dignité et humilité.
« Le chef de l’État a instruit au premier ministre avec les membres du gouvernement de se rendre dans la maison mortuaire pour présenter ses condoléances suite au décès de son père. Mamadou Sylla représente pour lui un Papa, pas biologique certes, mais un Papa qui a servi sa nation avec dignité, abnégation, respect et humilité. La raison d’être citoyen, c’est de servir loyalement la nation. C’est ce qu’a fait Elhadj Mamadou Sylla. C’était un devoir souverain pour le Chef de l’État de lui rendre un vibrant hommage », a-t-il martelé.
Enfin, au nom de la famille, Gnama Sylla, l’une de ses filles, a pris la parole pour exprimer la douleur de ses proches.
« On dit qu’on ne choisit pas ses parents, mais si nous avions eu cette possibilité, nous t’aurions choisi encore et encore comme père. Ton héritage ne s’éteindra jamais », s’est-elle prononcé en larme.
Né en 1960 à Boké, le PDG de Futurelec Holding laisse derrière lui trois épouses et 12 enfants. Avec sa disparition, la classe politique guinéenne perd l’un de ses acteurs les plus constants.
Alhassane Fofana
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il y a 2 heures
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