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L’implication présumée des recrues du camp de formation de Kaléah a focalisé les débats lors de la déposition du principal témoin du ministère public, Mamadi Soumaoro, à l’audience du second volet du procès intenté contre le colonel Bienvenu Lamah.
Ce dernier est poursuivi pour sa responsabilité dans le massacre qui a coûté la vie à au moins 150 Guinéens.
Instructeur au camp de Kaliah à l’époque des faits, camp dont les recrues sont accusées d’avoir perpétré les atrocités au stade de Conakry, le colonel Bienvenu Lamah a assisté, impuissant depuis le box des accusés, aux déclarations de son principal accusateur.
Droit dans ses bottes, Mamadi Soumaoro, ancien stagiaire de ce camp, a déclaré devant les juges qu’entre 300 et 350 personnes sont sorties du centre à la suite d’une sélection basée sur une liste venue directement de Conakry. Il a précisé que c’est le colonel Bienvenu Lamah lui-même qui a procédé à la lecture de ladite liste avant l’embarquement des hommes dans des camions de l’armée.
L’ancienne recrue a ainsi contesté les dénégations de l’accusé, qui rejette toute implication dans les événements du stade. Selon Mamadi Soumaoro, le 24 septembre 2009, une liste est venue de Conakry, envoyée par un certain Bamba.
« Cette liste a été remise à Bienvenu Lamah. Ce dernier a lu la liste, ils ont pris des gens selon leurs besoins, puis ils sont partis. Non, Bienvenu Lamah ne peut pas dire qu’il ne connaît rien dans l’affaire de Kaléah, ce n’est pas vrai », a-t-il démenti.
Poursuivant son récit, Mamadi Soumaoro a affirmé avoir été informé des exactions commises au stade par l’un de ses amis sélectionnés pour cette mission.
« Le 28 septembre 2009, Bienvenu n’était pas là-bas, il est revenu le lendemain. Mais certains sont venus me faire le compte-rendu, dont le nommé Moriba avec qui j’étais très lié. Celui-ci avait une moto et de l’argent. Alors, il m’a dit : « Soumaoro, ils nous ont envoyés dans une situation là-bas, il y a eu beaucoup de dégâts, moi je ne peux plus rester ici. » Parce qu’il craignait des enquêtes ultérieures. Pour éviter les ennuis, il est rentré à N’Zérékoré. Beaucoup de nos amis ne sont jamais revenus au camp. Certains sont restés avec des chefs à Conakry, d’autres ont fui vers la Guinée Forestière », a-t-il expliqué.
Le procès a également été marqué par le retrait volontaire de Me Thierno Mamadou Oury Diallo, l’un des avocats de la partie civile. Ce dernier s’est retiré de la procédure en attendant que le Bâtonnier ne tranché sur une question de conflit d’intérêts, le concernant.
En effet, les avocats de la défense ont révélé que ce conseil de la partie civile avait assisté Mamadi Soumaoro lors de sa déposition initiale devant le juge d’instruction. Cette situation a poussé la défense à saisir le Barreau pour statuer sur la régularité de sa présence dans le dossier.
Il revient désormais au Barreau de Guinée de se prononcer sur ce point de droit. En attendant, l’audience a été renvoyée au 5 mai pour la suite du contre-interrogatoire du témoin clé par les avocats de la défense.
Alhassane Fofana
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il y a 2 heures
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