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Il s’agit d’une affaire de viol présumé impliquant un médecin gynécologue exerçant dans une clinique privée à Nongo, dans la commune de Lambanyi. La plaignante, Tady Kourouma, affirme avoir été victime d’un viol suivi de grossesse et accuse le praticien, Dr Ismaël Sylla, d’en être l’auteur. Elle lui reproche aussi de n’avoir jamais assumé ses responsabilités dans cette affaire qui lui a pourtant fait perdre son foyer. De son côté, le mis en cause réfute ces accusations et crie au “chantage” et à la “diffamation”. « Il n’y a jamais eu de viol dans cette affaire », a martelé l’avocat du Dr Ismaël Sylla dans une interview ce mardi 7 avril 2026.
Selon le témoignage de la plaignante, les faits remontent à fin 2022. Souffrant de douleurs abdominales, elle se rend à la clinique où le médecin, qu’elle consultait depuis 2017, lui propose un lavement interne. Au cours de l’intervention, un produit lui aurait été injecté, provoquant une perte de connaissance.
« Vu que j’avais une douleur abdominale, j’ai appelé Dr Ismaël, il m’a dit que j’avais du sang dans mon ventre et qu’il fallait faire un lavement interne. Il m’a dit d’aller à la clinique. Je suis arrivée à la clinique vers 18 heures et je ne me suis réveillée qu’autour de 21 heures. Il m’a injecté un produit qui m’a fait m’endormir », raconte-t-elle.
À son réveil, le médecin lui aurait avoué avoir eu des rapports sexuels avec elle pendant qu’elle était inconsciente, tout en présentant des excuses. Des accusations graves que l’intéressé n’a pas publiquement reconnues à ce stade.
« Quand je me suis réveillée, je lui ai demandé, parce que je ne voyais aucune trace de sang sur moi. Il m’a dit qu’il était vraiment désolé, qu’il avait couché avec moi, qu’il ne voulait pas me faire de mal, mais qu’il ne pouvait pas résister à moi. Ainsi, je lui ai dit : docteur, tu m’as fait du mal, mais je te laisse avec Dieu, moi je continue mon chemin », se remémore la jeune femme.
De retour chez elle, Tady Kourouma dit avoir raconté sa mésaventure à sa mère, hésitant sur l’attitude à adopter vis-à-vis de son époux, alors absent du pays.
« Quand j’ai expliqué à ma maman, elle m’a dit : normalement, tu dois le dire à ton mari. Mais vu que ce ne sont pas tous les hommes qui peuvent accepter la situation, on ne sait pas comment ton mari va réagir, il vaut mieux laisser le médecin avec Dieu et suivre ton chemin », a-t-elle souligné.
Quelques semaines plus tard, Tady Kourouma découvre qu’elle est enceinte. Elle affirme avoir informé le médecin, qui lui aurait proposé d’interrompre la grossesse. Une option qu’elle dit avoir refusée pour des raisons religieuses et personnelles.
« Il a péché sur moi (par ce viol), je ne pouvais pas pécher en tuant un enfant. Donc j’ai gardé la grossesse », explique-t-elle.
Cependant, cette décision va lui coûter son foyer. Son mari, apprenant la grossesse, a demandé immédiatement le divorce. Désormais isolée, la plaignante affirme avoir dû mener seule sa grossesse, sans soutien du médecin qu’elle accuse, ni de sa propre famille.
« Il (Dr Ismaël Sylla) ne s’est ni occupé de moi, ni de rien de tout ça. Pendant toute la grossesse et jusqu’à ce que l’enfant soit né, je l’ai appelé, je l’ai informé. C’est quand l’enfant avait un an et deux mois que j’ai envoyé l’affaire à l’OPROGEM (Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs). Et là-bas aussi, les gens m’ont dit de laisser tomber le problème, vu que j’ai un enfant, pour ne pas que je lui crée des problèmes », relate-t-elle.
À l’OPROGEM, l’officier en charge du dossier (un certain colonel Sacko, selon la plaignante) a tenté un règlement à l’amiable entre les parties. Cette initiative se serait soldée par un engagement du Dr Ismaël Sylla de subvenir aux besoins de Tady Kourouma et à ceux de l’enfant. Un engagement qu’il aurait honoré pendant un an avant de couper tout contact avec la jeune femme.
