Palais du peuple : Le Premier ministre Bah Oury lance l’acte VI du SALEC  

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​Ce mardi 7 avril, la salle des congrès du Palais du Peuple a vibré au rythme de l’esprit et de la terre. Le coup d’envoi de la 6ème édition du Salon de la Lecture (SALEC) a été donné sous le signe d’une alliance audacieuse : « Lire la terre, semer le savoir : quand la lecture fait germer l’agriculture ». Entre émotions, analyses scientifiques et engagements politiques, le livre s’est imposé comme l’outil indispensable de la souveraineté alimentaire africaine.
​C’est avec une voix marquée par une profonde gratitude que Kadiatou Kaba, Commissaire générale du SALEC, a ouvert le bal des discours. Rappelant que cette aventure est née de « l’intuition féminine et de l’audace de la jeunesse », elle a dressé un parallèle poétique entre le travail de l’écrivain et celui du paysan.
​« S’il est de coutume de dire que la terre ne trahit jamais ceux qui la cultivent, rien ne s’obtient sans foi ni patience », a-t-elle rappelé, invoquant La Fontaine pour souligner que le travail est un trésor.
​Pour elle, le SALEC ne se contente plus de célébrer les belles lettres ; il devient un pont vers le concret : « Il n’y a pas d’agriculture sans culture… le savoir nourrit l’esprit, tandis que l’agriculture entretient le souffle de vie. »
​Invité d’honneur venu du Gabon, le professeur de sciences économiques Steve Zogbo a livré une leçon inaugurale aux accents d’urgence. Face à une Afrique qui comptera 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, les chiffres qu’il a égrainés sont un électrochoc : stress hydrique pour 48% de la population mondiale dès 2030, spéculation alimentaire et menaces climatiques.
​Pourtant, le Pr Zogbo refuse la résignation. Pour lui, la science est la « semence de l’avenir ». En invitant l’assistance à sortir de la posture de « résigné réclamant », il a plaidé pour une transformation vers une économie positive, où le savoir-faire scientifique devient le moteur d’une solidarité alimentaire durable.
​Amadou Oury Bah : « Lire, c’est la liberté »
​Venu soutenir cette jeunesse créative, le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a salué la vitalité de Conakry, devenue un pôle littéraire majeur sur le continent. Frappé par la forte présence féminine dans la salle, il a rappelé que ce septennat est celui des femmes, actrices centrales du développement.
​Dans un discours à la fois philosophique et visionnaire, le Chef du gouvernement a mis en garde contre les pièges de la modernité, à savoir :
​La résistance de la lecture : Face à l’immédiateté de TikTok et des réseaux sociaux, le livre demeure la source de la créativité profonde.
​Le défi de l’IA : Le Premier ministre a pointé du doigt les risques de « paresse destructive » liés à l’Intelligence artificielle, craignant qu’elle ne nous rende « ultra petits » face à un savoir qui nous échapperait.
​« Lire, c’est transgresser et détruire les féodalités, casser les barrières pour découvrir le monde », a-t-il conclu, réaffirmant que la civilisation est née de l’agriculture et qu’elle se pérennisera par l’esprit.
​Une saison de conquêtes
​Cette 6ème édition du SALEC s’annonce comme une campagne agricole intellectuelle. Durant plusieurs jours, auteurs, experts et jeunes lecteurs vont tracer de nouveaux sillons pour que, selon le vœu des organisateurs, « la moisson du savoir soit toujours abondante et profitable à chacun et à tous ».
​À Conakry, la graine est plantée. Il ne reste plus qu’à la regarder germer dans l’esprit de cette jeunesse qui, livre en main et pied sur terre, s’apprête à dessiner le futur.
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