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Alors que le Ramadan et le Carême ont débuté, plusieurs marchés de Conakry et de sa périphérie font face à une situation préoccupante : des ruptures de condiments essentiels accompagnées d’une hausse généralisée des prix.
Un constat effectué ce mardi 17 février 2026 au grand marché de Matoto, à Dubréka (Kilomètre 5), à Enco 5, Cosa et à Entag révèle non seulement une augmentation des denrées de première nécessité, mais surtout la disparition de certains produits clés des étals, malgré l’annonce gouvernementale d’une baisse des prix pour accompagner les fidèles durant cette période de pénitence.
Dans tous les marchés où nous avons effectué ce constat, la petite boîte de tomate « Sympa » et la tablette Onga manquaient.
Selon les relevés effectués auprès des commerçants et des consommateurs :
- Le sac de riz de 50 kg est passé de 270 000 GNF à 285 000 GNF.
- Le bidon de 10 litres d’huile d’arachide est passé de 140 000 GNF à 160 000 GNF.
- L’huile rouge (20 litres) a connu une hausse spectaculaire, passant de 220 000 GNF à 300 000 GNF.
- Les tablettes d’assaisonnement « Sèrè » sont passées de 3 pour 1 000 GNF à 5 pour 2 000 GNF, traduisant une augmentation indirecte du prix unitaire.
- Le sac d’oignons, autrefois vendu à 180 000 GNF, se négocie désormais entre 300 000 et 350 000 GNF.
- La pomme de terre est passée de 330 000 GNF à 400 000 GNF le sac.
- Le kilo de poulet (ailes) est passé de 28 000 à 35 000 GNF.
Du côté des produits destinés au petit-déjeuner, la mayonnaise « Ciao », vendue auparavant à 20 000 GNF, est aujourd’hui négociée entre 23 000 et 25 000 GNF.
La flambée touche également les produits avicoles : la palette d’œufs, vendue à 38 000 GNF il y a quelques semaines, atteint désormais 60 000 à 65 000 GNF, selon la qualité.
Même le gombo, prisé pour ses vertus thérapeutiques et sa place centrale dans l’alimentation locale, connaît une hausse notable, passant d’environ 80 000 GNF à une fourchette comprise entre 120 000 et 180 000 GNF le sac.
Face aux nombreuses plaintes des consommateurs, certains vendeurs rejettent la responsabilité de ces augmentations.
Au marché de Matoto, un commerçant explique : « Les gens nous accusent d’augmenter les prix à volonté parce que c’est l’approche du mois saint. Mais il faut savoir qu’on ne peut pas faire ça à volonté. C’est parce que la marchandise est difficile à trouver. Les prix ont augmenté à la source et même les camions de transport sont taxés. Tu n’as même pas assez d’articles ; le peu que tu as, si tu te mets à négocier, un autre client va prendre. Sinon, c’est difficile. »
Avant d’ajouter : « La petite boîte de Sympa et la tablette Onga, même ça, on n’en trouve pas. »
Dans la même dynamique, un autre commerçant du marché de Cosa affirme avoir payé 1 000 GNF de frais de transport par bidon d’huile de 10 litres, de Madina jusqu’à sa boutique.
Du côté des ménagères, l’inquiétude est palpable. À Dubréka, Fatoumata Keïta ne cache pas sa désolation : « Après mon achat, j’ai cru que mon argent était tombé. Après calcul, c’était bien la totalité. Le marché est dur. J’ai acheté trois petits poissons à 30 000 GNF au lieu de 20 000 GNF. Là, le Ramadan ne s’annonce pas bien du tout. »
Même son de cloche chez Kadiatou Camara, mère d’une famille de 7 enfants.
« Je voulais acheter quelques denrées à garder, mais je me retrouve avec moins d’articles que prévu. Que l’État nous vienne en aide, surtout que cette année le Ramadan et le Carême coïncident. C’est un double mois de pénitence. L’État doit agir à la base. »
Cette situation intervient alors que les autorités avaient annoncé des mesures visant à alléger le coût des denrées pendant les périodes de forte consommation religieuse. Sur le terrain, cependant, commerçants et consommateurs décrivent une réalité marquée par la rareté de certains produits, l’augmentation des coûts de transport et la pression de la demande.
À l’approche de ces deux périodes spirituelles majeures, la question du pouvoir d’achat s’impose plus que jamais comme une préoccupation centrale pour les ménages guinéens.
Mayi Cissé
L’article Ramadan et Carême : pénurie de condiments et flambée des prix sur les marchés à Conakry est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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