« Il avait pris un local pour moi à Sonfonia, où je suis restée pendant un an. Après une année, il a complètement arrêté, il m’a bloqué le contact. Du coup, je suis retournée à l’OPROGEM. Le colonel lui a parlé, je ne sais pas ce qu’il s’est passé entre eux. Mais après, on a envoyé le dossier au tribunal de Dixinn. C’est le procureur Algassimou qui était là-bas, il a fait descendre le dossier au niveau de la juge d’instruction, on nous a entendus, on nous a fait la confrontation. Mais ils m’ont dit la même chose qu’à l’OPROGEM. On ne me parle pas mal à la justice, mais on ne fait que me dire de me calmer. C’est tout », déplore Tady Kourouma.
Face à ce qu’elle considère comme une absence de réponse judiciaire, Tady Kourouma a récemment publié la photo du médecin sur les réseaux sociaux pour dénoncer la situation. Le praticien mis en cause a alors porté plainte contre elle pour atteinte à son image, déclenchant une nouvelle procédure.
Convoquée à plusieurs reprises, la jeune femme affirme maintenir sa position : « Tant que la justice ne sera pas rendue, je ne vais pas me taire. »
Aujourd’hui, Tady Kourouma affirme poursuivre son combat pour obtenir la reconnaissance du viol qu’elle dit avoir subi et pour que le père présumé de son enfant assume ses responsabilités.
« J’ai dit au nouveau procureur : sauf si on me met en prison, sinon je ne vais jamais arrêter tant que la justice n’est pas faite. Je ne peux plus tolérer, on ne peut plus me manipuler. Aujourd’hui, je réclame justice pour le viol et l’abandon que j’ai subis », martèle-t-elle.
Des sources bien introduites au tribunal de première instance de Dixinn ont confirmé à Guineematin.com que ce dossier se trouve dans cette juridiction et que l’instruction est déjà bouclée. Une version corroborée par Me Facinet Sylla, l’avocat du gynécologue mis en cause, tout en précisant que le dossier devant le tribunal de Dixinn est une plainte contre Tady Kourouma pour “injures et diffamation”, et non un dossier pour viol.
« De 2022 jusqu’à nos jours, à ma connaissance, nous n’avons pas encore reçu d’invitation de la part d’une juridiction du pays pour ce cas de viol. Mon client, Dr Ismaël Sylla, n’a jamais reçu d’invitation de la part de qui que ce soit ni de convocation d’une autorité de la place pour ce cas de viol. En ce que je sache, nous ne sommes pas devant le tribunal pour une procédure de viol, mais plutôt pour une procédure de chantage, de diffamation et d’injures. Et dans cette procédure, c’est Dr Ismaël Sylla qui a porté plainte pour ces faits d’injures, de chantage et de diffamation », a-t-il déclaré.
Cependant, Me Facinet Sylla n’a pas souhaité évoquer la nature des relations qui existent entre son client et la plaignante.
Me Facinet Sylla, avocat du médecin accusé de viol« Je ne peux pas répondre à la place de mon client par rapport à cette relation, parce que je n’ai jamais entendu que les deux sont mariés, en couple ou qu’ils vivent ensemble. Je ne peux pas m’aventurer sur cette relation. Tout ce que je sais, c’est que je suis saisi en tant qu’avocat d’un dossier que je gère devant le tribunal. Je vais répondre aux questions de droit », a-t-il indiqué.
De sources concordantes, Dr Ismaël Sylla et Tady Kourouma n’ont pas toujours entretenu une relation de médecin à patiente. Ils auraient été collègues de service au CMC de Ratoma, quand la jeune femme effectuait son stage. Les deux auraient même entretenu une “relation amoureuse”.
En Guinée, le viol est un crime puni de 5 à 20 ans de réclusion criminelle, voire la perpétuité dans certaines circonstances aggravantes, selon les dispositions des articles 268 et 269 du Code pénal.
Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com
Tél. : 622 97 27 22
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