Procès Badra Koné : l’audience suspendue après des échanges tendus entre la défense et le parquet

il y a 1 heur 12
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

L’audience devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) dans le dossier Badra Koné a été suspendue ce mercredi, à la suite d’échanges particulièrement vifs entre les avocats de la défense et le ministère public. Une nouvelle illustration du climat de tension qui entoure cette affaire.

Après avoir mis en délibéré la deuxième exception soulevée par la défense — qui sollicitait le renvoi du dossier devant le procureur spécial pour une instruction approfondie, en raison de sa complexité — la chambre de jugement, présidée par le juge Alpha Camara, a procédé à l’identification des co-prévenus.

Parmi eux figurent Abass Keïta, Moustapha Diarra Sanoh, Said Elmi Kelhiye, ainsi que plusieurs entités morales poursuivies dans le cadre de la même procédure. La société SOCOBA, représentée à la barre par sa gérante Zahraa Makdisi, fait également partie des accusés. Tous ont nié en bloc les faits qui leur sont reprochés.

À l’issue de cette phase d’identification, la gérante de SOCOBA a été entendue, succédant à Badra Koné à la barre. Son conseil, Me Rafi Raza, a soulevé plusieurs exceptions, sollicitant notamment le renvoi de la société pour des investigations complémentaires. Selon lui, la procédure de flagrant délit invoquée par l’accusation ne saurait s’appliquer en l’espèce.

L’avocat a également soutenu que sa cliente est poursuivie uniquement pour le paiement d’une taxe d’équipement datant de 2024, un élément qu’il estime insuffisant pour justifier les poursuites engagées. Il a par ailleurs demandé l’annulation de la procédure visant personnellement Zahraa Makdisi, estimant qu’elle n’est pas concernée à titre individuel.

Le ministère public s’est opposé à ces différentes requêtes, provoquant une montée progressive des tensions dans la salle d’audience. Les échanges ont rapidement pris une tournure houleuse, notamment lorsque Me Rafi Raza a accusé certains magistrats du parquet spécial de « vouloir marquer leur territoire », en raison de leur récente nomination à la CRIEF.

Des propos qui ont suscité une vive réaction du substitut du procureur, Biwon Millimouno, contribuant à envenimer davantage les débats.

Face à cette escalade verbale, la Cour a décidé de suspendre l’audience, sans préciser la suite qui sera donnée à la procédure.

Plus de trente minutes après cette décision, les prévenus, présents dans ce dossier ainsi que dans d’autres affaires, attendaient toujours la reprise des débats.

Lire l'article en entier