Pénurie de viande en plein Ramadan à Siguiri : « On n’abat plus de bœufs »

il y a 2 heures 13
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En plein mois de Ramadan, période marquée par une forte consommation de produits alimentaires, la viande se fait de plus en plus rare dans les boucheries de la commune urbaine de Siguiri. Une situation qui suscite incompréhension et frustration chez les habitants, contraints de revoir leurs habitudes alimentaires, a constaté Guineematin.com à travers son envoyé spécial.

Depuis l’entame du mois saint, plusieurs étals de viande sont restés fermés. Pour de nombreuses familles, la viande, aliment central des repas du jeûne, devient un produit de luxe. « Nous sommes obligés de nous rabattre sur le poulet ou le poisson, mais eux aussi sont devenus chers », confie Fodé Camara.

Du côté des bouchers, la pénurie est loin d’être volontaire. Ils expliquent que le bétail commercialisé à Siguiri provient de la République du Mali. Selon eux, les prix y ont fortement augmenté ces dernières semaines. À cela s’ajoute, affirment-ils, la hausse du franc CFA, monnaie utilisée au Mali, face au franc guinéen. Cette variation monétaire renchérit davantage les coûts d’approvisionnement pour les commerçants de Siguiri.

Abdourahmane Bah, boucher à Siguiri

Abdourahmane Bah, boucher, a détaillé les difficultés rencontrées. « Nous sommes préoccupés par la rareté de la viande. Nous rencontrons beaucoup de difficultés pour acheter le bétail au Mali. Quand on commence à discuter le prix d’un bœuf, ce n’est que vers le crépuscule qu’on s’entend. C’est risqué après le crépuscule. Nous n’aimons pas entendre que les bouchers sont en grève pendant le mois de Ramadan.

Nous avons plaidé auprès du président de la délégation spéciale pour une augmentation du prix du kilogramme avant le Ramadan, mais il n’a pas accepté. Quand on a évalué le prix en tenant compte du franc CFA, on s’est retrouvés à 65 000 francs guinéens le kilo. Vendre à 50 000 francs ne nous arrange pas. C’est pourquoi nous avons suspendu l’abattage des bœufs en attendant une discussion avec les autorités », a-t-il déclaré.

Aboubacar Doumbouya, un autre boucher, déplore : « Depuis que le Ramadan a commencé, on n’abat plus de bœufs dans la commune urbaine de Siguiri. Sèkè et Bouré abattent, mais Siguiri ne peut pas. Les autorités communales de ces localités s’entendent avec leurs bouchers. Ici, c’est le contraire. Nous payons des taxes à la commune. Elle doit savoir que nous sommes des entrepreneurs. L’interdiction de la transhumance nous fatigue. Aucun camion malien ne peut transporter plus de 30 bœufs », a-t-il souligné.

Face à ces charges supplémentaires, les bouchers réclament une augmentation du prix du kilogramme de viande afin de compenser leurs pertes. Une demande que les autorités locales rejettent pour l’instant, soucieuses de préserver le pouvoir d’achat des citoyens en cette période sensible.

Entre des bouchers qui dénoncent une hausse des coûts d’approvisionnement et des autorités qui refusent toute augmentation officielle des prix, les consommateurs se retrouvent pris en étau.

Si aucune solution concertée n’est rapidement trouvée entre les acteurs de la filière et les autorités préfectorales, la pénurie pourrait s’aggraver dans les jours à venir, accentuant la pression sur les ménages déjà confrontés à la cherté de la vie.

De Siguiri, Kaïn Naboun TRAORÉ, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (+224) 621 144 891

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