Siguiri : le cri de cœur de Sékou Savané contre « la destruction des terres »

il y a 2 heures 15
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

À Siguiri, la voix de Sékou Savané résonne comme un appel au secours. Face à la prolifération incontrôlée des machines « poclains », il alerte que le territoire est en train de sombrer.

Selon lui, plus de mille engins opèrent actuellement dans la préfecture, causant des dégâts importants.

« 83 % des fleuves et rivières de Siguiri sont totalement détruits », a-t-il déploré.

D’après l’ancien député uninominal de Siguiri qui s’est confié à notre rédaction ce 1er mars 2026, le fleuve Bakoye appelé Mouya par les habitants qui prend sa source à Saraya, dans la sous-préfecture de Maleya, ne serait plus exploitable jusqu’à Kita, au Mali.

L’homme qui se fait appeler « le Lion de la savane » dit craindre une tragédie environnementale aux répercussions transfrontalières.

À en croire Sékou Savané, au-delà des chiffres, c’est une détresse humaine qui s’exprime.

« Les populations ne peuvent plus cultiver leurs champs. Les animaux manquent d’eau et de pâturage. Les cours d’eau sont pollués et le couvert végétal est complètement dégradé. Tout cela est causé par ces poclains. Excepté les quatre sociétés à savoir celle qui opère à Léro, celle à Bouré, celle à Djelykourou (dans les sous-préfectures de Gnagassola et Sidakö) et celle de Tinkolen (dans la commune urbaine), toutes celles qui opèrent avec des poclains, nous leur demandons de quitter chez nous et d’aller chez eux. Nous demandons à la communauté nationale et internationale de nous aider à récupérer nos terres. »

Sékou Savané soutient sans réserve les jeunes de Siguiri qui sont récemment sortis manifester pour réclamer l’interdiction des machines.

« Si j’étais jeune, je mènerais ce combat avec eux », affirme-t-il, saluant leur courage et leur sens de responsabilité.

Son message aux autorités, notamment au président Mamadi Doumbouya, est sans ambiguïté.

« Si c’est l’électricité, l’eau potable, le goudron ou les ponts que l’on veut nous donner, qu’on laisse tout cela. Aujourd’hui, tout ce que nous voulons, c’est qu’on nous laisse nos terres », a-t-il tranché.

Ce cri de cœur de ce vétéran de Siguiri dépasse une simple revendication locale. Il pose une question fondamentale à savoir : quel avenir pour un territoire privé de ses rivières et de ses sols ?

Récemment, le premier ministre Amadou Oury Bah qui a effectué une visite à Siguiri a annoncé des mesures fortes contre l’orpaillage anarchique.

Mamadou Sagnane

Lire l'article en entier