Pepe Balamou avertit : “La dernière grève n’a été que suspendue, il n’est pas nécessaire de déposer un nouveau préavis…”

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Dans un entretien accordé à Guinee360.com ce mardi 7 avril 2026, le secrétaire général du Syndicat national de l’Éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, dénonce le retard dans la mise en œuvre du protocole d’accord signé avec le gouvernement. Il annonce la tenue d’une assemblée générale des enseignants le 11 avril et met en garde contre une possible reprise de la grève si les commissions prévues ne sont pas rapidement opérationnelles.

Guinée360.com : Où en est-on avec la mise en œuvre du protocole d’accord signé le 3 janvier dernier ?

Michel Pépé Balamou :  Nous organisons une assemblée générale le samedi 11 avril 2026 à 12 heures à la Bourse du travail. Nous allons y convier les enseignants pour faire le point des négociations et des démarches entreprises, ainsi que sur ce que nous considérons comme une mauvaise volonté du gouvernement dans la mise en place des trois commissions prévues. Il s’agit notamment de la commission technique chargée du traitement des anciens contractuels, de celle chargée du traitement des actes liés au système éducatif en vue du rétablissement de certaines primes, ainsi que de la commission chargée de la révision du statut particulier de l’éducation.

Quelle est la position du gouvernement à ce jour ?

 À ce jour, le gouvernement n’envoie aucun signal de bonne volonté quant à l’opérationnalisation de ces commissions, pourtant prévues dans le protocole d’accord. Si rien n’est fait, nous convoquerons une assemblée générale et nous consulterons la base. La décision qui sera prise sera appliquée.

Pensez-vous que le gouvernement cherche à faire traîner la situation ?

 Cela ne relève que de la mauvaise foi du gouvernement. Nous avons le sentiment qu’il cherche à nous rouler dans la farine, en privilégiant une stratégie d’usure du temps pour nous conduire vers la fin de l’année sans régler l’essentiel.

Selon les autorités, le blocage serait lié à la signature d’un arrêté conjoint impliquant quatre ministères : le ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, celui de la Fonction publique, le ministère de l’Économie et des Finances, ainsi que le ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement technique et professionnel.

Mais pour nous, cet argument ne tient pas. La signature d’un arrêté impliquant quatre ministres ne devrait pas prendre autant de temps s’il y avait une réelle volonté politique. Des engagements devaient être appliqués dès le mois de février. Nous sommes aujourd’hui à plus de trois mois du protocole, bientôt quatre, et les commissions ne sont toujours pas opérationnelles.

Quel rôle a joué le Conseil national du dialogue social (CNDS) ?

 Nous avons travaillé pendant deux mois avec le CNDS dans le cadre du comité de suivi du protocole. Il a fait preuve de bonne foi, mais son rôle reste limité, car ce n’est pas un organe de décision, mais un cadre de médiation et de conciliation.

Nous ne lui en tenons donc pas rigueur. En revanche, nous pointons la responsabilité des ministres concernés, notamment ceux en charge du Travail et de la Fonction publique, qui doivent prendre les dispositions nécessaires pour ramener les parties autour de la table et éviter une nouvelle crise.

Quel appel lancez-vous aux autorités et aux acteurs sociaux ?

 Nous sommes dans une période sensible, marquée par l’approche des élections et des examens nationaux. C’est pourquoi nous interpellons les consciences nationales, notamment les autorités religieuses, le CNOSCG, les associations de parents d’élèves, les écoles privées ainsi que les centrales syndicales, afin d’amener le gouvernement à respecter ses engagements. Si cela est fait, nous pourrons éviter une crise que nous ne souhaitons pas.

Nous ne formulons pas de nouvelles revendications. Il s’agit simplement de l’application des engagements contenus dans le protocole signé librement par le gouvernement.

Quels sont vos principaux points de revendication ?
Il s’agit notamment du reclassement des enseignants de 2017, de ceux ayant réussi les concours professionnels et de ceux ayant poursuivi des études post-universitaires.
Nous revendiquons également le déblocage des salaires, le paiement des arriérés, le rétablissement des primes, notamment les primes d’incitation, ainsi que la régularisation des situations des enseignants de collectivités locales qui accusent jusqu’à neuf mois d’arriérés de salaire.

Nous demandons enfin le paiement des primes de fonction des proviseurs, des chefs d’établissement et des responsables des services déconcentrés et centraux.

Vous avez convoqué une assemblée générale le 11 avril. Que se passera-t-il si vos revendications ne sont pas satisfaites ?
La base est souveraine. C’est elle qui décidera de la conduite à tenir, et nous appliquerons sa décision.
Il faut rappeler que la dernière grève n’a été que suspendue. Par conséquent, il n’est pas nécessaire de déposer un nouveau préavis pour la relancer.

Si, à l’issue de l’assemblée générale, les enseignants décident de reprendre la grève dès le lundi, elle sera effective. Cette rencontre est donc déterminante.

Nous voulons éviter une crise, mais tout dépendra de la réaction du gouvernement. Nous maintenons la pression afin de rattraper le retard et d’accélérer l’opérationnalisation des commissions. C’est à ce prix que nous pourrons éviter une nouvelle perturbation du système éducatif.

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