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La décision de la Direction préfectorale de l’Éducation nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle de Boké de prononcer le renvoi disciplinaire de cinq élèves, inscrites aux lycées N’Dama et Mohamed VI, continue de susciter débats et interrogations au sein de l’opinion. Ce communiqué officiel, signé par le directeur préfectoral Ibrahima Fofana, fait suite à la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos jugées « inappropriées » par les autorités éducatives.
Au-delà du cas de Boké, cette affaire illustre des défis plus larges liés à l’encadrement des mineurs, à l’usage des téléphones portables et à la responsabilité partagée entre famille et école.
À Boké, les élèves sont reprochées d’avoir réalisé et diffusé des vidéos dites « insolites » dans une concession familiale à la cité CBG, ensuite partagées sur les réseaux sociaux. Selon l’administration éducative, « le contenu de ces vidéos porte gravement atteinte aux valeurs morales, à la discipline scolaire, ainsi qu’à l’image et à la réputation de l’école guinéenne », constituant « une violation manifeste du règlement intérieur et du code de conduite ».
À Labé, un autre fait a récemment choqué l’opinion : la bastonnade collective d’une élève par un groupe de camarades, scène filmée et diffusée en ligne. Deux incidents différents par leur nature, mais révélateurs d’un problème commun : l’exposition croissante des comportements juvéniles sur les réseaux sociaux et l’insuffisance de l’encadrement en amont.
L’usage du téléphone portable par les mineurs apparaît aujourd’hui comme un facteur aggravant. Dans de nombreux établissements, les élèves disposent de smartphones, souvent sans contrôle parental ni encadrement pédagogique. Cet accès précoce aux réseaux sociaux favorise la diffusion de contenus inappropriés, parfois sans conscience des conséquences sociales, morales et disciplinaires.
Le problème dépasse le cadre scolaire et interroge la capacité des familles à réguler l’usage des outils numériques et à accompagner les enfants dans l’apprentissage des normes sociales. Un constat revient dans le débat public : celui d’un désengagement progressif de certains parents dans l’éducation quotidienne. Beaucoup d’acteurs du système éducatif relèvent une confusion entre éducation familiale — transmission des valeurs et du comportement — et instruction scolaire, qui incombe à l’école.
Cette défaillance crée un vide éducatif. Les enfants se retrouvent parfois sans repères clairs, ni à la maison ni à l’école, favorisant comportements à risque et mauvaise compréhension des règles collectives.
La décision prise à Boké comporte plusieurs mesures :
Le renvoi de toutes les filles concernées de toutes les écoles guinéennes du 16 février au 3 juillet 2026, toute reprise devant être précédée d’un engagement écrit et signé des parents ;
Le remplacement immédiat de l’encadrement du lycée N’Dama ;
La lecture et l’explication des règlements intérieurs et du code de conduite dans tous les établissements publics et privés, du 17 février au 17 mars 2026 inclusivement.
Si la volonté de rétablir la discipline scolaire est saluée par certains, d’autres observateurs estiment que ce renvoi, en tant que mesure privative du droit à l’éducation, pourrait se révéler contre-productif. Écarter des élèves du système éducatif, même temporairement, comporte le risque de les exposer à d’autres dérives et de compromettre leur avenir scolaire.
Plusieurs spécialistes de l’éducation plaident pour des mesures à caractère pédagogique : travaux d’intérêt général au sein des établissements (nettoyage des cours, entretien des sanitaires, participation à des activités de sensibilisation), accompagnés d’un suivi rapproché par l’administration et les parents. Une telle approche permettrait de responsabiliser les élèves sans rompre leur lien avec l’école.
L’affaire de Boké met en lumière l’urgence d’une action concertée entre autorités éducatives, responsables d’établissements, enseignants et familles. La lutte contre les dérives comportementales en milieu scolaire ne peut reposer uniquement sur la sanction. Elle suppose un renforcement de l’éducation civique, une régulation de l’usage des téléphones en milieu scolaire et une implication accrue des parents.
Plus largement, c’est la question du modèle éducatif en Guinée qui se pose : comment transmettre des valeurs, encadrer les pratiques numériques et préserver le droit à l’éducation tout en maintenant la discipline ? Autant de défis qui nécessitent des réponses durables, au-delà de l’émotion suscitée par chaque incident.
L’article Renvoi de cinq lycéennes à Boké : quand le droit à l’éducation se heurte aux sanctions disciplinaires est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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