Maintien de Bah Oury : Makanéra Kaké rappelle que « le président est libre de choisir »

il y a 2 heures 20
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Dans un entretien accordé à notre rédaction, Alhoussein Makanéra Kaké, ancien ministre de la Communication et actuel président de la Synergie Général Mamadi Doumbouya (SGMD25), s’est longuement exprimé sur l’actualité sociopolitique du pays.

De la reconduction du Premier ministre Amadou Oury Bah à la reconfiguration du gouvernement, il défend une logique de continuité assumée et fustige les débats qu’il juge stériles autour de la notion de « gouvernement technocratique ».

Un choix présidentiel assumé et cohérent

Pour Alhoussein Makanéra Kaké, la reconduction d’Amadou Oury Bah au poste de Premier ministre relève avant tout d’une décision rationnelle du chef de l’État : « D’abord, je voudrais saluer et féliciter le promu, c’est-à-dire monsieur Bah Oury, et remercier très sincèrement le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, qui, une fois encore, ne s’est pas laissé tromper par des gens qui engagent des débats stériles, sans sens. »
Pour Alhoussein Makanéra Kaké, la reconduction du Premier ministre Amadou Oury Bah répond à une logique claire. « La nomination de monsieur Bah a, pour moi, deux sens. Le premier, c’est qu’il a travaillé dans le sens que le président a voulu, et la population a apprécié. Vous êtes vous-même témoin du résultat du vote, cette majorité écrasante qui s’est déclarée en faveur du président. Monsieur Bah Oury était non seulement Premier ministre, mais aussi directeur de campagne. »
Il poursuit : « Le deuxième sens, c’est que cette nomination a donné tort à certains indécis, à ceux qui n’avaient aucune position claire, qui se faisaient passer pour des personnes neutres et qui, une fois la victoire acquise, commencent à crier fort. »

« Le débat sur les technocrates est un faux débat »

Sur la polémique autour d’un éventuel gouvernement technocratique, le président de la SGMD25 se montre catégorique. « Aujourd’hui, ils disent qu’il faut un gouvernement de technocrates, qu’on ne veut pas d’un gouvernement politique. Mais au fond, ce qu’ils font là, c’est un débat stérile. »
Il interroge : « D’abord, technocrates, ça veut dire quoi ? Un gouvernement d’experts ? Tous les politiques guinéens qui ont pu se maintenir pendant des années au plus haut niveau ont été parmi les meilleurs à l’école et, sur le plan politique, ils ont été les meilleurs aussi. Donc ce débat ne se pose pas. »
Makanéra Kaké précise ensuite ce qu’il considère comme l’enjeu réel : « Quand on parle de technocratie, peut-être qu’on fait allusion à la prise de décision. Un gouvernement technocratique, c’est un gouvernement où l’accent est mis uniquement sur les résultats, sans prendre en compte l’impact sur la société. »
Selon lui, la ligne du chef de l’État est pourtant claire : « Le Général Mamadi Doumbouya l’a dit dans son discours. Il va naviguer entre ces deux impératifs, sans se heurter ni à l’un ni à l’autre : tenir compte de l’impact des décisions sur la société, mais aussi ne pas aliéner le développement en voulant, à tout prix, gérer uniquement le social. »
Et de conclure : « C’est une navigation faite avec beaucoup de prudence, en tenant compte seulement de l’intérêt supérieur de la nation. »

Continuité ou renouveau : « Le président est libre de choisir »

À ceux qui s’interrogent sur la continuité gouvernementale, Alhoussein Makanéra Kaké répond sans ambiguïté. « L’essentiel, lorsqu’un président est élu, c’est qu’il est élu sur un projet. Ce projet, il l’a fait connaître. C’est donc à lui de choisir ceux qui peuvent l’aider à atteindre ses objectifs. »
Il insiste : « Ce n’est pas parce qu’on maintient les mêmes personnes qu’on ne peut pas faire le changement. On peut faire le changement avec l’ancienne équipe, tout comme on peut renouveler une partie de l’équipe. »
Pour lui, le verdict des urnes est déterminant : « Le projet a été soumis au peuple, et le peuple l’a accepté à 86,72 %. Le président est donc tenu de choisir des hommes et des femmes qu’il estime capables de lui permettre d’atteindre ses objectifs. »
Il ajoute : « Cela ne veut pas dire que, une fois élu, on est obligé de se débarrasser de tout le monde. Non. Il connaît ce que chacun représente pour lui. Et il n’est pas dit non plus que celui qui n’est pas reconduit est un mauvais ministre. »

Structure du gouvernement : « Il y a une cohérence »

Sur l’architecture actuelle du gouvernement, Makanéra Kaké se montre plutôt favorable. « Il faut saluer la petite réduction du nombre de ministres. Cela répond à un souci de rationalisation des dépenses. »
Il prend l’exemple du secteur éducatif : « Quand on prend le département de l’Éducation nationale et de la Formation technique, le fait que ce soit le même département qui gère l’enseignement préuniversitaire et la formation technique apporte beaucoup de cohérence. Il y a une continuité logique. »
Et de conclure : « Globalement, je pense que cette structure est à soutenir. Elle est intéressante et cohérente. »

Christine Finda Kamano

 

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