Recrutement d’enseignants-chercheurs : Bah Oury répond aux critiques sénégalaises sur la “fuite des cerveaux

il y a 2 heures 19
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En début d’année 2026, le ministre sénégalais de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Daouda Ngom, avait exprimé sa vive inquiétude après le recrutement de 59 enseignants-chercheurs sénégalais dans la fonction publique guinéenne, parmi un appel à candidatures de 300 postes.

Parmi ces recrues figuraient 9 professeurs titulaires, 6 professeurs assimilés et 3 maîtres de conférences titulaires, certains occupant des postes stratégiques tels que des directions d’UFR ou d’écoles doctorales. Face à ce mouvement, le ministre sénégalais avait dénoncé une « fuite de cerveaux organisée ».

Si l’affaire avait suscité de vives réactions au Sénégal, les autorités guinéennes n’avaient jusque-là émis aucun commentaire officiel, même si une délégation guinéenne s’était rendue à Dakar pour aplanir les divergences.

Près de deux mois plus tard, Conakry a accueilli 300 nouveaux enseignants-chercheurs et chercheurs, ce mardi 3 mars 2026, lors d’une cérémonie à l’Université Gamal Abdel Nasser, présidée par le Premier ministre Bah Oury.

Dans son allocution, le chef du gouvernement guinéen a expliqué la politique du pays en matière de recrutement : « Investir dans le capital humain, inviter des chercheurs africains et d’autres continents à venir apporter leur contribution à la formation de nos jeunes : c’est le processus de construction d’une nouvelle élite que nous sommes en train d’engager. Par votre présence, vous participez à l’émergence d’un pays africain qui veut aller de l’avant et briser plusieurs plafonds. Nous vous en remercions avec une profonde émotion », a-t-il déclaré.

Sans nommer directement le Sénégal, Bah Oury a réfuté toute volonté de provoquer une « fuite des cerveaux » : « Je sais que certains pensent que nous voulons vider les cerveaux d’autres pays. Mais, au contraire, nous formons un même ensemble. Nous ne pouvons pas nous développer de manière isolée. Les disparités ne permettent pas une évolution globale si elles persistent », a-t-il souligné.

Reconnaissant le retard de la Guinée dans l’enseignement supérieur, il a insisté sur la nécessité d’élever le niveau des étudiants : « Nous devons œuvrer pour élever le niveau de nos enfants, de nos étudiants, afin qu’ils puissent rivaliser avec leurs homologues des pays africains limitrophes », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a également plaidé pour une intégration régionale des universités et centres de recherche : « Pourquoi compartimenter nos universités et nos centres de recherche ? Pourquoi ne pas les mettre en réseau et créer davantage de centres spécialisés, indépendamment des frontières ? »

S’adressant enfin aux nouveaux enseignants-chercheurs, Bah Oury a rappelé que cette initiative dépasse la Guinée : « Ce qui est entrepris aujourd’hui constitue une contribution à l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. Ne pouvons-nous pas, progressivement, faire abstraction des nationalités pour mettre la matière grise au service du continent, là où elle est utile ? Nous finirons par y parvenir, si Dieu le veut. La Guinée, aujourd’hui, est ambitieuse », a-t-il conclu.

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