Protection des mineurs : la Guinée lance une vaste campagne de vulgarisation du Code de l’enfant

il y a 2 heures 10
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Les activités de vulgarisation du Code de l’enfant ont été officiellement lancées ce mercredi 8 avril 2026 à Conakry. Ce texte, composé de 1 023 articles, vise à encadrer et à garantir les droits des enfants en Guinée.

La cérémonie a réuni la famille judiciaire, des représentants d’institutions publiques, des organisations de la société civile ainsi que plusieurs ONG engagées dans la défense des droits de l’enfant. Prévue jusqu’au 24 avril, cette campagne couvrira les 13 communes de la capitale, avec pour objectif de rapprocher la loi des citoyens et d’en favoriser une appropriation effective

Dans son discours d’ouverture, le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a insisté sur l’importance de cette initiative.

« La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui revêt une importance capitale (…) elle traduit la volonté politique affirmée du gouvernement de faire de l’État de droit une réalité tangible, au service de tous, notamment des couches les plus vulnérables », a-t-il déclaré.

Il a également souligné la nécessité de rendre le texte accessible à tous : « une loi, aussi pertinente soit-elle, ne peut produire ses effets que si elle est connue, comprise et appropriée par tous. »

Le ministre a par ailleurs adressé un message ferme quant à son application : « aucune atteinte aux droits de l’enfant ne sera tolérée et aucune violation ne restera impunie », tout en plaidant pour une justice des mineurs davantage axée sur « la protection, l’éducation et la réinsertion ».

Prenant la parole au nom des partenaires techniques, la représentante de l’UNICEF en Guinée, Maddalena Bertolotti, a salué « une étape importante pour faire vivre concrètement les droits de chaque enfant ». Elle a rappelé que, malgré les avancées enregistrées depuis l’adoption du Code en 2019 et sa promulgation en 2020, le principal défi demeure son appropriation.

« Une loi ne protège réellement que lorsqu’elle est connue, comprise et appliquée par tous (…) Aujourd’hui, nous parlons d’un texte de loi, mais surtout d’enfants qui rêvent d’un avenir meilleur », a-t-elle souligné, avant d’ajouter : « un enfant qui commet une erreur reste un enfant (…) il a avant tout besoin d’écoute, d’accompagnement, d’éducation et d’une seconde chance. »

Dans la même dynamique, le procureur général près la Cour d’appel de Conakry, Fallou Doumbouya, a rappelé que cette campagne dépasse le cadre d’une simple communication institutionnelle.
« Elle répond à une nécessité juridique, sociale et éducative impérieuse : rapprocher la norme de ses destinataires », a-t-il affirmé.

Il a insisté sur le rôle central de la famille, qualifiée de « première institution de protection », appelant les parents à « assumer pleinement leur rôle éducatif et moral ».

Selon lui, « l’enfant mal encadré aujourd’hui peut devenir auteur d’infraction demain, tandis que l’enfant bien éduqué constitue le socle d’une nation stable et prospère ». Il a également mis en garde :
« Aucune violation des droits des enfants ne restera sans réponse judiciaire. »

De son côté, la ministre de la Femme, de la Famille et de la Solidarité, Adeline Patricia Lamah, a replacé cette initiative dans une vision globale de développement.

« Protéger l’enfant, c’est protéger l’avenir. Investir dans l’enfant, c’est garantir un développement durable et inclusif », a-t-elle déclaré.

Reconnaissant les défis persistants, notamment les violences, le travail des enfants et les mariages précoces, elle a appelé à une mobilisation générale : « une loi n’a de valeur que par son application effective (…) chacun a un rôle déterminant à jouer. » Elle a insisté sur la nécessité de « faire vivre cette loi au quotidien, dans nos pratiques et nos comportements. »

Sur le plan opérationnel, le procureur spécial près le Tribunal pour enfants de Conakry, Cé Avis Gamy, a précisé que les activités débuteront dès la semaine prochaine dans la commune de Kaloum, avant de s’étendre progressivement aux autres communes.

Il a rappelé que le Code de l’enfant constitue «un corpus complet régissant l’ensemble des questions liées à l’enfance, de la protection à la procédure judiciaire », tout en insistant sur la spécificité de la justice des mineurs : « les enfants ne sont pas traités comme les majeurs (…) une procédure adaptée est nécessaire pour mieux les accompagner. »

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